Interview : Un Dos Crêpes, la crèperie française à Buenos Aires

L’équipe d’Argentine-Info a rencontré Ludovic Casrouge dans sa crêperie Un, Dos Crêpes… dans le nouveau local en plein cœur de San Telmo, à Buenos Aires.

Un, Dos, Crêpes – Page Facebook Un, Dos, Crêpes

UNE CRÊPERIE A BUENOS AIRES

Ludovic ne se doutait pas du tout qu’il allait ouvrir une crêperie lorsqu’il travaillait dans la finance en France. Mais c’est après un voyage en Amérique du Sud pendant 9 mois qu’il a eu envie d’y retourner et qu’il s’est dit « pourquoi pas ne pas monter une crêperie ?». Étant donné qu’il n’était pas du tout dans le domaine de la gastronomie, il s’est d’abord formé en Bretagne, en France, dans une école de crêperie à Pont-l’Abbé. En effet, il connaissait quand même bien ce domaine, après avoir vécu dans la région des crêpes plusieurs années. Après avoir fait quelques saisons dans des crêperies en France, il s’est lancé à Buenos Aires.

Mais pourquoi la capitale de l’Argentine ? Et bien, c’est son cœur qui a parlé ! C’est sa femme, rencontré en Colombie, qui l’a convaincue de venir s’installer à Buenos Aires. Arrivé dans la capitale du tango en octobre 2010, il lance sa première crêperie en août 2011 dans le quartier de Montserrat (Perú 424). Lors de ce lancement, il peut compter sur l’aide précieuse de sa femme et de sa belle sœur.

UNE CREPERIE AVEC DES PRODUITS ARGENTINS

“Il faut avouer qu’au tout début, ça n’a pas été forcément facile” nous confie Ludovic ! A l’époque, les argentins ne connaissaient pas les crêpes et il n’y avait plus de crêperies malgré quelques tentatives d’ouvertures. La crêpe n’était pas réellement intégrée dans la culture des argentins. En effet, ils connaissaient seulement la crêpe sucrée mais surtout le « pancake » américain. Les crêpes salées, quant à elles, ne faisaient pas partie de leurs habitudes alimentaires. C’est pourquoi il a fallu intéresser les argentins à ce nouveau produit ! Un défi difficile pour les amoureux de la milanesa et du dulce de leche !

Mais qui dit crêpes, dit sarrasin et autres produits que l’on trouve beaucoup en Bretagne ! Ludovic s’est donc beaucoup remis en question au début ! En effet, il travaillait dans une crêperie en France avec des produits régionaux tels que les Andouilles de Guémenés ou les saucisses Henaff. Et tous ces produits n’existent bien évidemment pas en Argentine ! C’est donc une des raisons pour laquelle les argentins ne portent pas un grand intérêt aux crêpes ! Le grand défi ? Refaire la carte et l’adapter aux goûts locaux ! Même le sel ou le poivre ici n’ont pas le même goût !

De plus, Ludovic n’importe pas de produits alimentaires car il est très difficile d’importer dans le pays à cette période. “Pendant de nombreuses années, je ne faisais pas de crêpes au sarrasin car il était compliqué d’en trouver” nous avoue-t-il ! Aujourd’hui, après avoir trouvé un fournisseur argentin, il a incorporé la farine de sarrasin à toutes ses crêpes salées depuis le 1er janvier. Il est également difficile de trouver du cidre qui ressemble au cidre français ! En effet, ici les argentins ont plutôt l’habitude de boire du cidre espagnol qui est beaucoup plus sucré.

Un, Dos, Crêpes – Page Facebook Un, Dos, Crêpes

UNE CARTE POUR TOUS LES GOUTS

Mais que pouvons nous retrouver dans la carte ? Et bien de nombreuses saveurs appétissantes ! Entre des crêpes végétariennes ou plutôt façon hamburger pour les amoureux de la viande, la traditionnelle complète, des crêpes au saumon… vous avez l’embarras du choix ! En effet, il est difficile de faire sans viande en Argentine ! Alors pour satisfaire les argentins, il était évident d’en inclure dans la carte ! Mais c’est sans compter sur les crêpes sucrées et ses nombreux accompagnements !

Et si vous hésitez entre les deux, pourquoi ne pas opter pour une crêpe sucrée-salée ? Même si ce n’était pas facile au début d’incorporer les crêpes sucrées-salées à la carte car ce n’était pas dans les habitudes alimentaires des argentins, les goûts ont évolué ! Au contraire, les crêpes au saumon fumé sont devenues très appréciées et se sont installées dans la consommation courante !

UNE NOUVELLE CREPERIE AU MERCADO DE SAN TELMO

Il y a 6 mois de cela, un nouveau local a été ouvert au mercado de San Telmo ! L’idée de cette nouvelle crêperie ?  Créer une crêperie à la française où les gens peuvent réserver pour venir manger ! Ici, les gens prennent le temps de manger ! Le local se situant dans le mercado de San Telmo, un lieu très touristique, la majorité des clients sont des touristes ! Vous pouvez vous asseoir et également vous désaltérer avec une bonne bière artisanale ou du cidre.

Alors que dans le 1er local (Perú 424), la majorité des clients sont des argentins qui profitent de leur pause déjeuner pour manger rapidement ! “La carte dans la crêperie de Montserrat comprend également des wraps et des salades qui rappellent cette ambiance pause déjeuner”, ajoute-t-il. Il est quand même possible de manger sur place mais le concept premier de cette crêperie est le « à emporter ».

 

 

Crêpes super burger – Page Facebook Un, Dos, Crêpes

DES PROJETS FUTURS ?

