En novembre 1929, Antoine de Saint Exupéry inaugurait la ligne aérienne de Patagonie à l’aide d’autres pilotes Argentins pour l’Aeroposta Argentina filiale de l’Aéropostale française. À son retour à Buenos Aires il écrit « Vol de Nuit » de 1929 à 1930, son voyage en Argentine lui aurait aussi inspiré certaines images du Petit Prince. Retour sur les étapes de son aventure.

« La terre était tendue d’appels lumineux, chaque maison allumant son étoile face à l’immense nuit »  (A. de Saint Exupéry, Vol de nuit)

Une île qui inspira l’écrivain du Petit Prince, source : margacastillo

Le départ de Bahía Blanca

Le vol inaugural commence à Bahía Blanca, la porte d’entrée de la Patagonie  le 1er novembre 1929.  On trouve aujourd’hui dans cette ville un petit musée de l’Aeroposta dans la cabane où dormaient les pilotes. Immenses paysages de terres infinies, ici commence la traversée de l’interminable Patagonie.

Jusqu’à la prochaine escale, les paysages passent du vert au rouge, du blanc et bleu des lacs de sel puis entrecoupés d’oasis le long des rives des fleuves tels que le Río Negro. Arrivé à San Antonio Oeste, c’est un village coupé du monde que l’on trouve. Le petit aérodrome du village rend hommage au pilote en portant le nom de Saint Exupéry.

Aeroposta Argentina – Wikipédia

La région de la péninsule de Valdés

Plus au Sud ensuite, dans la Péninsule de Valdés on peut observer des baleines, des vols de flamants roses ou des guanacos apparentés aux lamas. On voit surtout une petite île en forme de chapeau, l’île aux oiseaux,  qui aurait servi d’inspiration à l’écrivain pour le dessin du Petit prince (celui du boa qui digère un éléphant). Prochain arrêt à Trelew où le pilote fait escale à l’hôtel Touring Club. On y trouve d’ailleurs son portrait.

Saint-Exupéry raconte qu’il a trouvé « des bandes de milliers de phoques« , c’est en effet ce que l’on observe à Punta Tombo, qui abrite aussi la plus grande colonie de manchots de Magellan au monde.

La Patagonie australe 

« À mesure que l’on s’enfonce vers le sud, le froid, l’isolement, resserent mieux les hommes » A. De Saint Exupéry. 

Encore plus au Sud vers Comodore Rivadavia, cité pétrolière, ce sont des bourgades isolées du monde que l’on trouve. Le train et les lignes aériennes ayant cessé de fonctionner, les habitants du village n’ont que la mer pour travailler, récoltant les calamars et les langoustines. Pourtant, lorsque Saint Exupéry arrive en 1929, il est reçu comme un sauveur. Il écrit « Il fallait autrefois 10 jours aux colons de Patagonie pour rejoindre leur capitale. Et nous ramenions brusquement leur solitude à un jour de Buenos Aires… » . Les habitants lui plaisent, ils ont une tenacité qu’on ne trouve plus ailleurs.

À San Julián, petit port dans la région de Santa Cruz, où Magellan débarqua en 1520, Saint exupéry s’émerveille du « sens de l’entraide » et de la « sérénité » qui règnent parmi les habitants. Dernière étape au bout du monde dans la ville de Río Gallegos, la plus grande de Patagonie Australe, où ce voyage aérien de 2500 kilomètres prend fin. Il est temps de repartir à Galería Güemes, à Buenos Aires, où le pilote va rencontrer Consuelo, sa future femme, représentée par la rose dans le Petit prince.

« Être ici un homme simple, qui regarde par la fenêtre une vision désormais immuable » (Antoine de Saint Exupéry, Vol de Nuit)

Vous avez aimé cet article? A lire sur le même sujet