C’est la polémique qui fait couler de l’encre en ce moment à Buenos Aires : l’accord entre le gouvernement de Kirchner et le gouvernement chinois qui prévoit l’établissement d’un site de recherche spatiale et d’ “exploration lunaire” chinois à Neuquén. Sénateurs et députés argentins, de l’opposition ou non, remettent en question cette décision prise unilatéralement par le gouvernement Kirchner avec Xi Jinping.

Photo : observatoire ALMA II au Chili – Flickr This is Chile

D’un côté, l’accord prévoit un investissement direct de 300 millions de dollars dans la province de Neuquén (rien n’est dit sur la part que représentera l’installation sur les 300 millions), mais cela semble peu face aux contreparties : la construction d’un site sur des centaines d’hectares où la souveraineté argentine ne sera plus vraiment exercée, site géré par les chinois qui emploieront principalement du personnel chinois selon le (dur) code du travail chinois et sera exonéré de tout type d’impôt durant 50 ans.

Photo Flickr davejdoe

En somme, beaucoup d’avantages en échange d’une somme certes importante mais qui semble faible si l’on la met en perspective avec la taille du projet. D’autres éléments s’ajoutent à la polémique : le fait qu’une clause prévoit que le gouvernement argentin “n’interférera pas avec la construction et l’opération de cette installation”, facilitera l’émission de visas pour le personnel chinois (dont on ne sait pas s’il sera civil ou militaire). Enfin, l’accord prévoit la construction d’une antenne radar, commandée par les chinois, dont on ne connait la portée. Rien ne dit que cette dernière sera exclusivement utilisée pour de la recherche civile… Après de nombreuses entrevues entre les représentants des deux pays, le projet va désormais être soumis à l’approbation du pouvoir législatif argentin et son sort est incertain.

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