Souvent comparée à Andy Warhol, avec qui elle a d’ailleurs collaboré en 1965 , Marta Minujín est une icône du pop art en Argentine. Découvrez l’histoire et les oeuvres phares de cette artiste haut-en-couleur qui,  à 73 ans, ne cesse de surprendre et d’entreprendre…

Marta Minujín

Marta Minujín – Photo : Wikimedia

Une porteña comme on les aime

Marta Minujín est née en 1943 à Buenos Aires. Elle a étudié les Beaux-Arts dans la capitale et à Paris pendant les années 60. Elle y a aussi travaillé ainsi qu’à New-York grâce à la bourse Guggenheim. Son art est varié, ne rentre pas dans une case… Tout comme elle, personnage qui se définit comme le “Robin des Bois de l’art”.

Elle n’a jamais vendu son art jusqu’à l’âge de 40 ans pour ne pas devenir esclave du marché. Touche-à-tout, avant-gardiste, conceptuelle, plastique, psychédélique… Marta Minujín ne s’embarrasse pas des normes pour faire passer ses idées. Elle est un pur produit de la “Open Generation”, la génération des baby-boomers possédant cette volonté de révolutionner les conventions en formant une contre-culture. Elle explique dans un entretien au Tateshots qu’il faut tout apprendre et ensuite, désapprendre. Ce n’est pas pour rien qu’elle a appelé sa première oeuvre notable La destrucción, performance parisienne où elle invita les artistes participants à détruire les œuvres d’art à la fin.

“ Tout est art ”

Paradigme de sa génération, l’art de Marta est coloré et transgressif. Elle aime notamment à s’emparer des mythes nationaux pour les “démystifier” et les rendre plus accessibles. En 1981, elle a, par exemple, sculpté le fameux musicien Carlos Gardel et a mis feu à sa sculpture. Elle a aussi créé en 1979 une reproduction de l’Obélisque de la capitale avec des pains au lait ou encore un parthénon formé par des livres interdits sous la dictature militaire sur l’Avenue 9 de Julio. Ses happenings ont fait d’elle un personnage éminent à Buenos Aires. En collaboration avec Rubén Santantonín, elle avait même reproduit la capitale en 1965 d’un point de vue artistique, La Menesunda. Elle consistait alors en un circuit composé de 16 environnements que les visiteurs devaient parcourir par groupes de 8 personnes à la fois. En les traversant, les individus se confrontaient à diverses situations et expériences loufoques qui pouvaient leur rappeler la ville folle.

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Elle travaille désormais depuis son atelier du quartier de San Cristóbal mais ne manque pas de projets plus fous les uns que les autres…. Elle a notamment imaginé de lancer un ballon de football géant fait de dulce de leche (la fameuse confiture de lait argentine) sur le stade de football de La Boca. Les spectateurs pourraient ainsi le manger à la fin de la performance mais les dirigeants, plus frileux qu’elle, n’adhèrent pas vraiment à l’idée par crainte d’endommager la pelouse…


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