La cour suprême des Etats Unis a contraint l’Argentine à rembourser ses dettes aux « fonds vautours » américains qui ont refusé de voir leur créances dévaluer de 70% de leur valeur initiale. L’Argentine s’apprête-elle a revivre un épisode semblable à celui de 2001 ?

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Etat des lieux, mise au point et explications

Avec la faillite de l’État en 2001, l’Argentine s’est vue emprunter d’importantes sommes d’argent a des fonds financiers, majoritairement américains. En 2005 et 2010, l’Argentine avait scellé un accord avec la quasi-totalité (93%) de ses créanciers privés, qui ont accepté une décote de près de 70% de leurs titres. Ils ont obtenu 30 milliards de la part de l’Argentine sur 90 milliards de dettes.

Mais alors, à qui la faute ?

D’inflexibles fonds spéculatifs, NML Capital et Aurelius Management, refusent cette décote et demandent le remboursement de la totalité de leurs créances, majorées d’intérêts. En 2013, la cour d’appel de New York leur a donné raison. Elle a condamné l’Argentine à rembourser 1,47 milliard de dollars à ces fonds dits «vautours», car ils spéculent en rachetant des dettes de pays à risque, à prix cassés. Si les autorités argentines s’en tiennent à cette position, le pays pourrait se trouver en situation de défaut dès le 30 juin, lorsque les obligations régies par le droit de New York arriveront à échéance.

Plongeon Boursier

En réaction à cette décision de la Cour américaine, les marchés financiers argentins ont dévissé. L’indice Merval de la Bourse de Buenos Aires a plongé de plus de 10 % en réaction, entraînant dans son sillage les autres places latino-américaines. Le risque sur la dette argentine, mesuré par l’indice JP Morgan EMBI+ a, lui, bondi de plus de 100 points de base. Dans les transactions non officielles, le peso argentin a chuté de plus de 2,30 % par rapport au dollar.

Malgré une déclaration télévisée de la présidente Cristina Kirchner pour rassurer le peuple Argentin, une menace réelle pèse sur le pays qui, a peine 10 ans après sa faillite, s’apprête à revivre une situation économique complexe.