La UBA (Université de Buenos Aires) a mis en place il y a 30 ans le programme UBA XXII, dont l’objectif est de promouvoir l’éducation en prison. Les détenus peuvent ainsi avoir accès à tout type de formation académique (basique à supérieure) selon leur niveau d’étude à l’entrée, une chance unique dans un contexte d’enfermement. Les résultats sont très positifs.

Source : iuvalladolid.org

UBA XXII c’est quoi ?

Le programme UBA XXII a été crée en 1985. Depuis cette date, 3000 prisonniers ont pu bénéficier de ce programme et plus de 500 ont été diplômés !  Les prisonniers peuvent suivre des études de comptabilité, droit, lettres, psychologie, sociologie. Des ateliers et des activités éducatives complémentaires ont également été mises en place. Aujourd’hui en Argentine, 48% des prisonniers n’ont pas accès à l’éducation selon la SNEEP (Système National de Statistiques concernant l’Exécution des Peines). Ce chiffre tombe néanmoins à 14% dans les prisons dépendant de la capitale fédérale.

L’importance de l’éducation en prison

Une étude réalisée par la Faculté de droit de la UBA et la Procuration Pénitentiaire de la Nation (PPN) a révélé que sur les 132 inscrits au programme en 2013, 84% n’ont pas commis d’autres délits par la suite. C’est-à-dire que plus de 8 détenus n’ont pas eu d’autres ennuis avec la justice après avoir suivi une formation en prison. En outre, l’accès à l’éducation permet de rompre avec la logique d’isolement carcéral en proposant un espace d’échange et de savoir collectif. L’éducation en prison permet aux détenus de poursuivre leur formation, qui pour la plupart est très élémentaire. Aujourd’hui, environ 70% des prisonniers en Argentine ont un niveau collège,  23% ont un niveau lycée et moins de 2% ont fait des études supérieures.

La législation sur l’éducation en prison en Argentine

L’éducation pour tous est un des principes de la Constitution nationale en Argentine, mais il existe également une législation concernant les contextes pénitenciers. La Ley de Estímulo Educativo (Loi de stimulation éducative) a en effet été votée en 2011. Elle permet une réduction de la période d’incarcération pouvant aller jusqu’à 20 mois, à condition que le détenu suive une formation éducative ou professionnelle, partielle ou totale.


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