D’ici début 2018, devrait ouvrir ses portes le premier hôpital Mapuche ! L’objectif de cet établissement est de combiner la médecine institutionnelle traditionnelle et la médecine Mapuche. En effet, depuis plusieurs années, des scientifiques constatent les bienfaits de la médecine Mapuche et souhaitent la mettre en avant. De ce fait, les patients pourront choisir le type de médecine qu’ils souhaitent pour se soigner ! Ranguiñ Kien sera le premier hôpital Interculturel d’Argentine !

 Le futur Ranguiñ Kien – Wikimedia Commons

L’idée de scientifiques

La construction du Ranguiñ Kien est selon Fabián Gancedo, directeur de l’hôpital de Aluminé « le produit de 15 ans d’expérience aux côtés des communautés Aigo et Huenguihual ». L’idée est de créer une relation entre la biomédecine et la médecine Mapuche. Chacune de ces médecines avec ses propres valeurs et techniques, a pour objectif de se complémenter. Prendre les bonnes choses de chaque technique et les combiner pour permettre au patient de se soigner plus rapidement. Ce centre hospitalier interculturel serait bien évidemment ouvert pour tous. Enfants, adultes, issus d’une communauté ou non, tout le monde peut profiter de ce nouveau concept. Aussi, les membres de la communauté mapuche auront enfin un endroit pour bénéficier de leur médecine traditionnelle.

Ce type d’établissement a déjà été testé au Chili et est une réelle réussite. Le médecin Facundo Cornejo, nous explique que ce projet est le fruit d’une coopération de nombreux acteurs. Médecins, scientifiques, membres des communautés, naturalistes se sont réunis afin de mettre en oeuvre le Ranguiñ Kien. Cet hôpital permettra aussi de promouvoir la médecine Mapuche et mettre en avant ses bienfaits.

Construction de Ranguiñ Kien

La construction de l’établissement a commencée en 2011. Il s’appellera Ranguiñ Kien. Cela signifie « Demi Lune » en mapuche. Ce nom est très révélateur de la médecine mapuche puisqu’ils considèrent la lune comme sacrée, et la regardent pour soigner les malades. C’est pour cela que le batiment de l’hôpital sera en forme de demi-lune. Situé dans la province de Neuquén, le projet coûtera environ 3,280 millions de pesos. L’organisation de l’hôpital a du être pensée pour permettre aux deux médecines de se complémenter. En effet, la demi-lune est orientée en direction de l’est afin de répondre aux besoins de la médecine mapuche.

Une des questions importantes de la construction du Ranguiñ Kien, était l’orientation des lits des malades. Il y a en effet une différence entre la culture occidentale et la culture traditionnelle mapuche. Dans la culture traditionnelle mapuche, les lits sont disposés en direction de l’est. Alors que dans la culture occidentale les lits sont en direction de l’ouest, c’est à dire que les patients regardent en direction de la cordillère. Toutefois, pour la culture Mapuche, l’esprit de la mort va dans cette direction, et passe derrière la cordillère des Andes. Disposer un lit dans cette direction serait donc prédisposer le malade a mourir et suivre l’esprit de la mort ! Pour permettre aux patients de se soigner, les lits ont donc été orientés en direction de l’est.

Médecine Mapuche – Wikimedia Commons

La médecine Mapuche

Selon Loncón, de la Confédération des Mapuches de Neuquén  » la médecine occidentale sépare tout; l’homme de la nature, la culture de la nature. » Alors que pour la médecine mapuche, l’unité de ces éléments est essentielle pour soigner des malades. Selon lui, soigner de manière naturelle est bien plus efficace qu’utiliser des produits issus d’une combinaison chimique. Chaque mapuche est possesseur du force spirituelle, que ce soit d’un arbre, d’une pierre ou d’une étoile. Ils peuvent utiliser cette force à travers des plantes pour permettre de découvrir l’origine de la maladie. La médecine mapuche est beaucoup plus spirituelle que physique. De ce fait, elle se noue parfaitement avec la médecine occidentale !

Les fondamentaux de la médecine mapuche se définissent en 4 types d’herbes curatives. Les weychafeke lawen (plantes fortes), les füshku lawen (plantes douces), les reke lawen (variétés de plantes natives de la région mais difficiles à obtenir), et les rukake lawen (d’usage commun). Toutes ces plantes peuvent être utilisées sous forme de cataplasme ou d’infusion. Pour utiliser ces plantes de la meilleure manière, les soigneurs mapuches (machis) doivent les cueillir dans leur habitat naturel, et leur demander s’ils peuvent extraire un les forces de la plante. C’est pour cela que l’hôpital disposera d’un espace pour planter ces plantes comme dans leur habitat naturel.


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