“Il est vrai qu’au début, je rêvais d’ouvrir de nombreuses crêperies” nous raconte-t-il ! Mais cela prend beaucoup de temps et cela nécessite beaucoup d’organisation ! De plus, il est difficile de former des crêpiers et faire des crêpes est un vrai savoir-faire. En effet, cela prend au moins trois mois pour former quelqu’un en tant que crêpier. Et Ludovic a un emploi du temps bien chargé ! En plus de ces deux crêperies, il fait également des événements comme les ferias mais aussi des événements privés : anniversaires, mariages, baptêmes, communions etc.

DES CONSEILS POUR OUVRIR UN COMMERCE A BUENOS AIRES ?

Persévérance et détermination ! Voici les qualités qui, selon Ludovic, sont indispensables pour ouvrir un commerce ! Cependant, il faut savoir que ce n’est pas facile. “Mais ce que j’apprécie particulièrement à Buenos Aires c’est que l’on ne s’ennuie jamais !”, nous avoue-t-il. A titre d’exemple, au niveau économique, l’inflation est très forte. C’est pourquoi il faut toujours revoir ses prix et négocier ses achats ! De plus, il arrive très souvent qu’il y ait des coupures d’électricité ! La qualité des installations électriques, de gaz et d’eau ne sont pas les mêmes. Enfin, les relations humaines ne sont pas forcement les mêmes qu’en France. Mais ce sont toutes ces choses qui lui ont fait aimer l’Argentine et son travail !

Si cette interview vous a donné l’eau à la bouche, retrouvez Un, Dos, Crêpes… du lundi au vendredi de 9h à 17h dans le quartier de Montserrat (Perú 424 – nº de téléphone : 4331 3132) et du mercredi au dimanche de 12h à 20h dans le quartier de San Telmo (Bolivar 970 – nº de téléphone : 4300 4165). Vous pouvez également les retrouver sur Facebook.

 


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Interview : Bernard Bacquié, ancien commandant de bord chez Air France

Nous avons eu la chance de nous entretenir dans nos locaux avec Bernard Bacquié ancien pilote de vols longs courriers et aujourd’hui écrivain et conférencier. Envolons-nous le temps d’une Interview avec cette figure de l’aviation !

Bernard Bacquié 

Bonjour Monsieur Bacquié, pourriez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Bernard Bacquié et je suis ancien commandant de bord chez Air France. Pendant mes années en tant que pilote je faisais des vols long-courriers à travers le monde sauf l’Océanie du Sud. Je faisais surtout du transport de passagers, mais aussi des vols cargo. Je refaisais régulièrement les mêmes trajets, par exemple j’ai fait plus de 50 fois le vol Paris-Buenos Aires. Quand j’exécutais ces vols, je restais souvent 4 jours à Buenos Aires. C’est comme cela que j’ai pris goût à cette ville. En tout, j’ai totalisé plus de 20 000 heures de vols !

Avez-vous piloté sur d’autres compagnies que Air France ?

Oui j’ai également piloté pour Air Burundi, Royal Air Maroc ou encore la Postale de Nuit, la descendante de l’Aéropostale. Je puis affirmer être aujourd’hui l’auteur le plus prolixe sur l’histoire de l’Aéropostale. Il s’agissait de la compagnie aérienne ayant pris la suite des lignes Latécoère créées en 1918. Les lignes reliaient Toulouse à Dakar ainsi que l’Amérique du Sud. Ce fut une aventure exceptionnelle qui forgea des pilotes de légende comme Jean Mermoz, s’illustrant en particulier dans ses recherches de passages dans les Andes en 1929 afin de relier Mendoza à Santiago au Chili. Antoine de Saint Exupéry, également engagé comme pilote à l’Aéropostale, sera principalement chef d’escale au cap Juby, dans le Sahara occidental, et chef d’exploitation de l’Aeroposta Argentina, société sœur de l’Aéropostale chargée de désenclaver la Patagonie. En ce qui me concerne, désormais, je ne pilote plus que des petits avions.

Comment avez vous eu l’idée de devenir pilote ?

Il faut savoir que c’est une histoire de famille. Mes parents abritèrent des aviateurs britanniques pendant la guerre et j’ai un oncle par exemple qui participa en 1947 à la construction du premier avion à réaction argentin : le Pulqui. Ainsi l’Argentine était devenu le 6ème pays au monde à posséder l’un des premiers avions à réaction. Puis, un plus petit, à Paso del Rey, dans la banlieue de Buenos Aires : le Boyero. L’histoire familiale se poursuit, puisque j’ai 4 enfants, tous dans l’aviation ! Deux  pilotes, un mécanicien et une hôtesse chef de cabine principal.

Décollage d’un avion Air France – Wikimédia Commons

Que faites vous dans la vie aujourd’hui ?

Je suis désormais écrivain et conférencier. J’ai également créé un circuit de loisir à Toulouse. Mon métier de conférencier m’amène d’ailleurs souvent à revenir en Argentine, comme à Buenos Aires. J’ai par exemple fait en Novembre 2016 une conférence remarquée lors du Congrès de la Force Aérienne Argentine. Je fais des conférences là où les lignes de l’Aéropostale passaient. C’est ainsi que j’ai été amené à en faire également dans plusieurs pays d’Afrique, surtout pour le compte du « Raid Latécoère », dont la devise est : « L’Aérien pour relier les Hommes ». Nous avons eu l’honneur d’être reçus cette année par le maire de Casablanca. D’ailleurs, Casablanca, Buenos Aires et Perpignan ont le point commun d’être jumelées en tant que villes Art déco. Ainsi certaines conférences peuvent avoir lieu entre ces villes où le réseau des lignes de l’Aéropostale passait. Je suis également auteur-éditeur.

Quels sont les sujets de vos livres ?

J’ai écrit 7 livres sur l’Aéropostale. Il ne s’agit en aucun cas d’autobiographie mais de livres sur l’histoire de l’Aéropostale en Amérique principalement mais également ailleurs dans le monde. Vous pouvez les commander en version papier sur mon site :

www.editionlaterales.com.

