Aujourd’hui révisons ! Je vais vous parler de deux lois qui ont fait beaucoup parler d’elles ces dernières années et dont on entend encore beaucoup parler de nos jours. Elles sont si connues qu’on pourrait presque dire qu’elles constituent une partie du patrimoine ou de l’histoire du pays. Essayons de les comprendre en quelques mots.

Photo : Manifestation en faveur de la ley de medios – Flickr blmurch

1) La Ley de Medios (ou « loi n°26 522 des services de communication audiovisuelle »)

Contexte : Cette loi fut passée sous l’ère et l’initiative de Cristina Kirchner en 2009 et a provoqué beaucoup de remous, si bien que même les médias internationaux suivaient l’affaire. Le bras de fer entre le grand groupe d’audiovisuel Clarín, alors en situation quasi-monopolistique, et la présidente Cristina a été au cœur du débat : le gouvernement voulait casser cette situation monopolistique et améliorer la qualité de l’offre audiovisuelle, notamment en déclarant comme bien publique (donc non cessible et seulement louable) les fréquences des ondes radios et télévisées et en limitant le nombre de licences que peut exploiter chaque groupe audiovisuel.

Les deux camps se sont donc accusés mutuellement de volonté de censure de l’audiovisuel. L’opinion publique s’est principalement ralliée à la cause de cette loi, allant jusqu’à manifester son soutien dans les rues. Finalement, la loi fut passée avec succès. Epilogue : en 2013, après appel de Clarín, la Cours Suprême de Justice argentine a déclaré constitutionnelle, donc valable, cette loi, entérinant définitivement son application.

Photo : Inforgraphie montrant les possessions du groupe Clarín : cela va bien au-delà du simple quotidien 

Le but : réformer la législation sur le monde des médias qui datait de la dictature militaire. Accorder des quotas pour les productions nationales et les productions du service public ou des associations à but non lucratif.
Quand : loi promulguée le 10 octobre 2009
Résultat du vote : Chambre des députés : 147 voix pour – 1 abstention – 4 contre. Sénat : 44 voix pour – 22 contre.

2) La Ley de Abastecimiento (littéralement « loi de l’approvisionnement »)

Photo : Marché de San Telmo – Buenos Aires – Flickr lauromaia  

Contexte : Cette loi est un peu plus délicate à comprendre car il faut auparavant avoir une idée de la situation économique très spéciale du pays. En bref, le pays, malgré avoir mené (subi?) une politique économique ultra-libérale pendant la décennie 1990, avec l’application des directives de l’OMS et du FMI, de plans d’ajustements structurels et l’ouverture forcée aux capitaux étrangers, connait toujours une inflation très forte (40% prévu sur l’année 2014!).

Par conséquent, la situation économique est instable, ce qui décourage les investisseurs. Les prix des marchandises varient fortement, et les spéculateurs peuvent effectuer de juteux profits en profitant de la situation. Bien que votée dès 1974, la ley de abastecimiento, qui prévoit un contrôle des prix du marché par le gouvernement, est encore au coeur des débats de nos jours, la situation économique étant toujours instable et de nombreuses forces plaidant pour son abolition, notamment les PME argentines, qui en souffrent beaucoup.

Le but : permettre à l’exécutif, le gouvernement, de faire de l’interventionnisme économique en fixant des prix maxima de vente pour les produits de consommation courante. La loi veut contrer les pratiques anticoncurrentielles en permettant au gouvernement de réguler le marché, pour éviter notamment les spéculations et les pénuries.
Quand : Le 20 Juin 1974.

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