C’est ainsi qu’il vin…

L’Argentine est un grand pays du vin, et Mendoza mérite amplement sa place parmi les 8 capitales mondiales du vin. Mais jusqu’où cela remonte-t-il ? Pourquoi ce pays d’Amérique du Sud en particulier ? Des raisons historiques, climatiques, ou un simple concours de circonstance ? Explications !

Le raisin était déjà présent en Amérique du Sud avant l’arrivée des Européens, mais on ne s’en servait pas encore pour produire du vin. A l’arrivée des Espagnols, au 16ème siècle, plusieurs tentatives eurent lieu pour essayer d’obtenir du vin à partir de ces vignes (vitis labrusca, vitis lupestris..) mais cela ne fut pas concluant du tout : le vin obtenu ne s’apparentait en rien à un bon vin européen.

Vendange sur hautain en Argentine au 19ème siècle – Wikipédia

Le sang du Christ

On dit que c’est en 1557, pendant l’époque des Conquistadores, qu’un certain Juan Cedrón amena les premiers ceps de vigne depuis le Chili à Santiago del Estero, la plus vieille ville argentine encore existante. La culture du vin commença donc dans cette région avant de s’étendre au reste du pays.

La première demande de l’époque provenait surtout des ordres religieux et des monastères, qui avaient besoin de vin de messe. C’est pourquoi les premiers petits domaines, entretenus par des clercs, ont émergés autour de monastères.

Petit à petit, la viniculture s’est développée un peu partout au pied des Andes argentines. Le climat y est bien plus propice qu’en plaine, dans la pampa : plus sec et moins venteux, puisque les vents humides du pacifique sont stoppés par les Andes. Cependant, avec les années, les grands centres de population ont continué à se développer sur la côte atlantique, à l’Est, si bien que le transport en masse du vin des Andes jusqu’à la province de Buenos Aires était compliqué et couteux.

Stockage de vin à Godoy Cruz Antonio Tomba – winesofargentina.org

Le développement suit son train

C’est donc avec l’achèvement de la voie ferrée reliant Mendoza et Buenos Aires, en 1885, que la production de vin argentine connait une forte croissance. La voie ferrée a d’ailleurs été en grande partie financée et soutenue par  Don Tiburcio Benegas, gouverneur de la province de Mendoza et alors propriétaire du domaine El Trapiche, qui était convaincu que pour survivre l’industrie du vin argentine devait se trouver une vraie demande. Au départ, le vin argentin était de « mauvaise qualité », loin derrière la qualité française : c’était un vin de table dédié à la consommation nationale. Mais petit à petit, avec l’arrivée d’experts européens (et notamment français, comme Michel Aimé Pouget) et l’importation de nouveaux cépages par les vagues successives d’immigrants, la qualité de la production s’est améliorée.

Au cours du XXème siècle, l’industrie connait plusieurs crises, la consommation nationale vacille. Dans la deuxième moitié du siècle, beaucoup de bodegas décident alors de donner priorité à l’exportation, en visant notamment les marchés lucratifs des Etats-Unis et du Royaume-Uni. L’appropriation des techniques de production modernes européennes permet aux bodegas de produire un vin de plus en plus reconnu à l’international.

Aujourd’hui, le vin argentin est sur une très bonne dynamique, et l’Argentine est le 5ème producteur mondial de vin !

Vignes dans la province de San Juan, au pied des Andes – Wikipédia

Ah, et quelques dernières anecdotes concernant le vin en Argentine 

Contrairement à la France où l’on choisit le vin d’abord pour sa région (Bourgogne, Bordeaux, Côte du Rhône…) puis pour son cépage, en Argentine on choisit le cépage puis la région, car cela est bien plus indicatif de ce que l’on va trouver dans la bouteille.

Contrairement aux vignobles en France où les précipitations annuelles sont très variables, en Argentine le vin est produit dans des régions sèches et les domaines sont irrigués. Par conséquent, l’apport en eau est constant d’année en année, ce qui fait que la qualité d’un cru varie peu. Il y a quand même des millésimes, mais la différence est moins  notable qu’en France où d’une année à l’autre, un domaine peut donner un très bon puis un très mauvais vin.

Carte contemporaine des vignobles argentins : 


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