Il n’est pas rare de croiser un cabinet de psychanalyse dans les rues de la capitale, on compte un divan pour 120 porteños, 3 fois plus que les pays développés, à part New York qui se défend bien sur le sujet! S’il vous vient le besoin de consulter dirigez vous vers la «Villa Freud», petite partie branchée du plus grand quartier de Buenos Aires, « Palermo » ainsi renommé à cause de sa concentration impressionnante de psychanalystes au m².

Histoire de la psychanalyse Source : www.laprocure.com 

D’où provient cet engouement pour la psychanalyse ?

« Le Tango : une pensée qui se danse » Ernesto Sabato, L’écrivain parlait sûrement de la crise identitaire dont souffre les argentins, pays marqué par de nombreuses vagues d’immigration en provenance d’Europe, principalement de France, d’Espagne et d’Italie, crise que les argentins extériorisent par la danse pour certains. L’arbre généalogique des familles argentines est alors mis à mal, d’où viennent t-ils vraiment ? Combien peuvent encore compter parmi leurs ancêtres des autochtones Mapuches ou Quechuas? La psychanalyse s’offre alors à eux comme une cure permettant de se resituer dans le monde, de trouver ses origines, une manière de se soigner d’un mal commun pour enfin pouvoir se constituer en nation.

Un mode de vie

En France ou ailleurs on aurait tendance à garder ce qu’il se dit chez le psychanalyste, entre les 4 murs de son cabinet mais très peu pour les argentins. Il est commun de parler de ses séances entre amis autour d’un café. Cette pratique a d’ailleurs inclus, dans le langage courant, des mots de vocabulaire appartenant à la psychanalyse comme actes manqués, régression ou encore estime de soi. Également très employés par les gouverneurs comme promesse de rendre aux argentins leur « autoestima » notamment après les crises traversées non sans mal.

Une évolution dans la pratique

Les services d’un psychanalyste sont néanmoins très coûteux et de moins en moins accessibles à la classe moyenne qui semble pourtant être la plus en demande. Les argentins se tournent alors vers des thérapies de groupes ou des thérapies plus rapide. Les invitations à rejoindre ces groupes ne manquent pas, que ce soit sous forme d’affiches publicitaires dans les transports en commun, dans les journaux comme dans le journal « Pagina 12 » où deux pages sont consacrées à des sujets de psychologie à chaque édition. Les argentins n’auront pas à s’inquiéter de la poursuite de leur analyse, la psychologie est la 3ème discipline choisie à la faculté de Buenos Aires, où on y étudie principalement la psychanalyse. On remarque également qu’il y a plus de facultés de Psychologie que de Sciences. Toutefois, la nouvelle méthode d’apprentissage et l’engouement pour la psychanalyse ne ravit pas tous les psychologues argentins, comme Mario Bunge fondateur de la revue « Minerva«  (revue de médecine diffusant de l’information scientifique indépendante), qui exprime son opinion assez critique sur le sujet dans une interview donnée au journal « La Nacion ».

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