J’ai par exemple écrit un livre sur les voyages de Saint Exupéry au Maroc : “Saint-Ex au Maroc”. Dans ce livre je mets en lumière sa passion pour le désert et pour ce pays, le tout illustré par de nombreuses photos d’archives… de Saint-Exupéry et d’autres protagonistes.
J’ai également écrit un livre sur Mermoz “Mermoz, ses vols, la vérité” ou encore sur Guillaumet “Guillaumet, le passeur”, lequel se rendit célèbre pour s’être posé en catastrophe au beau milieu des Andes. Il marcha 5 jours sans dormir avant d’atteindre une habitation, non loin du village de San Carlos dans la Province de Mendoza. C’est Antoine de Saint Exupéry qui ira ensuite le chercher et qui lui dédiera son livre “Terre des Hommes”.

Pour terminer, auriez vous un dernier livre dont vous pourriez nous parler ?

J’ai écrit un livre intitulé “Un destin austral, La saga d’un mécano de Saint-Exupéry devenu chauffeur d’Eva Perón”, traduit en espagnol et publié en Argentine sous le titre “Un destino austral” (Ediciones Parafo Aparte). Il s’agit d’un roman historique puisque l’idée centrale du livre est authentique. En outre, des personnages de fiction permettent de donner au livre un aspect “feuilleton“. Il fait revivre l’histoire d’un mécanicien de Saint-Exupéry qui a peu à peu franchi les échelons jusqu’à devenir le responsable des transports terrestres de la compagnie Aerolineas. Il finira par avoir des contacts avec Eva Perón (il sera son chauffeur occasionnel) et avec Juan Perón. Tout cela est authentique, mais le dénouement de l’histoire se passant à Buenos Aires est vraiment surprenant et… romancé.

On remercie Monsieur Bacquié pour cette interview, qui nous a donné envie de nous envoler partout dans le monde !

 


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Interview : Tom Dieusaert, journaliste et aventurier dans le secteur du tourisme

L’équipe d’Argentine-info est partie à la rencontre de Tom Dieusaert, un belge flamand installé en Argentine depuis 13 ans et véritable amoureux des voyages et d’aventure ! Voici l’interview d’un journaliste indépendant mais à la fois guide et entrepreneur qui se consacre à ses passions dans un environnement qui lui plaît.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?

Tom Dieusaert

Je m’appelle Tom Dieusaert, je suis belge. Je me suis installé en Argentine il y a 13 ans, même si j’avais déjà découvert la région étant petit avec mon père dans les années 80, car il travaillait ici à ce moment là.  J’ai donc eu la chance de voyager dans la région. On est allés à Calafate et dans le Nord Ouest. Il faut dire que c’était tellement différent de maintenant. En effet, il n’y avait pas d’aéroport à Calafate ni de passerelle pour les excursions. Dans le nord, il n’y avait pas de routes ni d’hôtels boutiques : seulement une station essence comme restaurant qui vous servait une bonne milanesa.

Je suis journaliste de profession. Avant de venir en Argentine, j’ai habité au Mexique et je suis venu en coccinelle jusqu’ici : ça m’a pris 6 mois. J’ai écrit un livre qui s’appelle : “Diarios del Vocho” qui raconte mes aventures en Amérique du Sud pendant mon voyage de 6 mois. J’aime beaucoup voyager. Un ami belge m’a proposé d’accompagner des circuits de trekking dans le nord de l’Argentine jusqu’en 2008. Après un autre ami belge m’a introduit dans des voyages en Patagonie avec des touristes hollandais. Je fais ça pendant l’été (entre Octobre et mars) depuis 7 ans déjà. Il y a plus d’opportunités de tourisme là bas.

Est-ce que vous pouvez nous parler de vos projets ?

J’ai donc publié un livre qui s’appelle : “Diarios del Vocho” (en anglais: The Beetle DiariesEn ce moment je publie un autre livre sur les accidents d’avion, basé sur l’accident d’Air France en 2009. Il s’appelle “Computer Crashes” . L’écriture est maintenant un hobby pour moi. Je me consacre ainsi aux voyages, et plus spécialement les voyages d’aventure ! J’ai crée avec un ami un tour en vélo à travers l’Uruguay et Tigre. Je me suis rendu compte que beaucoup de gens sont en Argentine pour peu de temps. Ils vont souvent à Tigre un jour et à Colonia un deuxième. Pourquoi ne pas combiner les deux pour optimiser leur déplacements ? Je propose quelque chose de différent et original aux circuits classiques où les gens montent juste à bord d’un train et d’un bus.

Paysage le long de la balade – Source : Tom Dieusaert

Ainsi, pendant 2-3 jours le weekend, on part de Buenos Aires direction Tigre en train. On prend ensuite un ferry pour aller à Nueva Palmira. Pourquoi cette destination ? Contrairement aux circuits classiques, cette traversée a un réel intérêt. Elle fait en effet découvrir tout le delta.

Après, c’est parti pour le vélo direction Colonia par la côte d’Uruguay. J’emmène les gens à Punta Gorda, sur le chemin. Punta Gorda, c’est le point 0 du Río de la Plata. C’est donc un point historique, c’est là où le premier explorateur du fleuve de la Plata, Juan de Solis, a mis un pied sur terre, mais aussi un point qui offre un panorama splendide. La route continue ! Pour dormir ce sera sous la tente et pour manger : au club social pour un bon asado. Lors de la 2 ème journée, la route est plus en relief et vous arrivez à Colonia.

Le sourire d’une participante – Source  Tom Dieusaert

Cette aventure en vélo est faite pour les gens qui font du vélo normalement, vous pourrez faire 3-4h de vélo par jour. Je fais ces excursions avec beaucoup d’argentins mais aussi avec quelques étrangers.

