Le 25 mai en Argentine se célèbrent les événements de la Révolution de Mai 1810, tournant de l’histoire en Argentine. Mais savez-vous réellement comment s’est passée la sécession?

C’est près de trois siècles après l’arrivée de Juan Diaz de Solis, premier européen (espagnol) à aborder l’Argentine, que le peuple argentin redevient indépendant le 25 mai 1810. Mais avant ça, découvrons quelques anecdotes historiques depuis l’époque de la « Conquista ».

Histoire

JSanMartin

Source Wikimedia – Général San Martin

C’est en 1516 que Juan de Solis découvre le Rio de la Plata – le plus grand estuaire au monde- et en prend possession au nom du Roi d’Espagne. Il l’appellera alors « Mar Dulce », mer d’eau douce en Français. Il sera cependant très rapidement tué par des Indiens, premier peuple établi en Argentine qui s’y était installé depuis 16 000 avant J.-C. !

Son équipage rentrera néanmoins sain et sauf en Espagne et suscitera l’envie de nombreux navigateurs de découvrir ce Nouveau Monde encore trop peu connu.

De nombreuses expéditions convergent alors : celle de Sebastian Cabot, obnubilé par la découverte de métaux précieux, qui donnera d’ailleurs le nom de « Rio de la Plata », ce qui veut dire rivière d’argent en français. Pedro de Mendoza débarque également, avec une force de près de 1200 hommes et 100 chevaux. Enfin, celui-ci laissera sa place à Domingo Martinez de Irala qui organisera la première colonie permanente du delta.

Faute de femmes espagnoles, Irala encourage les mariages interraciaux avec les indiennes, ce qui envenimera la situation avec les autochtones qui finiront par massacrer une partie de ses hommes.

Malgré ces déboires, la colonie finit par avoir la main mise sur tout un territoire s’étendant de l’Uruguay actuel au fleuve Paraná. Quelques années suffiront aux espagnols pour investir toute cette étendue jusque dans la Pampa, impulsant ainsi l’élevage bovin en Argentine.

Dès 1580, Juan de Garay, vétéran basque de la conquête du Pérou, s’établit à Buenos Aires. Il décide pour sa part de former les colons à l’agriculture plutôt que d’assujettir les autochtones et de les exterminer. Le Vice-Roi du Pérou obtient alors tout le bénéfice de ses exploitations en Amérique du Sud, sauf le Brésil, appartenant aux Portugais suite au partage du monde décidé par le Pape quelques années auparavant.

C’est alors que les Jésuites, missionnaires européens, assurent le développement de toute la partie nord du pays au sein de la nation Guaraní. En parallèle, les Anglais et Hollandais font fortune, notamment grâce à la traite des noirs.

La création de la Vice-Royauté du Rio de la Plata

Les frontières étant jugées comme « floues », Philippe III d’Espagne divise la gestion des terres de l’extrémité américaine en deux gouvernements: celui du Paraguay et celui du Río de la Plata. La Couronne fait alors expulser les jésuites : les missions se démantèlent et plus de 100 000 indiens sont sédentarisés dans la forêt.

Vers l’indépendance

Depuis l’épisode colonisateur, Buenos Aires connaît enfin une période de prospérité et d’échanges avec l’Europe au début du XIXème siècle. Les Philosophes des Lumières témoignent également de la situation auprès des Européens, qui réagissent et prennent conscience que l’Espagne n’a plus aucun droit d’oppression ou de possession sur ce territoire.

En 1806, une force anglaise de 1600 hommes débarque sous le commandement de Sir Home Popham. Une résistance s’organise alors autour d’un soldat d’origine française, Liniers, avec l’aide financière d’un marchand espagnol et d’un Argentin, Rivadavia, qui deviendra président par la suite.

Les Créoles (Criollos) obtiennent la victoire à deux reprises et le 12 août de la même année, le peuple de Buenos Aires chasse les Anglais de la ville. La déroute militaire des Anglais sera un véritable tournant, marquant la fin de la période coloniale du pays.

Dans ce Nouveau Monde, la fièvre indépendantiste gagne du terrain et le 18 mai 1810, à Buenos Aires, une assemblée d’hommes armés obtient la démission du Vice-Roi et la convocation du Cabildo ouvert. Une semaine plus tard, une nouvelle junte de neuf créoles gouverne, soit-disant au nom du Roi d’Espagne, pourtant exilé par Napoléon (s’étant emparé de l’Espagne quelques années auparavant).

Depuis cette date, plus aucun représentant espagnol n’a siégé à Buenos Aires

Malgré la proclamation de l’indépendance, des conflits violents éclatent entre les Créoles et les Espagnols. Ainsi périssent les libérateurs de Buenos Aires, Liniers et Martin Alzaga. Le général San Martin constituera alors une garde pour expulser tout pouvoir espagnol sur le continent sud-américain.

plaza san martin

Source FlickR

Deux années plus tard, le Général San Martin crée donc un régiment de grenadiers pour lutter contre les troupes coloniales encore présentes dans la partie Ouest du pays (Mendoza- Andes Centrales). Il orchestre également une incroyable expédition vers le Pérou : d’abord la traversée des Andes accompagné de sa garde pour libérer le Chili, puis un départ depuis le port de Valparaiso vers les côtes péruviennes. « Le Père de la Patrie Argentine » proclame alors la Juga de la Independencia avec les députés des différentes provinces du Pérou.

Où fêter l’indépendance aujourd’hui?

Un peu partout dans le pays, des rassemblements ont lieu autour des statues érigées en l’honneur du Général San Martin.

Sachez tout de même que si vous ne pouvez pas vous rendre aux défilés, vous pourrez toujours participer aux festivités qui auront lieu le 9 Juillet prochain, date anniversaire de la déclaration officielle de l’indépendance Argentine ayant eu lieu pour sa part en 1816.


Liens utiles pour fêter l’indépendance comme il se doit 

C’est le moment de goûter le locro, plat typique à déguster pour ce jour de fêtes
Recette argentine : comment faire un locro?

Petit rappel sur les jours fériés en Argentine
Le Calendrier des jours fériés de 2017 en Argentine

Puis, pour finir un peu d’histoire pour tout savoir sur le « Père de la patrie », le Général San Martin
Général José de San Martín