Actualisé le 10/06/2015 :

Immanquable. Si vous vous êtes déjà promenés dans Recoleta, et plus particulièrement vers la Plaza Francia, vous l’avez forcément vue. Depuis 2002, une immense fleur métallique trône au centre d’un petit parc bien délimité, situé à côté de l’imposante faculté de droit. Cette fleur, c’est la Floralis Genérica, « la fleur de toute les fleurs », censée représenter le dynamisme de notre époque. Et comme un symbole, peut-être, cette fleur demeurait fanée, cassée depuis 2010, avant de fleurir de nouveau en juin 2015 !

La Floralis ouverte – Flickr Slaff

La fleur

Conçue par le célèbre architecte argentin Eduardo Catalano, la fleur est construite en acier inoxydable, fait 23 mètres de haut et possède un diamètre de 32 mètres lorsque ses pétales sont ouverts. C’est l’entreprise d’aéronautique Lockheed Martin Aircraft Argentine qui s’est occupée de sa construction, en recyclant des matériaux issus de ses centres de production.

Lors de sa conception, un mécanisme a été conçu pour qu’elle puisse s’ouvrir chaque matin et se refermer chaque soir, et pivoter en suivant le cours du soleil… Wow, géniale comme idée me direz-vous. Oui mais voilà,  lors de sa mise en place, un des pétales a mal été monté, rendant le mécanisme défaillant et surtout dangereux à l’utilisation…

L’improbable histoire de sa réparation

Depuis sa construction, la fleur est donc défaillante et Catalano n’avait pas manqué d’essayer d’avertir Lockheed Martin de ce problème pour qu’il soit résolu. Sauf que l’affaire a traîné, et qu’entre temps, Lockheed Martin Aircraft a quitté le pays et l‘Etat argentin a nationalisé les restes de l’entreprise. L’entreprise qui devait garantir le fonctionnement de la fleur sur 25 ans n’existe donc plus. Bien que défaillante, la fleur a donc quand même fonctionné de 2002 à 2010, alors qu’elle aurait pu céder bien avant. En février 2010, un mois après la mort de Catalano, l’Etat prend la décision d’arrêter le fonctionnement de la fleur, en attendant une hypothétique réparation.

Beaucoup se sont alors mobilisés pour obtenir sa réparation mais le Gouvernement de la Ville de Buenos Aires ne s’y montrait que peu favorable, notamment à cause du coût que ces travaux engendrerait : 500 000 pesos argentins en 2010, un montant encore bien plus élevé aujourd’hui si l’on prend en compte l’inflation actuelle…

La Floralis fermée – Flickr Luiz Henrique Assunção

Pendant cinq bonnes années donc, le destin de cette magnifique construction est resté en suspend. Alors oui, on s’est habitué à la voir immobile, la trouvant magnifique, même ainsi, mais on espérait tous secrètement de pouvoir la voir bouger, s’ouvrir et se fermer au rythme des jours de nouveau ! « Espérait » ? Oui, car en 2014, la décision a été prise de… la restaurer !

Sa renaissance

De septembre 2014 à juin 2015, les ouvriers se sont donc activés afin de notamment :

– remettre en état le piston permettant l’ouverture des pétales,
étayer de façon préventive chacune des six pétales,
– réparer les moteurs servant à faire fonctionner la fontaine au pied de la Floralis,
– contrôler les capteurs de vents et d’humidité censés déclencher l’ouverture et la fermeture de celle-ci en cas d’intempéries,
renforcer les structures à l’aide de plaques d’aluminium et de soudures.

L’an passé, grâce à l’aide de l’entreprise OCA et l’aide technique de la UTN (Universidad Tecnológica Nacional), une étape principale de ce projet avait été franchie avec la reconstitution des plans de la sculpture et de ses mécanismes, dont les originaux n’ont jamais pu être retrouvés…

Il s’agit là ni plus ni moins de la résurrection d’un des monuments les plus emblématiques de Buenos Aires !


Vous avez aimé cet article? A lire sur le même sujet