Aujourd’hui, Lundi 8 Avril, à partir de 17h, la Présidente argentine Cristina Kirchner présentera à la Casa Rosada, dans le Salon des Femmes du Bicentenaire, son projet de loi « Démocratisation de la Justice », pour introduire les détails des réformes qu’elle souhaite mettre en place afin de promouvoir d’avantage le pouvoir judiciaire en Argentine. Ce projet a déjà reçu maintes critiques de la part de l’opposition, dont la majorité sera par ailleurs absente, bien qu’invitée, à la présentation de ce soir.

Photo – Source : Robert Blackie

En quoi consiste le projet?

A travers son programme proposé le 1er mars dernier lors de son discours d’ouverture des sessions ordinaires devant l’Assemblée législative, la Présidente a fait part de son désir que le pouvoir Judiciaire revête une plus grande importance au sein des institutions argentines, et non seulement à travers une forme corporative dépendante de facteurs économiques. Les principales réformes énoncées dans le projet sont les suivants: Un vote populaire pour que les membres du Conseil de la Magistrature soient directement élus par les citoyens, la réglementation des moyens préventifs, la création de tribunaux de cassation dans toutes les instances judiciaires, et l’introduction de l’impôt sur le revenu pour les juges, dont ils sont jusqu’à présent exempts.

Une vive réaction de l’opposition.

Ces différentes propositions, et en particulier la première sur l’élection des membres du Conseil par vote populaire, ont immédiatement suscité les virulentes critiques de l’opposition. L’importance de ces dernières ont retardé la proposition du projet à un mois, (qui a subit un nouveau retard d’une semaine par la suite en raison des inondations de La Plata)
Cette opposition regroupant radicaux, macristes, peronistes, dissidents et socialistes, s’affirme contre cette proposition en ayant refusé en masse l’invitation de la Présidente à assister à la séance de ce soir. Ces premiers s’opposent entièrement à une élection des membres du Conseils de la Magistrature par le peuple, car selon eux ce projet est une tentative de la part du gouvernement pour contrôler le pouvoir judiciaire. Certains énoncent une nouvelle « dictature de la majorité », un désir d’annihilation de la justice encore indépendante pour en faire une nouvelle sphère de contrôle par les autorités au pouvoir. Certains magistrats de l’opposition relèvent le caractère institutionnel du projet de réforme sur le mode d’élection des membres du Conseil, puisque la Constitution argentine spécifie que les juges doivent être des représentants de leurs pairs, élus par ces derniers et non directement par le peuple.

L’élection du personnel juridique en Argentine.

En effet jusqu’à présent en Argentine, les membres du Conseil sont élus de façon équilibrée par des membres du pouvoir politique, des juges, des avocats, et également des grands personnages du milieu académique et scientifique.
La tension est donc palpable entre la Présidente qui souhaite faire d’avantage participer la population au choix des représentants du pouvoir judiciaire, et son opposition, qui souhaite maintenir l’indépendance de ce pouvoir, en le protégeant de tous différends politiques ou économiques.