Quelles ont été les difficultés pour monter son business en Argentine ?

En Argentine il y a de grandes possibilités que l’on a pas forcément en Europe ! Ce qui est génial c’est que l’on a l’occasion de faire des choses nouvelles. En Europe quand on a une idée, il y en a 12 qui ont la même idée et il y a beaucoup de régulations, voire trop. En France, on vous demande obligatoirement un diplôme de tourisme pour faire ça. Mais ici on peut faire des choses que personne ne fait.

La grande difficulté c’est l’argent ! Le pouvoir d’achat des clients est un grand problème. Quand je compare avec le Mexique par exemple, ils n’ont pas beaucoup d’argent non plus mais ils dépensent. Ici ils n’ont pas d’argent mais ils gardent le peu qu’ils ont et y font très attention. Une autre difficulté est de faire un voyage plus personnalisé. Organiser une excursion personnalisée, c’est plus difficile mais c’est plus drôle. Même sur place il peut toujours y avoir des difficultés, on est en Argentine ! Dans le nord par exemple, la camionnette que l’on réserve peut arriver en retard ou le lieu pour déjeuner est fermé mais on ne sait pas pourquoi. Ce sont des choses qui arrivent ici…il faut juste s’adapter.

C’est donc pas facile de faire différent mais il y a de nombreuses opportunités. C’est par exemple en ce moment la mode de la bicyclette ou encore de la bière artisanale. On doit profiter de ces opportunités. J’ai eu la chance de connaître personnellement ceux qui ont commencé avec la bière artisanale ici (Antares de Mar de Plata) il y a 10 ans avant que ce soit la mode. Aujourd’hui c’est une grande entreprise avec des dizaines de succursales,  le produit a beaucoup de succès. Pour conclure, les difficultés dépendent beaucoup de l’économie du pays.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Tour en vélo – Source :  Tom Dieusaert

Pour le futur, j’ai un rêve ! Faire du tourisme en bicyclette dans toute l’Argentine pour les touristes étrangers. On pourrait par exemple aller dans le nord vers Tilcara où les paysages sont magnifiques pour faire du vélo ! Mais cela nécessite un bon investissement. Si les coûts diminuent et le tourisme augmentent pourquoi pas ! Mais en ce moment, ce n’est pas facile. Je vais continuer de développer mon projet. Par exemple je vais partir avec un groupe de belges en Colombie en Octobre. Je vais leur faire découvrir le désert de Tatacoa et pleins d’endroits hors des sentiers battus comme Tierra Adentro. Mon but c’est de faire original et différent, en sortant toujours des sentiers battus !

Infos pratiques

  • Dates des prochaines excursions : juillet 7/8/9 , août 19/20/21, septembre (à confirmer), octobre 7/8/9, novembre 27/28/29 et décembre 8/9/10.
  • Facebook : Cruz del Sur Travel
  • Mail : tomdieusaert@gmail.com

L’équipe d’ Equinoxe lui souhaite de bonnes aventures pour la suite !


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Interview : Ingrid Walle, créatrice de Ciboulette

L’équipe d’Argentine-Info est partie à la rencontre d’Ingrid Walle, la créatrice de Ciboulette-Paris. Passionnée de cuisine et tombée amoureuse de l’Argentine, elle s’est lancée dans un projet gastronomique à Buenos Aires. Retour sur son expérience et sur son nouveau concept de cuisine française à domicile !

Bonjour, peux-tu te présenter et revenir sur ton parcours ?

Bonjour ! Je m’appelle Ingrid, je suis parisienne de naissance et en Argentine depuis septembre 2015. En 2008 j’ai fait une école de commerce à Paris et j’ai eu l’occasion de faire un échange d’un an à la UADE (Université Argentine de l’Entreprise). Cette année, en totale immersion a été pour moi un réel coup de cœur ! J’ai trouvé un stage dans l’entreprise de cuir recyclé “Vaca Valiente”, ce qui m’a donc permis de rester 6 mois de plus en Argentine.

À mon retour en France, j’ai fais un master marketing du luxe, spécialisé dans la mode et la gastronomie. Cela m’a permis de travailler avec de grands noms du luxe. J’ai ensuite trouvé un poste de responsable événementiel dans un château en région parisienne et donc découvert un “monde de paillette”. Mais je me suis vite rendue compte que j’étais toujours en cuisine pour aider à la préparation des petits plats. C’est vrai que j’adore cuisiner ! L’Argentine était toujours dans ma tête et j’ai donc décidé de tout plaquer pour venir lancer mon projet à Buenos Aires !

Peux-tu nous parler de ton projet Ciboulette ? 

Il faut savoir que j’ai toujours eu l’envie de monter mon propre business, et après ma première expérience en Argentine, il était évident que j’allais le faire ici ! J’ai donc tout d’abord monté ma marque “Ciboulette-Paris”. J’ai décidé le nom de “ciboulette” car c’est un mot français mais qui est utilisé aussi en Argentine. C’est donc compréhensible pour tout le monde, et a une consonance féminine. Cela  représentait bien mon projet, de cuisine française, initialement destiné principalement aux femmes en Argentine. Avant de partir en Argentine, j’ai donc créé mon site web, dessiné un logo pour la marque ciboulette, et je me suis enfin lancé dans mon projet !

L’idée de base était de proposer des ateliers de cuisine française à domicile. Mais je me suis vite rendu compte que je m’ennuyais un peu à faire toujours les mêmes petits plats, et que cela allait être compliqué d’évoluer. De plus, beaucoup de clientes me demandaient s’il était possible de faire chef à domicile ou de livrer les repas à domicile. J’ai donc finalement écouté mes clients et mon projet a changé totalement ! Ciboulette-Paris est donc devenu un service de traiteur sous trois différentes formes.

