L’organisation politique de la République argentine est fondée sur la forme représentative, républicaine et fédérale de gouvernement, consacrée dans la Constitution adoptée à Santa Fe le 1er mai 1853. Si le pays dispose d’un système assez similaire à celui de la France par de nombreux aspects, son système fédéral diffère et se doit d’être expliqué pour y voir un peu plus clair…

La Casa Rosada – Flavien Cousin

Vingt-trois provinces et une cité autonome

Chacune de ces provinces édicte sa propre constitution, dans laquelle elle assure son administration de la justice et son autonomie municipale et définit les modalités de son organisation institutionnelle, politique, administrative, économique et financière. Elles sont dirigées par un gouverneur et un vice-gouverneur élus pour quatre ans au suffrage universel direct.

Les provinces disposent donc d’une indépendance assez importante et peuvent notamment conclure leurs propres traités internationaux, dans la mesure où ils n’interfèrent pas avec la politique extérieure du pays. Les provinces ne peuvent cependant pas créer leur propre monnaie ni conclure de traités à caractère politique par exemple. Cette indépendance des gouverneurs de province donne donc régulièrement lieu à des petits conflits, désaccords, entre le gouvernement fédéral basé à Buenos Aires et les gouverneurs locaux. En effet, ces derniers n’hésitent pas parfois à désobéir aux consignes nationales pour préférer leurs propres solutions.

Le Congreso de la Nación Argentina

 Le Congrès est l’organe qui dispose du pouvoir législatif en Argentine, de la même manière qu’en France.

Il regroupe deux organes :

  • Le Sénat, composé de 72 sénateurs, soit 3 par province, a pour but principal la représentation de ces provinces et est présidé de droit par le vice-président de la Nation (actuellement Amado Boudou). Par ailleurs les mandats durent six ans et sont renouvelables par tiers tous les deux ans.
  • La Chambre des députés, composée de 257 députés élus également par province, avec un nombre de députés proportionnel à la taille de la province. Les mandats durent 4 ans et sont renouvelables par moitié tous les deux ans. Le président actuel est Julián Domínguez, député de la province de Buenos Aires. Les dernières élections ont eu lieu le 27 Octobre 2013 et c’est le parti de la présidente Christina Kirchner, le Parti pour la Victoire qui a remporté l’élection en conservant la majorité des sièges, même si cette majorité est moins nette qu’auparavant.

Pouvoirs exécutif et judicaire

L’organe exécutif, qui gère la politique courante de l’Etat et l’application des lois, est composé du chef de l’Etat (ou président), qui est également le chef du gouvernement en Argentine et qui est élu au suffrage universel direct et obligatoire pour un mandat de 4 ans, renouvelable une fois. Depuis 1 an, c’est Mauricio Macri qui occupe ce double poste.

En revanche, l’organe judiciaire est représenté par la Cour Suprême, ou Corte Suprema, soit 9 juges nommés par le président.

Les principaux partis politiques 

Ils existent de très nombreuses forces politiques en Argentine, qui changent de nom, s’unissent ou disparaissent en permanence. De plus, ces divers partis forment des coalitions plus ou moins changeantes selon les types d’élections et les enjeux. Néanmoins, voici les principaux partis politiques et coalitions du moment :

Juan Domingo Perón – Wikimedia

Le Parti Justicialiste (PJ) ou péroniste 

Fondé par le général Juan Perón en 1945 est le grand parti politique historique de l’Argentine. Il change plusieurs fois de nom et se présente en 1976 sous l’étiquette de Mouvement nationaliste justicialiste. Principal mouvement de masse argentin, il regroupe plusieurs tendances de gauche et de droite. Aux élections de 2005, le Parti justicialiste se scinde en deux factions pour créer le Front pour la victoire.

Le Front pour la Victoire 

Il s’agit d’un parti de centre-gauche. Ancienne faction du Parti justicialiste il s’est allié à de petits partis et gagne la majorité dans les deux chambres du Congrès aux élections législatives de 2005. Cristina Fernández de Kirchner, leader du mouvement dissident, remporte les élections présidentielles en 2007 et 2011.

Le Parti Radical

Le Parti Radical ou l’Union civique radicale, est fondé en 1890 par Leandro N. Alem. Il regroupe des libéraux centristes et des sociaux-démocrates. Il est le principal parti d’opposition au PJ.

La Coalition Civique 

C’est une formation issue des rapprochements entre l’Affirmation pour une République égalitaire et le Parti Socialiste. Fondée par Elisa Carrió, la candidate participe et se place deuxième à la présidentielle de 2007, mais ne récolte que 3,22 % des suffrages à celle de 2011.

La Proposition républicaine (PRO)

C’est une coalition de partis argentins de droite dissidents du péronisme, fondée en mai 2005, qui rassemble  » Compromiso para el Cambio « ,  » Recrear para el Crecimiento  » et le  » Parti fédéral « .

 Pour en apprendre encore plus sur l’Argentine et son organisation politique, vous pouvez également vous rendre ici !


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