Nous avons eu l’occasion d’interviewer Ode Vergos, fondatrice de Ôdecrea (agence de production d’événements culturels reliés à l’univers culinaire) et co-fondatrice de Lucullus (association de gastronomie française en Argentine) ! Cette française de 36 ans associe aujourd’hui sa passion pour l’événementiel, la cuisine, l’art et la culture française à travers tout une série d’événements, tous plus originaux et créatifs les uns que les autres ! Retour sur son parcours, ses projets actuels et futurs :

Le Grand dîner – Source: Ôdecrea

– Bonjour Ode, est-ce que vous pourriez vous présenter et revenir sur votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Je suis arrivée il y a 10 ans en Argentine, je suis diplômée de communication et publicité. J’ai toujours été spécialisée dans l’organisation d’événements culturels, d’abord dans les concerts puis dans la gastronomie. J’ai monté Ôdecrea en 2009, puis Lucullus en 2010. L’objectif a toujours été de fédérer l’ensemble des professionnels de la gastronomie française afin de promouvoir cet art culinaire. Aujourd’hui, il y’a environ 35 membres chez Lucullus, que ce soit des chefs, directeurs de restaurant, boulangeries, écoles de cuisines, sommeliers…  Je dirige aujourd’hui l’association en m’occupant de la communication et de l’organisation d’événements.

– Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de vos événements justement ?

Chez Lucullus, on organise le Marché 3/4 fois par an depuis 5 ans et également l’événement « Cuisine et Liberté » pour fêter la révolution française en promouvant l’art culinaire de l’Hexagone. On organise aussi des cours de cuisine 2 fois par an d’environ 2h30 à travers notre événement « La cuisine des chefs ». Il y a également un Brunch français, le Brunch francés, à l’hippodrome de Palermo le 27 septembre prochain

Avec Ôdecrea, on organise le Dîner des artistes, une série de plusieurs dîners autour de peintres français qui ont marqué l’art pictural de notre pays. Intervient d’abord une historienne de l’art pour présenter l’œuvre, puis vient l’heure du dîner, conçu spécialement en fonction de la période artistique à laquelle le peintre a appartenu.

On organise aussi l’événement Cine Cocina du 2 au 6 novembre,  un festival de cinéma culinaire cette année accompagné d’une exposition de photographie culinaire.

– Qu’est-ce qui vous a poussée à vous installer en Argentine ?

J’ai voyagé pendant 2 ans, dont 3 mois en Argentine. J’ai eu un véritable coup de coeur ! La culture argentine, les modalités d’installation pas trop compliquées, le fait qu’il n’y ait pas trop de choc culturel (on n’est pas trop dépaysé !) ont fait que j’ai choisi de m’y installer.

– Et concrètement, comment ça se passe pour monter une association en Argentine ?

Concrètement, c’est compliqué. On n’a reçu aucune subvention de l’Ambassade française. C’est compliqué de créer une association en Argentine d’un point de vue financier et administratif. Beaucoup d’associations en Argentine sont liées au milieu du football, et ces associations sportives ont terni l’image des associations à cause de nombreux problèmes de corruption.

– Et quel est votre public, plutôt des Français, plutôt des Argentins ?

Cela dépend des événements. Ôdecrea et Lucullus ont des événements et des objectifs différents. Alors que Lucullus fait la promotion de la gastronomie française, Ôdecrea cherche a développer l’art culinaire en général en tant qu’art majeur. Pour le dîner des artistes et le Ciné Cocina, le public est principalement argentin, mais il y a quelques Français. Pour les cours de cuisine française, ce sont des Argentins car les Français connaissent déjà.

– Quels sont les valeurs de Ôdecrea, de Lucullus ?

Je dirais… la fraternité, la camaraderie d’abord, puisque les chefs recréent une famille à travers Lucullus. Je dirais aussi que Lucullus et Ôdecréa, c’est un esprit didactique : celui d’informer, de faire connaître la gastronomie française, la gastronomie et l’art en général, et surtout d’apprendre en mangeant. Et bien sûr, le partage.

– Quels sont vos sponsors ?

Beaucoup de bodegas nous sponsorisent. Pour les festivals de cuisine,  beaucoup d’ambassades. De même pour notre événement Cine-cocina, puisque pour chaque film, l’Ambassade du pays d’origine du film nous sponsorise.

– Quels sont vos projets pour le futur concernant Ôdecrea et Lucullus ?

Pour Odecrea, l’objectif est de développer d’autres événements. Nous souhaitons organiser des voyages gastronomiques en France par exemple. Pour Lucullus, l’objectif n’est pas forcément de créer plus d’événements, mais plutôt d’être une association de référence pour les gens qui souhaitent monter un business en Argentine. On a développé une plateforme emploi, bourse de travail pour que les gens qui travaillent dans le secteur de la cuisine puissent trouver un emploi plus facilement. Nous aimerions développer plus cette plateforme.

– Quelque chose à rajouter ?

 Je fais également partie de la commission de direction de l’association Marianne depuis sa création, une association franco-argentine de femmes entrepreneuses dans l’art, la politique, l’éducation…etc. Il y a aujourd’hui 80 femmes dans cette association. L’objectif est de créer un pont entre la France et l’Argentine, c’est une association de networking. Tous les deux mois, nous organisons une Commission Eventos, afin de mettre en avant une femme, son parcours professionnel et personnel. Cette année la thématique de cette commission était Femme et politique. Elisa Carrio (femme politique argentine, fondatrice du parti « Afirmación para una República Igualitaria ») et Margarita Stolbizer (députée et leader du parti « Generación para un Encuentro Nacional ») vont donc témoigner en septembre.


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