Des petits plats de toute beauté ! – Ciboulette Paris

Le concept Ciboulette

Tout d’abord, je propose un service de dîner à domicile. J’ai donc acheté un beau service de vaisselle pour 12 personnes, et l’idée est donc d’aller chez les clients et de préparer les plats directement dans leur cuisine. Avec mon équipe, nous cuisinons et faisons le service pour le client et ses invités directement dans leur salon. Les maîtres-mots sont : invisibilité et propreté ! Les clients sont chez eux, et nous faisons le service dans la plus grande discrétion. De plus, nous promettons de laisser une cuisine impeccable !

La seconde forme de mon projet est de proposer des buffets de toutes formes pour les événements. Cela peut être pour un groupe d’amis, ou bien pour une grande soirée. Je propose différentes salades et petits plats froids. Enfin, je propose un service de cocktail pour les événements. Ce sont généralement des groupes privés ou des entreprises qui sont intéressés par ce type de service. Nous préparons des amuse bouches, salés et sucrés pour accompagner les cocktails.

J’essaie de me différencier des autres services de traiteur en accordant une importance toute particulière au service, qui selon moi est la clé, il doit être irréprochable. C’est une cuisine simple mais avec de bons produits. Par exemple, lorsque je cuisine avec du fromage, je choisis toujours des fromages de qualité. C’est donc avec ces trois services que Ciboulette a commencé à fonctionner ! Et depuis peu, je propose un service de delivery pour les repas du midi !

Quelles sont les difficultés pour monter un business en Argentine ?

Tout d’abord, monter un business dans un pays avec autant d’inflation est forcément difficile. Il faut en effet toujours revoir ses prix (environ tous les 2 mois). De plus, il est plus difficile de faire une étude de marché car il y a moins de données, ou même dire quel sera le prix du menu dans 6 mois ! Il faut donc toujours penser à court terme et il est très difficile de se projeter dans le futur ! Il faut aussi porter plus d’attention  sur la ponctualité du personnel. Certains peuvent te prévenir au dernier moment !

Enfin, il est parfois difficile de trouver tous les produits nécessaires pour certains plats. Certains aliments ne sont pas toujours disponibles en magasin, ou bien coûtent très cher certaines semaines. Il faut donc toujours modifier les menus et penser sur le court terme. Je propose donc en général dans mes menus, des produits de saison sans spécifier précisément le légume en cas de rupture de stock !

Une véritable oeuvre d’art ! – Ciboulette Paris

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent lancer leur projet en Argentine ?

Je pense principalement qu’il faut être sûr de soi. Il faut être très motivé pour monter un projet ici, car il est évident que vous allez vous confronter à certains problèmes ! Pour autant, je pense qu’il faut accepter d’avance que ton projet initial va changer. L’idée va forcément évoluer au fur et à mesure du temps et des premières expériences. Il faut donc être flexible pour tout, et ouvert à tous types d’opportunités !

Le point positif des argentins, c’est qu’ils te donnent l’opportunité tous les jours. Il suffit juste de l’intercepter ! Tout est très lent ici et il n’est pas question de brusquer les argentins ! Il faut donc prendre le temps, et s’adapter au rythme de vie de l’Argentine !

Comment est la vie quotidienne d’un expatrié en Argentine ?

Je pense qu’il y a deux types d’expatriés. Tout d’abord ceux pour qui ce n’est pas un choix (mutés par l’entreprise) et quoi doivent s’adapter à un pays qui leur a été d’une certaine manière imposé. Et puis il y a ceux, comme moi, qui sont venu de plein gré et avec une envie bien précise ! Quand on vient en Argentine, on sait très bien qu’il va nous falloir un temps d’adaptation, et que notre rythme de vie sera différent ici qu’en France. Par exemple, je ne suis toujours pas habituée à l’inflation quotidienne ici, problème qu’on ne connait pas en France !

Étant de Paris, je trouve que Buenos Aires est à la fois très différente et à la fois ressemblante à notre capitale, avec beaucoup moins de stress ! C’est une ville surprenante qui est toujours en mouvement. Du jour au lendemain on peut voir un restaurant ouvrir en bas de chez soi, et il y a toujours des expositions et événements organisés. Une chose est sûre, on ne risque pas de s’ennuyer ici ! En France, lorsqu’on rentre du travail à 20h, la journée est terminée. Alors qu’ici pas du tout ! J’adore cet imprévu et le fait de ne pas m’organiser une semaine à l’avance.

Il y a plein de petites choses qui te rappellent tous les jours que tu es en Argentine. Par exemple lorsqu’on va acheter au kiosque en bas de chez soi, et qu’ils n’ont pas de quoi te rendre la monnaie : ils te donnent des bombons ! J’adore !!! Les argentins sont aussi super respectueux lorsqu’ils prennent le bus. Ils font tous la queue ! C’est donc normal ici de voir une file énorme de personnes attendant le bus tout le long de la rue ! Par contre, lorsqu’il s’agit de prendre le métro, plus personne ne fait la queue, et c’est la bousculade garantie !

Des amuse bouches aux couleurs françaises ! – Ciboulette Paris

Quels sont tes projets pour la suite ?

Pour la suite j’aimerais bien-sûr continuer à développer mon entreprise, Ciboulette. L’objectif principal était de monter mon business ici, c’est donc ce que je compte faire ! Pour l’instant, Ciboulette commence à bien fonctionner, mais c’est un travail de tous les jours pour notre développement.

Dans un futur un peu plus lointain, si tout se passe bien avec Ciboulette j’aimerai que ce projet fonctionne grâce à mon équipe à Buenos Aires. Cela me permettrait de sortir de cette grande ville et d’aller vivre à la campagne. J’aime beaucoup la ville de Mendoza, et j’aimerais pourquoi pas lancer un autre projet là-bas !

