Les murs de la capitale argentine sont bien souvent recouverts de peintures murales. En effet, la « capitale internationale du street art« , comme aiment souvent l’appeler les adeptes de la discipline, regorge de fresques murales dont la signification varie du symbole politique aux souvenirs de l’histoire argentine. Et cette culture de la peinture murale se retrouve également dans les souterrains porteños. On retrouve dans chaque station des fresques dont la signification est bien particulière et toujours différente.
En collaboration avec la ville de Buenos Aires, les artistes les plus talentueux du pays sont invités à peindre les murs du « subte » métro– de la capitale. Depuis le premier janvier 1994, c’est l’entreprise Metrovías, sous contrat avec le gouvernement, qui s’occupe d’animer les souterrains de Buenos Aires. Au-delà des peintures murales, Metrovías organise des évèvenements culturels dans le subte comme par exemple des shows musicaux (jazz, hip hop…).

Peinture murale - Almagro

Peinture murale – Photo : Wikipédia

Les stations de métro emblématiques pour leurs peintures murales

Les plus anciennes : les lignes A et B

Ce qui est aujourd’hui la ligne A du métro de Buenos Aires a été construite en 1909. Avec la ligne B, ce sont les plus anciennes mais pour autant, ce ne sont pas celles qui comportent le plus de peintures murales. Cependant certaines stations de ces lignes sont emblématiques. Par exemple, la station Carlos Gardel, du nom d’un des pères du Tango sur la ligne B, contient de nombreuses peintures murales dont l’auteur est Marino Santa María. Réalisé en mosaïque, le portrait du célèbre chanteur est admiré par de nombreux voyageurs chaque jour. Selon Verónica López Quesada de SBASE (Les souterrains de Buenos Aires) « Ces peintures sont réalisées dans l’idée de se fondre dans le paysage habituel, afin d’améliorer le quotidien des usagers« .

Station Carlos Gardel - Almagro

Station Carlos Gardel – Photo : Wikipédia

Sur la Ligne A, pour fêter le Bicentenaire de l’Indépendance de l’Argentine, la ville de Buenos Aires a invité Carlos Nine à peindre des tableaux à la station Congreso. Les 5 tableaux représentent l’Argentine depuis sa naissance. Ce clin d’oeil culturel pour fêter l’indépendance du pays marque un peu plus son histoire et permet de transmettre cette dernière de génération en genération.

Entre les stations Perú (A) et Catedral (D), une fresque du célèbre Quino représentant Mafalda s’étend sur 15 mètres de long et 1,5 mètres de hauteur. Différente des peintures murales par son style de bande dessinée, l’oeuvre de Quino se fond dans le paysage du subte en ce qu’elle est à part entière un morceau de culture du peuple argentin.

Les liges C, D et E

Comme une thématique, les lignes D et E du metro de Buenos Aires contiennent des peintures murales faisant référence aux coutumes argentines, tandis que la ligne C contient des oeuvres qui rapportent à l’histoire espagnole.

Sur la ligne D du métro, on trouve à Plaza Italia deux oeuvres de Benito Quinquela Martín. Ce peintre originaire de La Boca est une figure de la peinture argentine, connu pour ses peintures de la vie portuaire. On retrouve également à Catedral, sur la ligne D, des peintures de l’histoire de la société argentine entre 1830 et 1930. Pour les fans de football et plus particulièrement de Leo Messi, sachez que la station José Hernandez lui est entièrement dédiée.

Les peintures murales de la ligne C du métro de Buenos Aires sont dédiées à la culture commune espagnole et argentine. De ce fait, si vous faites un arrêt à Avenida de Mayo, vous pourrez observer une grande peinture murale en hommage à la fraternité entre les deux pays.

Station Avenida de Mayo - Almagro - peintures

Station Avenida de Mayo – Photo : Wikipédia

La lutte contre les graffitis

En réalité, les peintures murales que l’on peut voir dans les Subte sont réalisées par des professionels qui sont souvent des personnages connus et emblématiques : Quino, Quinquela Martín, etc. En effet, si Metrovías promeut les peintures murales, l’entreprise se bat contre les graffitis souterrains. Le 16 mai 2014, un groupe de personnes a été pris en train de « tagguer » les wagons du subte de la ligne D. La ville de Buenos Aires a considéré cela comme un acte de vandalisme et un des auteurs des graffitis a été forcé de réaliser des travaux d’intéret général.

Un an plus tôt, SBASE avait mis en place un « plan d’améliorations » qui visait à améliorer le confort des usager du Subte. Dans ce plan, SBASE prévoyait d’effacer les graffitis présents dans les stations et d’installer des caméras de sécurité pour lutter contre le vandalisme. Ainsi, SBASE agit réelement contre le graffiti dans le métro qui est considéré, à l’inverse des peintures murales, comme salissant le paysage public.

En conclusion, le graffiti est lui-même considéré comme un vandalisme. La ville de Buenos Aires se félicitait en fin 2015 sur Twitter d’avoir « réduit de moitié le vandalisme dans le métro de la capitale » accompagné d’une photo d’un wagon nettoyé des graffitis.

Graffiti dans le subte - Almagro

Graffiti dans le subte – Photo : Wikipédia


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