L’équipe d’Argentine-Info est partie à la rencontre de Jérôme Mathe, le propriétaire d’un restaurant francais situé dans le centre de Buenos Aires, du nom de FRENCHIE. Retour sur le concept du restaurant ainsi que sur le parcours et les projets de cet aventurier du monde, originaire du Sud-Ouest de la France.

L'équipe de Frenchie

L’équipe Frenchie – Crédit photo : Frenchie

Bonjour, est-ce que vous pouvez vous présenter et revenir sur votre parcours ?

Je m’appelle Jérôme Mathe, je suis à Buenos Aires depuis 1999.

J’ai fait des études dans le secteur de l’hôtellerie-restauration à Mazamet ainsi qu’à Toulouse, ma ville d’origine. A la suite de mes études, j’ai travaillé dans plusieurs hôtels étoilés français à Paris, tels que Le Concorde La Fayette et Rostand. J’ai également été chef culinaire dans l’armée. Puis en 1996, Jean Paul Bondoux m’a proposé de venir faire une saison de six mois en Uruguay, à Punta del Este, au restaurant La Bourgogne. Cette année là, j’ai eu l’honneur de faire partie des personnes qui préparaient la venue de Jacques Chirac à Buenos Aires. A la suite, je suis revenu en France, où j’ai travaillé pendant deux ans dans un restaurant gastronomique de ma région en tant que chef.

Malgré mon attachement à ma région, l’envie de revenir en Amérique du Sud était très forte. En 1999, je décide d’y revenir pour continuer ce que j’avais commencé. J’ai été embauché comme chef de La Bourgogne de Buenos Aires, et comme chef de La Bourgogne de Punta del Este durant l’été. Par la suite, je décide d’ouvrir ma propre entreprise de cattering, ainsi que de donner des cours de cuisine et de faire du consulting gastronomique, ce qui à pour rôle d’aider les nouveaux restaurateurs à établir leur carte et former le personnel. En association avec Jean-Paul Bondoux, nous avions un restaurant au MALBA qui s’appelait le Café des Arts, c’est ce qui m’a permis d’acquérir une certaine reconnaissance.

Je fais également partie de l’association Lucullus en tant que vice-président (Asociación Gastronómica Francesa en Argentina). Et depuis 5 mois, j’ai ouvert le restaurant FRENCHIE.

Pouvez-vous nous parler de votre entreprise ?

Nous avons ouvert Frenchie en société avec ma femme Xexa Ipanema Luz, avec comme concept une cuisine simple et bon marché. L’emplacement de notre restaurant dans le centre a pour conséquence une clientèle travaillant dans un milieu financier et relativement pressée. Une cuisine simple, bonne et rapide, c’est notre devise. Nous avons une équipe composée de 9 personnes dont la majorité sont des jeunes français en PVT (Visa Vacances Travail). Changer régulièrement d’équipe permet de ne pas tomber dans la routine. On a également choisi un concept simple pour essayer de ne pas être dépendant du projet même si, je l’avoue, je le suis un peu car j’essaye de toujours être là pour mes clients.

Pourquoi avoir choisi le nom de « Frenchie » ?

Nous voulions un nom bien français mais pas « franchouillard », quelque chose de moderne. Ma femme ayant vécu en Amérique a souvent entendu les Américains appeler les francais les Frenchies, c’est donc grâce à ma femme que le restaurant s’appelle ainsi. On voulait également un nom passe partout, facile à retenir, qui reste en tête. Je pense que celui-ci rempli tous ces critères.

Petites Douceurs - Frenchie

Petites Douceurs – Crédit photo : Frenchie

A-t-il été difficile de monter un business en Argentine ? Avez-vous des conseils à donner ?

Ce n’est pas forcément compliqué de monter un business en Argentine, il n’est pas demandé beaucoup de choses. Ce qui est compliqué ici, c’est qu’il faut le maintenir, il faut penser à court terme. Avec les lois qui changent sans cesse et l’inflation qui ne cesse de faire des siennes, il est compliqué de se projeter dans l’avenir. Mon restaurant, le Café des Arts au MALBA, était un restaurant très rentable, mais du jour au lendemain, avec tous ces changements, il est devenu une vraie perte économique.

Mon conseil : être prudent au moment de l’investissement et préférer une entreprise avec un personnel réduit.

La vie au quotidien d’expatrié, ça se passe comment ?

Très bien ! J’adore cette ville, elle ne s’arrête jamais de bouger, tout est en perpétuel mouvement. C’est d’ailleurs ce qui me surprend toujours, Buenos Aires ne dort jamais. Je me sens ici comme chez moi, j’ai l’impression d’être un vrai porteño. J’aime cette différence. Être français en Argentine est un plus. J’aime le climat, il fait souvent soleil. Buenos Aires abrite de nombreux parcs très dépaysants et surtout très agréables pour faire du sport.

La seule question que je me pose à l’heure actuelle est : que va-t-il se passer quand j’aurai passé plus de temps ici que dans mon pays natal la France ?

Avez-vous des projets pour la suite ?

Oui, le prochain qui est en cours est le nouvel aménagement de la galerie commerciale Patio Bullrich de Recoleta. Nous allons changer tous les points de restauration tels que Starbucks et les autres du même titre par des restaurants plus gastronomiques, comme par exemple une boulangerie, une vinothèque ou un restaurant de pâtes. Je suis le chef de ce projet.

Sûrement ouvrir un autre FRENCHIE à Buenos Aires. Et même pourquoi pas exporter le projet dans un autre pays, comme le Chili par exemple, c’est un pays très stable.

Je projette d’utiliser la cuisine de FRENCHIE pour y donner des cours de cuisine.

Nous aimerions également faire des after office, transformer le restaurant en bar en fin de journée, pour attirer un peu plus de monde.

N’hésitez pas à venir faire un tour chez FRENCHIE, ouvert du Lundi au Vendredi de 9h00 à 17h00, San Martin 687, Buenos Aires. Ambiance conviviale et délice pour les papilles !


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