PS : N’hésitez pas à me retrouver sur mon site et sur Facebook !


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Interview de Olivier de Vignes des Andes

L’équipe d’Argentine-info est partie à la rencontre de Olivier Magon, associé dans l’entreprise Vignes des Andes et directeur commercial de l’entreprise. Voici une interview sur l’entreprise qui a développé un ambitieux projet viticole dans une Finca de la province de Mendoza, à l’ouest de l’Argentine.

Vignes – Source : Wikipedia

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?

Je m’appelle Olivier Magon, je suis Français et installé en Argentine depuis le début des années 90. J’ai collaboré en tant qu’investisseur et directeur dans plusieurs entreprises en Argentine, au Brésil et en France, parmi lesquelles : le Restaurant Olsen, Futon Company et Mon Petit Art.

Ensuite, j’ai également été directeur commercial du groupe Usinor en Argentine et consultant en business développement pour plusieurs start-ups. J’ai fait mon service militaire avec Vincent Chevalier (président de Vignes des Andes), donc on se connaît bien ! C’est en mars 2016 que j’ai intégré le projet avec l’objectif de développer les ventes de Vignes des Andes sur le marché argentin et à l’export.

Finca Vignes des Andes – Source : Vignes des Andes

Est-ce que vous pouvez nous parler de l’entreprise Vignes des Andes ?

Le projet est né en 2007 et il a été fondé par 3 personnes Vincent Chevalier (président), Bruno Legrand (architecte) et Julio Tosti (directeur). C’est un projet viticole et immobilier sur un domaine de la province de Mendoza. Le plan initial consistait à diviser le terrain de 100 hectares en parcelles en conservant un espace pour un projet hôtelier au centre du domaine. Les parcelles disposent ainsi d’une partie plantée de vignes et une partie disponible pour construire une habitation. En 2010 ont commencé les premières plantations dans le domaine. En 2013, les premières vinifications ont eu lieu, principalement pour les associés et le vin a commencé à être commercialisé fin 2015.

Concernant la commercialisation des produits, ce sont les ventes en direct qui sont privilégiées, que ce soit en Argentine mais aussi en Europe. On se différencie ici de la majorité de nos concurrents qui approchent les différents marchés via des importateurs et/ou distributeurs. On est en train de développer d’autres pays comme le Paraguay ainsi que le Brésil et la Suisse.

Et vos produits ?

Notre gamme de vins est encore réduite (nous démarrons juste) et nous travaillons à l’agrandir. D’un autre côté, nous vendons des raisins à d’autres Bodega (comme Achaval Ferrer) qui vignifient leurs vins sous leur propre marque mais avec nos raisins. Les produits sont de très bonne qualité : du fait notamment de la zone dans laquelle est située la finca et du très bon traitement de la vigne. On a une ligne de vin rouge avec un Malbec et un Malbec Reserva, et très bientôt, un Blend Malbec / Petit Verdot ainsi qu’un Cabernet Sauvignon. Pour ce qui est du rosé on a le Rosé de Malbec et en blanc, un Sauvignon Blanc. Depuis peu on a décidé d’élargir notre gamme de produits en ajoutant une huile d’olive. Elle est élaborée avec les oliviers de la finca. Cette huile d’olive est elle commercialisée sous le nom d’Olivier des Andes.

Vins – Source : Vignes des Andes

Qui sont vos clients et comment peut-on acheter ?

En Argentine comme en France nous vendons à des restaurants, à quelques cavistes ainsi au’à travers le site Internet de Vignes des Andes. Nous nous chargeons de la logistique et livrons dans toute l’Argentine et dans toute l’Europe directement. Nos clients sont souvent des passionnés de vins et passionnés d’Argentine et notamment de la région de Mendoza. La finca va s’ouvrir de plus en plus à une clientèle touristique avec l’aménagement de l’hôtel dans le domaine ainsi que la construction des habitations.

L’actu de Vignes des Andes, vous pouvez nous en parler ?

On développe des événements autour de l’entreprise. Vignes des Andes est sponsor d’une association caritative qui s’appelle “Dame tu mano”. On organise aussi des dégustations de vins auprès de la communauté française notamment.

Travailler en Argentine a-t-il été compliqué dans le cadre du projet ? 

Ce n’est pas si facile car il faut sans cesse actualiser ses plans et idées car le contexte est instable. Pour Vignes des Andes par exemple, nous avions des investisseurs brésiliens intéressés. Avec le changement de gouvernement, ils ont eu peur d’investir en Argentine et le projet ne s’est finalement pas fait ! On a d’ailleurs encore des plaquettes écrites en portugais… Il faut donc constamment changer son fusil d’épaule sur la recherche d’investisseurs et cela prend du temps ! Mais on a fait des progrès : maintenant on a des produits à faire déguster, au départ c’était le désert !

Système d’arrosage – Source : Vignes des Andes

Quels sont vos projets pour le futur ?

Nous cherchons maintenant à étendre la présence commerciale des produits. En effet, le retour du marché est positif suite au lancement de la marque et des produits. Pour le projet hôtelier, qui avait été mis en parenthèse, on est actuellement à la recherche d’investisseurs. La construction de l’hôtel est prévue avec de nombreux services pour les touristes : Spa, Wine Bar, Restaurant, ainsi que des commodités pour les entreprises : salles de réunion, rétroprojecteurs, etc…. L’idée, c’est donc de croître et de se développer tout en restant fidèles à nos valeurs. Nous privilégions le terroir dans un endroit naturel de rêve !


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Interview : le restaurant la Pulpería Quilapan

L’équipe d’Argentine-Info est partie à la rencontre de l’équipe de la Pulpería Quilapán. Nous avons rencontré Virginie Cheviron, manager, qui nous a reçu dans ce charmant endroit mêlé d’histoire, de saveurs et de buena onda. Offrir la meilleure cuisine typique argentine en collaborant avec les producteurs de la région : voici le défi de cette Pulpería, un mix entre épicerie et bar situé dans le quartier historique de San Telmo.

