Aujourd’hui un musée en la mémoire des crimes commis pendant la dictature, le musée de la mémoire Haroldo Conti permet de rendre hommage 35 ans plus tard aux 5000 « opposants » disparus lors de la répression sous la dictature de Videla. Se trouvant dans les anciens locaux de l’école de la Marine Argentine (ESMA), ce musée témoigne d’une page sombre de l’histoire de l’Argentine.

 

ESMA – Source : Wikipedia

Un devoir de mémoire

Devenu depuis 2004 un musée en la mémoire des victimes de la dictature, Nestor Kirchner (le mari de l’ancienne présidente Cristina Kirchner) considérait qu’il était nécessaire que son pays reconnaisse et assume son passé. Ce devoir de mémoire réalisé par Nestor Kirchner n’est pas anecdotique et démontre un vrai pas en avant du pays. Puisque, quand on connait les problèmes liés aux passés de l’Argentine avec par exemple « las abuelas de la plaza de Mayo« , cela représente beaucoup pour le pays. Et que dire des faits qui se sont passés dans cette ancienne école de la Marine Argentine (ESMA)? Pour donner des chiffres, sur les 18 000 disparus pendant la dictature, on compte pas moins de 5000 personnes  disparues dans cette école.

Il faut savoir que cette école servait surtout pour torturer les opposants. Et pour faire parler les prisonniers, les méthodes de tortures ne manquaient pas. La plus connue d’entre elles était de menacer les enfants des prisonniers. Pour les femmes enceintes, on leurs enlevait leurs enfants. Ces enfants appelés « desaparecidos » (disparus) qui encore aujourd’hui ne connaissent pas l’identité de leurs parents. Ceci étant, encore de nos jours, certaines familles réussissent à retrouver leurs enfants même après 36 années passées (comme vous pouvez le lire en cliquant sur cette article).

Ainsi, pour rendre symbolique le lieu, il a été décidé de donner au lieu le nom de l’écrivain Haroldo Conti mort au début de la dictature en 1976 dans ce lieu même.

Le musée aujourd’hui

Ce musée retrace, par l’intermédiaire de documents d’archives et de photos, cette page historique de l’Argentine. De nombreux expositions temporaires et séminaires toujours en lien avec ce devoir de mémoire de l’Argentine sont proposés. Par exemple vous pourrez assister en ce moment à l’exposition « Seminario Internacional políticas de la Memoria » qui met en avant des peintures, documents d’archives ou encore audio qui témoignent des actions orchestrées par le gouvernement argentin sous la dictature.

Il était par exemple relativement fréquent que les officiers argentins fassent parler les prisonniers à coup de décharges électriques. C’était plus communément appelé la Picana eléctrica. Des décharges électriques étaient envoyées directement sur les parties les plus sensibles du corps humain. Heureusement ces agissements n’auraient duré pas plus de 5 ans et se seraient stoppés en 1983.

De plus, le musée a également une bibliothèque qui a pour but d’offrir de nombreux ouvrages sur le passé de l’Argentine. Cette bibliothèque ravira les plus férus d’histoire.

 

Borges (célèbre écrivain argentin) serrant la main de Videla – Source : Wikipedia

De très nombreux parcours pour les écoles sont également prévus à l’intérieur du musée. Par exemple vous pourrez vous rendre dans la partie réservée à Harold Conti. Vous aurez l’occasion de lire ses textes, ses cartes écrites à ses amis ainsi que des documents historiques et des projections audiovisuelles sur sa vie, 41 ans après sa mort.

Si vous voulez en connaître plus sur les pages sombres de l’Argentine, n’hésitez pas à vous rendre dans ce musée historique. Emotions garanties.

Ouvert au public du mardi au vendredi de 12h à 21h et le samedi de 11h à 21h. Entrée gratuite.

 


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