En 2001 a commencé la crise économique la plus grave et profonde de l’histoire Argentine. De là, un phénomène surgit : celui des entreprises récupérées. Entreprises de différentes tailles, possédant de bons produits et un dénominateur commun : l’impossibilité de continuer à produire et des « lock-outs » (faillites). Aujourd’hui, en Argentine, Il existe environ 350 entreprises récupérées, comptant plus de 25.000 employés.

Source – Photo : BiblioArchives / LibraryArchives

Histoire des entreprises récupérées

En Octobre 2005 s’est passé le premier Encuentro Latinoamericano de Empresas Recuperadas (Rencontre Latino-américain d’entreprises récupérées) à Caracas, au Venezuela, avec des répresentants de 263 compagnies de différents pays avec les mêmes situations économiques et sociales. La rencontre produit un accord : el Compromiso de Caracas, un texte revendiquant le mouvement.

Les entreprises récupérées sont nées suite à la politique économique que l’Argentine a suivi : pour combattre une inflation permanente depuis la Deuxième Guerre Mondiale, l’Etat a utilisé le système de la “caisse d’émission” (en alignant le peso sur le dollar), cela pour stabiliser l’économie mondiale et pour pouvoir bénéficier d’investissements étrangers et de la croissance des échanges mondiaux. Ce système très complexe et particulier n’a malheureusement pas résisté à l’explosion de la Bulle internet. Cela a conduit à une situation de crise économique, politique et sociale : désindustrialisation du pays, retrait des investisseurs, chômage massif (supérieur à 25%), appauvrissement de la population  (36 millions d’habitants) et agrandissement de l’écart entre riches et pauvres.

C’est alors que les travailleurs de plusieurs de ces entreprises (qui avaient fait banqueroute) optèrent pour défendre leurs droits au travail. Ils reprirent les usines abandonnées et décidèrent de les remettre en fonctionnement, avec comme slogan : « les récupérer et les faire siennes. » Il y eut beaucoup de résistance et de lutte. Ils ont alors créé le concept d’auto-gestionl’égalité des revenus de tous les travailleurs et la solidarité pour produire plus.

Cela a permis de rendre l’espace physique de l’usine (ou de l’entreprise) ouvert et de faciliter la communication avec les employés. En effet, d’un point de vue symbolique, les usines ont ouvert leurs portes à des moyens d’expression artistique, des centres culturels, de formation, d’attention sanitaire… L’usine est passée ainsi d’un espace privé à un espace public à tous points de vue.

Et qu’est-ce qu’une entreprise récupérée ?

Une entreprise récupérée est une entreprise où les employés ont pris le contrôle, généralement après la faillite de ses dirigeants. Ce sont des coopératives auto-gérées. Parmi celles-ci, l’usine de céramique Zanon (FaSinPat, FábricaSsin Patrón), l’hôtel quatre étoiles Bauen, l’usine de vêtements Brukman et l’imprimerie Chilavert.

Le phénomène de récupération des entreprises en Argentine s’inscrit dans la même lignée que les mouvements sociaux de résistance au modèle néolibéral (grévistes, mouvement des « desocupados »…). C’est ainsi que le MNFR (Movimiento Nacional de Fabricas Recuperadas) s’est formé. “Ocupar, resistir, producir” est  d’ailleurs le slogan symbolique du MNFR. Ce mode de lutte était inédit dans l’histoire argentine.

De nos jours, les entreprises récupérées argentines sont les entités les plus representatives de cette action, principalement à la suite de la crise de décembre 2001.

Vous êtes intéressés par cette partie de l’Histoire Argentine ? Par ce mouvement ? N’hésitez pas à regarder sur le site du gouvernement la liste des entreprises récupérées : Ici.