Empanadas – la Pulpería Quilapán

Pouvez vous nous parler du concept de Pulpería ?

L’équipe

Nous sommes une équipe de 15 personnes et les 2 fondateurs sont Grégoire Fabre (français) et sa femme Tatiana (suisse et polonaise). Je suis manager ici. Il y a 6 ans, Grégoire et Tatiana sont tombés amoureux de ce terrain qui devait être détruit et décident de le racheter. Tous 2 ayant fait des études d’architecture, ils ont donc décidé de refaire un endroit comme il l’était dans le passé. N’ayant pas trouvé de bon fromages et vins, ils ont commencé à chercher eux-mêmes des producteurs tout en faisant la rénovation du lieu. Nous travaillons maintenant avec 600 producteurs qui nous fournissent des produits d’exception comme la moutarde ou encore la mimolette.

La Pulpería

Pourquoi le nom de la pulpería ? En fait, non nous ne faisons pas des poulpes comme beaucoup le pensent mais une pulpería est un bar antiguo, un club social. Les gens se réunissent, se retrouvent pour parler et refaire le monde autour d’une boisson ou d’un plat typiquement argentin.

Le lieu nous semble chargé d’histoire et ressemble à un musée, est-ce-que vous pouvez nous en parler ?

Un musée aux objets insolites

C’était auparavant un couvent puis la Fundación de San Telmo et enfin un atelier mécanique. Toutes ces influences peuvent aujourd’hui se retrouver dans la Pulpería. Vous trouverez notamment dans le restaurant le plus vieux mur du quartier de San Telmo, des objets de collection tels que la première urne qui servit au vote féminin en Argentine ou encore un frigidaire qui a appartenu au frère de Eva Perón où sont encore gardées des bouteilles de vin de l’époque. Levez la tête et regardez autour de vous partout où vous êtes il y a de nombreux objets insolites.

La visite du lieu

Dans l’entrée, nous avons aussi une collection de “pinguinos” qui sont des carafes de vin en forme de pingouins. Cette forme spéciale est esthétique et permet une bonne aération du vin. Lorsque vous passez le bar, vous avez aussi accès à une salle où avaient lieu des spectacles de jazz auparavant. Vous trouverez la “pianola”, un piano mécanique ou encore un vieux tourne disque. Ensuite dans la cours du patio vous avez le plus grand four de Buenos Aires construit par Grégoire, le dueño, il y a 3 ans. Nous ne cuisinons pas seulement le pain dans ce four mais toutes les viandes et plats au menu de la carte! Pour finir, dans le jardin arrêtez-vous devant le puits, toujours en fonctionnement!

Nous avons appris que votre restaurant a été sauvé d’une démolition, pouvez-vous nous en parler ? Quels ont été vos soutiens ?

En fait, en 1800, il y avait une maison à côté de la Pulpería, “un rancho” qui faisait partie des plans d’habitation. La municipalité a décidé récemment qu’elle ne faisait pas partie du plan. Ils ont donc décidé de détruire cette maison qui nous servait un peu d’entrepôt. Ce n’est pas grave mais cette forte mobilisation nous a permis de montrer que personne ne touchera à la maison de la Pulpería car cette pétition a obtenu 3675 signatures sur Chance.org. Ainsi, nous sommes en train de faire les démarches pour que la Pulpería entre au Patrimoine Culturel de la ville de Buenos Aires. Concernant nos soutiens, les producteurs, fans de ce projet et habitants du quartier nous ont été d’une grande aide afin de faire entendre notre voix.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Pour l’avenir nous souhaitons continuer cette belle aventure. Nous souhaitons aussi développer des événements comme nous le faisons déjà en ce moment environ une fois par semaine. Nous organisons par exemple un atelier où nous invitons les gens à piétiner les grains de raisins et ainsi faire leur propre vin ou encore un atelier de bierre artisanale afin de mieux connaître nos produits.

On tient vraiment à être le plus durable possible, à continuer à bien connaître notre produit et développer cette relation spéciale que nous entretenons avec nos producteurs. En effet, on a pour but d’être le pont entre les producteurs et la ville de Buenos Aires. On s’engage à respecter 3 règles que sont les normes écologiques, la culture et le social. Tous nos produits proviennent exclusivement d’Argentine et les producteurs nous les apportent eux-mêmes.

Quel est votre plat préféré à la carte ?

Mon plat préféré est le “Cordero”, une viande d’agneau cuisinée dans des petits légumes mais vous avez de nombreux plats typiques argentins disponibles à la carte.

Lequel recommanderiez-vous à un français fraîchement arrivé à Buenos Aires ?

Je conseille les plats typiques afin de découvrir la gastronomie argentine. Goûtez le locro, las lentejas, le cerdo, par exemple afin de revenir aux racines et de manger la typique “comida de la abuela”.

Quand ?
Du Mardi au Samedi de 9h à 1h
Le Dimanche de 9h à 20h

Où?
Defensa 1344, San Telmo, Casco Histórico, C1143AAD CABA, Buenos Aires, Argentina

Site internet : La Pulpería 

Interview : Christophe Arrighi, chef de Paris Burger

Argentine-info est parti à la rencontre de Christophe Arrighi, chef de Paris Burger. Pour tous les français amoureux de fromage et les amoureux de vrai bon burger, ceci est votre paradis ! Burger, frites et limonade faite maison, bière française artisanale … Qu’attendez- vous ? Le restaurant est classé parmi les 3 meilleurs burgers de la capitale et ça donne vraiment envie ! Retour sur son parcours et son restaurant.

Paris Burger 

Bonjour, pouvez-vous présenter vous et votre parcours ?

