Il est quasiment impossible de ne pas les croiser la journée ou le soir dans les rues de Buenos Aires, accompagnés de leurs « carritos » remplis de carton, papier, alu, plastique et autres éléments récoltés le long des rues de la capitale, il s’agit bien des « Cartoneros ».

El bosque que no deja ver los árboles
Photo Flickr – Rodrigo Butta

Le phénomène

Avec la crise de 2001-2002, un flux de « Cartoneros », venu de la banlieue ou de certaines villas miserias, a envahi les rues de la capitale, une fois les magasins fermés un joyeux balai débute pour récolter tout ce qu’il est possible de vendre! On parle là d’une vraie organisation, la ville est découpée par secteurs de ramassage, ils se regroupent, s’aident, et toutes les nuits au même point de ralliement c’est le moment de vendre leur récolte à des camions venus d’un autre temps! Ces camions leur rachètent leurs kilos de cartons et de papiers pour les revendre à leurs tour à d’autres récupérateurs, cela participe grandement au recyclage de toutes ces matières. La valeur du carton a explosé ces dernières années, ce commerce est alors très rentable, et les cartoneros ne font que se multiplier. Aujourd’hui à Buenos Aires, 8.000 cartoneros quotidien sont estimés.

Cartonero, ca rapporte!

La totalité des cartoneros de la ville récupère environ 5.000 tonnes par mois. Le dernier chiffre date de février 2014 : 4.698 tonnes. Il est possible de chiffrer à la tonne près puisque l’on connait les tonnes que les « papeleras » leurs ont achetées. Un cartonero qui commence touche environ 50 ARS par jour. Les sages dans le domaine savent qu’il vaut mieux se mettre directement d’accord avec une fabrique, un commerce ou une entreprise cela facilite la récolte et la quantité est plus conséquente, plutôt que de faire les poubelles. Ceux là peuvent gagner 1500 ARS par semaine (soit 6.000 ARS au mois), non négligeable en Argentine!

Un instituteur qui débute dans la province de Buenos Aires touche 4.544 ARS par mois, on se demande pourquoi pas changer de plan de carrière pour devenir cartonero !

Cet article vous a plu? Vous aimerez aussi…