De tous temps, l’amour a été considéré comme le sentiment le plus fort et le plus pur. Élément fondateur de nombreux contes et légendes, ce sentiment est aussi à l’origine de la très belle histoire guarani de la création des Chutes d’Iguazu. L’amour contrarié de Tarobá et Naipí, qui reflète bien le respect des indiens pour ce site hors du commun, est à l’origine de la création de ce qui est aujourd’hui l’une des sept merveilles naturelles du monde.

Source – Photo : mamojo

Tarobá et Naipí : la naissance des Chutes d’Iguazú

Il y a longtemps, les tribus garanies vivaient en paix au bord de l’eau. Ils étaient heureux sur ces terres fertiles baignées par les eaux du fleuve Iguazú, habitées par le dieu M’Boi, fils de Tupá. Ce dernier avait la forme d’un monstrueux et gigantesque serpent, qui exigeait le sacrifice annuel de la plus belle jeune fille de la tribu en échange de sa protection. Donc, tous les ans, la plus belle des filles était noyée dans le fleuve. Cette cérémonie était très importante pour tous, et elle était marquée de nombreuses festivités auxquelles étaient conviées les tribus voisines.

Une année, ce fut Naipí, fille du grand chef Igobi, qui fût choisie pour être donnée en offrande à M’Boi, très heureux de recevoir ce sacrifice. Mais les choses ne sont pas si simples… Des tribus voisines vint un valeureux guerrier nommé Tarobá; il tomba instantanément amoureux de Naipí, à tel point qu’il décida d’aller parler à son père et aux anciens afin de la sauver d’une mort certaine. Ces derniers ne se laissèrent pas convaincre. Le sort de la jeune fille était scellé.

Tourmenté et désespéré, le jeune guerrier décida de l’enlever afin de la sauver. Il s’enfuiraient ensuite ensemble. Il attendit que la fête batte son plein, et au moment où le chef Igobi et le chaman buvaient la traditionnelle boisson appelée « cauim » et où les guerriers dansaient sans discontinuer, il prit Naipí par la main et la conduisit jusqu’à un canoë. Personne ne se rendit compte de la disparition de la jeune fille, à l’exception du terrible M’Boi qui observait la fête depuis le fleuve. Ce dernier, furieux, les poursuivit et sa colère fut si grande qu’il donna un grand coup de queue qui fit rompre le lit du fleuve en deux parties : l’une s’élevant très haut et l’autre s’effondrant dans les profondeurs de la terre. Il créa ainsi les Chutes d’Iguazú telles que nous les connaissons aujourd’hui. Les deux amoureux tombèrent dans les chutes et moururent.

Mais cela ne suffit pas à calmer la fureur du dieu M’Boi. Il décida alors d’un châtiment qui durerait toute l’éternité : il transforma Tarobá en un palmier qui s’incline sur la Garganta del Diablo comme s’il voulait toucher Naipí, transformée en roche, située au centre du fleuve, à l’endroit où le courant est le plus fort. Ainsi les amants pourraient se contempler pour l’éternité sans jamais se toucher. Ensuite, le dieu, content de lui, creusa une grotte derrière les chutes (La Garganta del Diablo) afin de veiller à ce que les amants ne s’unissent plus jamais. Mais la force de l’amour qui lie les deux jeunes amoureux essaye toujours de les faire se rencontrer. C’est pour cela que les jours de grand soleil apparaît un arc-en-ciel qui relie l’arbre à la pierre, permettant ainsi aux deux amants de s’unir, malgré le châtiment de M’Boi.

On raconte même que M’Boi, caché dans sa grotte, rit du sort des deux amants, mais que le bruit sourd des chutes masque son rire. C’est ainsi que les Guaranís auraient appris à écouter les rires et les pleurs de la nature.

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