Nous avons eu la chance de nous entretenir dans nos locaux avec Bernard Bacquié ancien pilote de vols longs courriers et aujourd’hui écrivain et conférencier. Envolons-nous le temps d’une Interview avec cette figure de l’aviation !

Bernard Bacquié 

Bonjour Monsieur Bacquié, pourriez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Bernard Bacquié et je suis ancien commandant de bord chez Air France. Pendant mes années en tant que pilote je faisais des vols long-courriers à travers le monde sauf l’Océanie du Sud. Je faisais surtout du transport de passagers, mais aussi des vols cargo. Je refaisais régulièrement les mêmes trajets, par exemple j’ai fait plus de 50 fois le vol Paris-Buenos Aires. Quand j’exécutais ces vols, je restais souvent 4 jours à Buenos Aires. C’est comme cela que j’ai pris goût à cette ville. En tout, j’ai totalisé plus de 20 000 heures de vols !

Avez-vous piloté sur d’autres compagnies que Air France ?

Oui j’ai également piloté pour Air Burundi, Royal Air Maroc ou encore la Postale de Nuit, la descendante de l’Aéropostale. Je puis affirmer être aujourd’hui l’auteur le plus prolixe sur l’histoire de l’Aéropostale. Il s’agissait de la compagnie aérienne ayant pris la suite des lignes Latécoère créées en 1918. Les lignes reliaient Toulouse à Dakar ainsi que l’Amérique du Sud. Ce fut une aventure exceptionnelle qui forgea des pilotes de légende comme Jean Mermoz, s’illustrant en particulier dans ses recherches de passages dans les Andes en 1929 afin de relier Mendoza à Santiago au Chili. Antoine de Saint Exupéry, également engagé comme pilote à l’Aéropostale, sera principalement chef d’escale au cap Juby, dans le Sahara occidental, et chef d’exploitation de l’Aeroposta Argentina, société sœur de l’Aéropostale chargée de désenclaver la Patagonie. En ce qui me concerne, désormais, je ne pilote plus que des petits avions.

Comment avez vous eu l’idée de devenir pilote ?

Il faut savoir que c’est une histoire de famille. Mes parents abritèrent des aviateurs britanniques pendant la guerre et j’ai un oncle par exemple qui participa en 1947 à la construction du premier avion à réaction argentin : le Pulqui. Ainsi l’Argentine était devenu le 6ème pays au monde à posséder l’un des premiers avions à réaction. Puis, un plus petit, à Paso del Rey, dans la banlieue de Buenos Aires : le Boyero. L’histoire familiale se poursuit, puisque j’ai 4 enfants, tous dans l’aviation ! Deux  pilotes, un mécanicien et une hôtesse chef de cabine principal.

Décollage d’un avion Air France – Wikimédia Commons

Que faites vous dans la vie aujourd’hui ?

Je suis désormais écrivain et conférencier. J’ai également créé un circuit de loisir à Toulouse. Mon métier de conférencier m’amène d’ailleurs souvent à revenir en Argentine, comme à Buenos Aires. J’ai par exemple fait en Novembre 2016 une conférence remarquée lors du Congrès de la Force Aérienne Argentine. Je fais des conférences là où les lignes de l’Aéropostale passaient. C’est ainsi que j’ai été amené à en faire également dans plusieurs pays d’Afrique, surtout pour le compte du « Raid Latécoère », dont la devise est : « L’Aérien pour relier les Hommes ». Nous avons eu l’honneur d’être reçus cette année par le maire de Casablanca. D’ailleurs, Casablanca, Buenos Aires et Perpignan ont le point commun d’être jumelées en tant que villes Art déco. Ainsi certaines conférences peuvent avoir lieu entre ces villes où le réseau des lignes de l’Aéropostale passait. Je suis également auteur-éditeur.

Quels sont les sujets de vos livres ?

J’ai écrit 7 livres sur l’Aéropostale. Il ne s’agit en aucun cas d’autobiographie mais de livres sur l’histoire de l’Aéropostale en Amérique principalement mais également ailleurs dans le monde. Vous pouvez les commander en version papier sur mon site :

www.editionlaterales.com.

J’ai par exemple écrit un livre sur les voyages de Saint Exupéry au Maroc : « Saint-Ex au Maroc ». Dans ce livre je mets en lumière sa passion pour le désert et pour ce pays, le tout illustré par de nombreuses photos d’archives… de Saint-Exupéry et d’autres protagonistes.
J’ai également écrit un livre sur Mermoz « Mermoz, ses vols, la vérité » ou encore sur Guillaumet « Guillaumet, le passeur », lequel se rendit célèbre pour s’être posé en catastrophe au beau milieu des Andes. Il marcha 5 jours sans dormir avant d’atteindre une habitation, non loin du village de San Carlos dans la Province de Mendoza. C’est Antoine de Saint Exupéry qui ira ensuite le chercher et qui lui dédiera son livre « Terre des Hommes ».

Pour terminer, auriez vous un dernier livre dont vous pourriez nous parler ?

J’ai écrit un livre intitulé « Un destin austral, La saga d’un mécano de Saint-Exupéry devenu chauffeur d’Eva Perón », traduit en espagnol et publié en Argentine sous le titre « Un destino austral » (Ediciones Parafo Aparte). Il s’agit d’un roman historique puisque l’idée centrale du livre est authentique. En outre, des personnages de fiction permettent de donner au livre un aspect « feuilleton« . Il fait revivre l’histoire d’un mécanicien de Saint-Exupéry qui a peu à peu franchi les échelons jusqu’à devenir le responsable des transports terrestres de la compagnie Aerolineas. Il finira par avoir des contacts avec Eva Perón (il sera son chauffeur occasionnel) et avec Juan Perón. Tout cela est authentique, mais le dénouement de l’histoire se passant à Buenos Aires est vraiment surprenant et… romancé.

On remercie Monsieur Bacquié pour cette interview, qui nous a donné envie de nous envoler partout dans le monde !

 


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