Dirigeante historique du mouvement des Grands-Mères de la place de Mai, Mme Estela Carlotto, 86 ans, a annoncé avoir retrouvé son petit-fils après avoir été séparée de ce dernier 36 ans plus tôt ! 

Estela Barnes de Carlotto et son petit-fils, Ignacio (Guido Montoya Carlotto) Hurban – Source Wikipedia

Soulagement d’une nation

« Guido », comme le surnomme Mme Carlotto, est le 114ème enfant à pouvoir retrouver des ascendants depuis la création des Abuelas de la Plaza de Mayo. Il s’était lui-même rendu auprès de l’association pour fournir son ADN et pouvoir le comparer avec la base de donnée génétique de l’ONG. Son ADN correspond à 99,9% à celui de Laura Carlotto, fille d’Estela Carlotto, disparue deux mois après avoir accouché en 1978. C’est une nouvelle lourde d’émotion en Argentine, qui passionne toute la nation. Aujourd’hui les trois grands quotidiens du pays titrent sur cet événement, et Mme Carlotto a même reçu un appel de la présidente, Mme Kirchner.

Le 10 décembre 2003, la présidente de l’association, Estela Barnes de Carlotto, a reçu le Prix des droits de l’Homme de l’ONU et l’ONG le prix Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix en 2010.

L’histoire de ces femmes pas comme les autres …

Les Grands-mères de la place de Mai (Abuelas de la Plaza de Mayo) est une ONG fondée en 1977 en Argentine, un an après le coup d’État de mars 1976, dans le but de retrouver les enfants disparus sous la dictature militaire et les rendre à leur familles légitimes. Ces victimes étaient, entre autres, étudiantssyndicalistes, ou encore idéalistes épris de justice sociale… 

Photo : Manifestation à Plaza de Mayo – Wikipédia

Ces femmes qui manifestent au quotidien ont elles-mêmes été frappées par la répression, avec notamment la disparition, à Lima, en 1980, de Noemí Gianetti de Molfino. Les Grands-mères de la Place de mai ont milité pour le vote de la loi 23.511, portant création de la Banque Nationale des Données Génétiques, adoptée en mai 1987. La Banque abrite les cartes génétiques de toutes les familles dont un enfant a disparu. Leur travail a permis d’identifier 114 des 500 enfants kidnappés ou nés en détention durant la période militaire et clandestinement adoptés. Aujourd’hui, la banque de données contient les portraits génétiques de 352 familles, soit près de 3000 personnes.

Le 10 décembre 2003, Estela Barnes de Carlotto, présidente de l’association, a reçu le Prix des droits de l’Homme de l’ONU et l’ONG le prix Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix en 2010.

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