Les 140 000 édifices de Buenos Aires, construits avant 1941, pourraient disparaitre demain. Voici ce qu’assure Antonio Ledesma, directeur général de Interpretación Urbanística, si la loi sur la protection du patrimoine historique et culturel de Buenos Aires, n’était pas reportée au 31 décembre 2010.

Cette situation préoccupe un grand nombre d’associations qui aujourd’hui se mobilisent, par tous les moyens, pour défendre leur patrimoine. Parmi elles, l’ONG Basta de Demoler qui via Internet et les réseaux sociaux, sensibilise les porteños à la protection de ces édifices et espère réunir suffisamment de signatures pour assurer le report de cette loi promulguée l’année passée.

Avenue 9 de Julio – Photo : Bertrand Mahé

Un destin entre les mains du Conseil des Affaires Patrimoniales

Mais ce processus est surtout entre les main du Conseil des Affaires Patrimoniales (CAAP), un organe dépendant du Ministère du Plan Urbain du Gouvernement de Buenos Aires, qui est en charge d’analyser la valeur du patrimoine et de son architecture. Le président de Basta de demoler, Santiago Pusso, confiait également cette inquiétude en révélant qu’il n’existait pas de “répertoire complet” des édifices tenant une valeur historique. Selon le directeur général de Interpretación Urbanística, le nombre d’édifices aurait pourtant triplé ces trois dernières années et seul 12000 d’entre eux auraient été préservés.

Ce qui est certain, c’est que si d’ici la fin de l’année, la demande du report de cette loi ne s’effectue pas, les édifices construits avant 1941 et non répertoriés dans le registre du Plan Urbain du gouvernement, seront détruits.

Jardin botanique de Palermo – Photo : Bertrand Mahé

Agrandir le centre historique de la ville

Par ailleurs, deux projets du député Pro Patricio Di Stefano, président de la Commission du Patrimoine Architectural, seront soumis dans les prochains jours à l’assemblée législative en vue d’élargir le centre historique de la cité Porteña. La nouvelle zone s’étendra depuis la place de Mayo jusqu’à la place San Martín, entre Florida et Alem.

Ses initiatives présentées en décembre dernier, défendent la préservation des édifices historiques en les protégeant de la démolition et en favorisant le respect des styles architecturaux de ces édifices lors de nouvelles constructions.
Le président de la commission assurait par ailleurs que “la zone jointe au quartier de San Telmo, est celle où se concentre la majorité des sites patrimoniaux et tient une valeur historique inestimable : c’est effectivement dans ce quartier que la citée de Buenos Aires fut fondée. C’est une honte qu’on continue à démolir ce patrimoine“.

Source : Estiman que 140.000 edificios anteriores a 1941 podrían desaparecer de la ciudad