Papel Prensa est une entreprise créée dans les années 1960, en lien étroit avec l’Etat, dont le but premier était de rendre le pays autosuffisant en matière de production de papier journal, afin ne plus avoir besoin de l’importer à un prix plus élevé. Cependant en 2011, l’Etat et les deux grands journaux Clarín et La Nación sont entrés en conflit et ont recours à la justice dans le cadre de l’affaire « Papel Prensa ». Que s’est-il passé pour en arriver là ?

Papel PrensaPhoto : Youtube

L’affaire Papel Prensa ?

Papel Prensa est une entreprise dédiée à la production de papier journal. Pendant plusieurs années, le papier journal était importé. Pour cette raison l’objectif, atteint en 1978, fut de substituer la production locale aux importations de papier journal. Aujourd’hui Clarín possède 49% des parts de l’entreprise, La Nación 22 % et l’Etat 27%.

L’Etat en 2011 a accusé Clarín et La Nación de deux choses. La première accusation porte sur l’acquisition de l’entreprise Papel Prensa. En effet, l’Etat en 2011 pointait du doigt l’acquisition frauduleuse de Papel Prensa par La Nacion et Clarin, en connivence avec la dictature militaire de 1976 . De plus, l’Etat reproche aux deux grands journaux d’exercer une concurrence déloyale envers les autres journaux du pays, puisque ce sont en effet Clarín et La Nación qui détiennent Papel Prensa, l’entreprise qui fournit le papier journal aux concurrents.

Le nerf de la guerre

Qu’en est-il de l’acquisition de l’entreprise Papel Prensa ? En réalité cette acquisition paraît frauduleuse. L’entreprise Papel prensa, avant son rachat par Clarín et La Nación, était détenue par Graiver. A la mort de ce dernier en 1976, son épouse Lidia Papaleo fut dans l’obligation de vendre l’entreprise, étant donné les finances de cette dernière. Cependant, plus tard, Lidia Papeleo déclarera qu’elle a vendu son entreprise pour des raisons financières mais également sous la pression des deux grands journaux. De ces nombreuses déclarations, ce qui est certain c’est que les deux grands journaux ont été proches de la dictature militaire, les années sombres de l’histoire de l’Argentine.

De leur côté, Clarín et La Nación accusaient le gouvernement de vouloir prendre le contrôle de la presse. En effet ils considéraient subir des « accusations infondées » de la part de Cristina Kirchner. Pour les deux grands journaux, la présidente voulait les censurer et à terme prendre le contrôle de la presse.