C’est le 7 Décembre 1950 que le président Juan Domingo Perón, á travers son premier décret, décida de créer: «l’entreprise de l’État: Aerolíneas Argentinas». Celle-ci est née de la fusion des quatre entreprises qui assuraient les vols dans le pays: Aeroposta, Alfa, Zonda et Fama. 58 avions composaient alors cette flotte aérienne.

Aerolíneas Argentinas

Les innovations de l’entreprise

Parmi les mesures prisent, la première fut le renouvellement des anciennes machines, réduisant alors á 30 le nombre d’avions et d’hydravions. De nouveaux appareils ont été incorporés peu á peu dont le Convair 240. Cette implantation fut un tel succès qu’en 1951, la presse inter-américaine désigna Aerolíneas comme la première entreprise aéro-commerciale du monde. En 1959, avec l’arrivée du jet, le premier Comet IV faisait son entrée dans le pays. Deux ans plus tard, pour la première fois, cet avion faisait un tour du monde pour le voyage officiel du président Frondizi. C’est de cette manière qu’AR (Aerolíneas Argentinas) entama son avancée dans l’aviation mondiale et apporta á sa flotte de nouveau appareil dont le Boeing 707. Celui-ci, en 1966, fut le premier de l´histoire á effectuer un vol sans escale entre Madrid et Buenos Aires, en 11h30, un record. A la fin de la décennie, le premier Boeing 737, arrivé dans l’entreprise.

A cette époque, la liste des destinations de cabotage couverte par Aerolíneas contenait des localités sous contrat comme Córdoba, Salta, Jujuy, Neuquén, Bariloche, Trelew, Ushuaia, Orán et Tartagal. Le Président R. Sáenz Peña passa alors aux vols libres en ajoutant entre autres les destinations Villa Dolores, Río Cuarto, Carmen de Patagones, Sarmiento, Lago Buenos Aires, Las Heras, Puerto Deseado et San Julián dans la Patagonie. Par ailleurs, les vols internationaux se développant en Europe, la compagnie arriva á Londres, Amsterdam, Paris, Rome, Madrid et Lisbonne. L’autonomie que possédait alors les avions de l’époque les obligeait á faire escale á Río ou Natal au Brésil, et Dakar en Afrique. De la même manière, AR parvint á La Havane (Cuba) et á New York, faisant escale á Port-au-Prince (Haïti) et Bélem (Brésil). Elle voyageait aussi á Santiago du Chili.

Les années 70/80

Durant le troisième mandat présidentiel de Perón, dans les années 70, Juan Carlos Pellegrini est convoqué pour présider la compagnie, cela marquera l’expansion d’Aerolíneas: «le Graal». Grâce á lui, l’entreprise gagnera prés de 70 millions de dollars par an entre 1973 et 1983, générant d’un Duty-Free, d’une restauration collective et du service technique. Le premier Boeing 747, surnommé Jumbo Jet, arriva en 1976 pendant la dernière dictature militaire.
Sous la gestion de Pelligrini et ses équipes de travail nait Aerolíneas Cargo, service de marchandises qui en 1978 mécanisa ses réserves, devenant la première compagnie du sud á le réaliser. En 1979, la compagnie développe son activité touristique en proposant un trajet vers la Patagonie Austral (Ushuaia-Calafate) avec des vols nocturnes, sans service á bord, á moitié prix. Cela permettra d’avoir de nouveaux touristes, toute l’année, son succès est encore d’actualité de nos jours.
Dans les années 80, Aerolíneas assure le premier vol transpolaire du monde. Un 747 partit de Buenos Aires traversa le pôle sud et arriva á Auckland (Nouvelle-Zélande). C’est aussi l’époque oú la guerre des Maldouines éclata. La compagnie fut alors sollicitée et transporta prés de 6.500 militaires et 270 tonnes de charges. Le pape Jean Paul II, présent alors sur le territoire, fut reconduit á Rome via un appareil de la compagnie. En 1983, le premier Centre d’Instruction de Vol de l’hémisphère fut inauguré par Aerolíneas.

Guichet Aerolíneas

Des années 90 á nos jours

Dans les années 90, Iberia acheta la compagnie qui se transforma en Aerolíneas Argentinas Société Anonyme. Puis, en 1998, American Airlines devient administrateur de AR et en 2001 se fut le tour de la SEPI, espagnole. Aerolíneas vit alors la pire année suite á la convocation des créanciers, l’obligeant á suspendre son activité. Antonio Mata et le groupe Marsans rachète alors  la compagnie et la préside quatre ans. L’entreprise récupère ses routes de cabotage mais continuera á perdre ses destinations internationales. Finalement en 2008, c’est l’État, présidé par Cristina Fernández de Kichner, qui nationalisa de nouveau l’entreprise. Aerolíneas signe alors un contrat avec la compagnie brésilienne Embraer pour l’achat de 20 avions. En 2010, AR change d’image et raccorde pour la première fois quatre provinces sans passer par Buenos Aires. Se produit alors un fait historique, un accord signé avec Alianza SkyTeam pour officialiser le commencement du processus de recette.
«Aujourd’hui, 60 ans après elle continue de forger ce but… celui d’unir le pays, prémisse essentiel d’un pays Fédéral, et le monde».

Source: Cien años de turismo – Boletín nº158