L’équipe d’Argentine-info est partie à la rencontre de Nayla Danchuk, une chanteuse de Tango de 21 ans de plus en plus sur le devant de la scène. Prestance et charisme sont les mots qui définissent le mieux la jeune femme qui termine en parallèle ses études de droit.

Bonjour Nayla, présente toi et parle nous un peu de ton parcours

– Bonjour je m’appelle Nayla, j’ai 21 ans, je chante le tango depuis que j’ai … 4-5 ans et je demandais déjà à mes parents de me faire passer à la télévision. Il n’y a aucun musicien dans ma famille mais à la maison il y avait toujours de la musique. Par exemple ma mère chantait en faisant le ménage, la cuisine … La première fois que je suis passée à la télé c’était à 5 ans, pour chanter mais seulement du tango en 1999 dans le programme de Videomatch de Marcelo Tinelli. Je ne sais pas si j’étais consciente que ça deviendrait ma vie.

Après ça j’ai continué à étudier le tango et notamment à 7 ans j’ai commencé a prendre des cours de technique vocale. Pendant cet apprentissage, j’ai fait une rencontre majeure : Nilda, organisatrice d’événements qui m’a mise sur le devant de la scène. Je ne savais même pas alors chanter avec un groupe, c’est avec elle que j’ai réalisé que j’aimais vraiment chanter en public! Plus tard, j’ai connu Oscar Barrios, un accordéoniste important de l’orchestre Alfredo de Angelis qui est devenu mon professeur et que je considère aujourd’hui comme mon deuxième père. Aujourd’hui il est toujours mon professeur et il m’accompagne parfois dans certaines Casas de Tango – Shows de Tango. En 2011 j’ai participé au festival de Cosquín que j’ai gagné, c’est une grande scène qui rassemble des milliers de spectateurs. Maintenant, je travaille avec des Casas de Tango et des compagnies comme celle de Sophie -Tango+Tango.

En plus de chanter, tu étudies le droit. comment gères-tu cela ?

Je crois vraiment que je peux faire les deux en parallèle. Depuis 2014 J’ai commencé ma formation de droit, c’est quelque chose qui m’a toujours intéressé. Mais quand j’ai commencé je voyais cela comme un second plan, une alternative. Aujourd’hui je mets sur le même plan le Tango et le droit. Par exemple on est en vacances d’hiver et je fais des cours intensifs, et ma priorité c’est de décrocher mon diplôme de droit. Aujourd’hui par exemple je suis allé à l’étude, je vous accorde cet interview puis je vais manger et directement je vais à la Fac avant d’aller travailler à la casa de tango le soir. Je crois que a me plaît d’être toujours occupée. Ah oui … et il y a aussi le fait que je serais la première personne de ma famille à décrocher un diplôme universitaire.

Comme tu l’as dit, personne de ta famille n’a de lien direct avec le tango. Alors pourquoi Nayla et le tango ? Et depuis quand ?

Depuis toujours. Au début en réalité je chantais de tout à la maison. Mais cette passion … ce n’est pas moi qui ai choisi le tango, c’est le tango qui m’a choisi. J’ai toujours aimé sortir dans les milongas. Mon idole c’est Rubén Juarez, un chanteur de tango qui joue de l’accordéon et c’est notamment grâce à lui que j’ai commencé à apprendre l’accordéon.
Les passions ne se choisissent pas, elles surgissent.

Quel est le plus beau souvenir de ta carrière de chanteuse de Tango ?

– Ah c’est difficile comme question!

– La victoire de Cosquín ? (Un grand festival devant des milliers de spectateurs)

– Peut-être .. oui, surement. Je n’aime pas faire des compétitions parce que c’est beaucoup de stress, d’angoisse. Même si on dit que l’on y va sans stress, on veut toujours gagner, tout le monde veut gagner. Ce festival je l’ai fait parce que mon entourage a insisté pour que je le fasse. C’est vrai que quand ils ont annoncé mon nom … ce fut une joie immense. Parmi ces beaux moments, j’aime beaucoup voyager et exporter le Tango hors de l’Argentine. Mais c’est compliqué parce que je suis très attachée à ma famille.

Nayla, tu as commencé à jouer de l’Accordéon depuis quelques années. Pourquoi ?

– Depuis petite j’aime l’accordéon. Mais ça coûte assez cher. Quand j’ai commencé mes premiers shows de Tango vers 15 ans, j’ai pu m’acheter mon premier accordéon. Un « Doble A » c’est le meilleur accordéon. c’est un super souvenir et le moment où je l’ai eu dans les mains pour la première fois … c’est aussi un des meilleurs moments de ma carrière. Aujourd’hui j’ai moins le temps de travailler l’accordéon. Mais de toute façon je ne veux pas devenir accordéoniste, je joue de l’accordéon pour m’accompagner au chant.

Tu es très jeune (21 ans). Comment te vois-tu dans 10 ans, juge ou chanteuse ?

Les deux. Ça ne me paraît pas du tout impossible. Mais surtout je me vois avec une famille, des enfants. J’ai une super relation avec mes parents et ma sœur de 16 ans et je suis très famille.

– Et il y a beaucoup d’opportunités de travail concernant le Tango en Argentine ?

– Le problème c’est qu’il y a plus d’offre que de demande, peu d’espaces physiques pour beaucoup d’artistes talentueux et peu de diffusion notamment à la télévision publique, on ne diffuse plus de programme de Tango.

– Et la télévision, ça aide pour se faire connaitre ?

– La télé ça aide pour se faire connaitre mais dans tous les cas dans le monde du Tango tout le monde se connait. C’est plus facile de s’exporter pour les danseurs que pour les chanteurs, et il y a très peu de grandes compagnies qui font des tournées internationales.

– Est-ce que vous souhaiteriez travailler à l’étranger ?

Voyager oui, mais pas vivre à l’étranger. Un producteur à Londres l’an dernier m’a engagée pour des spectacles et j’ai raccourci mon séjour de 15 jours, car ma famille me manquait trop.


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