Bonjour, je m’appelle Christophe Arrighi, je suis ici depuis 3 ans. Pour ce qui est de mon parcours en France, j’étais chef de cuisine, j’ai plus de 15 ans de cuisine. Et pourquoi je suis ici ? Parce que j’ai rencontré ma femme ici donc pendant 3 ans il y a eu des va-et-vient et puis finalement je me suis installé. Les circonstances en France avec mon ancienne société ont fait que j’ai décidé de m’installer en Argentine il y a 4 ans maintenant, en 2012, eh oui ça passe vite ! (rires)

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre cuisine et de vos produits ?

Ici nous faisons que de la cuisine maison. Je fais le pain, tout est fait maison. Rien n’est congelé, on n’a même pas de congélateur. Tout est fait au jour le jour. On travaille sur des bases de sauces de cuisine de gastronomie qu’on a modifiées pour qu’elles s’adaptent aux hamburgers. Après on travaille avec un français qui est dans la région de Suipacha ce qui nous permet d’avoir 9 fromages d’origine française. La viande, c’est un boucher qui me la prépare et me la livre tous les matins. C’est nous qui la moulons après. Donc tout est artisanal.

L’installation et le développement de votre entreprise a-t-elle été compliqué ?

Très compliqué ! (Rires) En fait, personne ne sait rien réellement ici, donc on va dire que c’est compliqué … Il y a beaucoup d’intervenants et il faut beaucoup plus de garanties qu’en France pour louer quelque chose. Après les travaux ici sont super longs. Une fois que j’ai eu le local, les démarches ont duré 6 mois pour pouvoir ouvrir, pour 20m² ! Donc je n’imagine même pas pour plus grand … (rires). Par contre, pour faire connaître le lieu ça a été très rapide. Les français viennent mais pas que, les gens viennent grâce à la qualité que l’on propose. Et je cuisine différemment de tout le monde aussi, ça attire ! Très vite, c’est le bouche-à-oreille qui a marché et en 1 an ça s’est très vite développé. Aujourd’hui, on fait un peu plus d’une centaine de burgers par jour.

La vie au quotidien d’un expatrié, comment ça se passe ?

Bien, ça va. Buenos Aires, c’est très européen. Je recommanderais la ville de Buenos Aires, oui et non. Alors oui mais il faut que les gens soient bien préparés parce que les prix augmentent de façon très rapide. Il faut se mettre dans la tête que aujourd’hui c’est 5 euros et que demain ça peut être 15 ! Après tout ce qui est équipement, c’est très très cher. Au niveau de la vie quotidienne, ça va. Les gens sont agréables, c’est bien. Mais c’est l’adaptation sur tous les prix et si on veut se meubler, si on veut y vivre … Tout est super cher.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Revenir en France ? Nan, je rigole ! (rires) Dans l’année, je suis en train de voir pour ouvrir un restaurant plus grand. Je n’en veux pas plusieurs, j’en veux juste un plus grand en proposant la même qualité. Un resto avec une salle avec une soixantaine de couverts. J’aimerais dans le coin, mais on va voir ça va dépendre du budget et des prix. Si c’est possible par ici, j’aimerais pouvoir continuer de travailler le jour et pourquoi pas faire un soir par semaine.

Lequel de vos burgers préferez-vous ?

Moi j’aime bien le Louvre (Fromage à raclette, sauce champignon et jambon cru, 200gr de viande), c’est un de mes préférés.

Lequel recommanderiez-vous à un français fraîchement arrivé à Buenos Aires ?

Fraîchement arrivé ? Il ne sera pas en manque de fromage peut-être … (rires) mais je dirais l’Elysée (Fondu de poireaux, camembert, bacon, sauce barbecue, 200gr de viande) , l’Eiffel (sauce du chef, reblochon, jambon cru et 200gr de viande) et le Montmartre (crème au bleu et ail, roquefort, roquette, jambon cru, oignon caramélisé et 200gr de viande) et pour quelque chose de différent les Tuileries avec une sauce Colbert au chorizo espagnol qui relève un peu la Tomme.

Où et quand ?
Ouvert de 11h45 à 15h30 du lundi au vendredi
Suipacha 180


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Interview: « J’ai assisté au Superclásico River – Boca ! »

À l’occasion du superclásico River/Boca Jr. qui auront lieu le 11 décembre dans le cadre du championnat d’Argentine, on vous refait découvrir les impressions d’un français qui avait pu assister à cette rencontre il y a de ça deux ans ! De quoi vous donner un aperçu de ce match si vous vous y rendez (chanceux !) ou une idée de l’ambiance qui y règne si vous avez décidé de rester derrière le poste de télévision !

superclásico

Supporters de River Plate – Crédit Photo : Wikipedia

Évènement incontournable en Argentine, la rencontre des deux clubs phares de Buenos Aires: River Plate et Boca Juniors ! En effet, ce match  est considéré comme un des événements sportifs les plus importants au monde ! Rien que ça !

Manque de chance, nous n’avons pas pu obtenir de billets mais pour nous rassurer, nous sommes parties à la rencontre d’un fan français qui, jalousé de beaucoup, a pu assister à ce match légendaire, rencontre …

Présente toi en deux mots …

Etudiant en école de commerce, je vis à Buenos Aires depuis 8 mois. Je suis venu faire mon stage de fin d’étude dans le secteur du Marketing. Par ailleurs, grand passionné de football, c’est tout naturellement que j’ai choisi l’Argentine, terre du ballon rond !

Comment as-tu obtenu les billets pour le superclásico ?

Ce fut très difficile sachant que River n’en a mis que très peu à la vente pour les « no socios«  (ce qui ne disposent pas d’abonnement au stade), il fallait s’y prendre bien à l’avance. Dans mon cas, je suis passé par l’intermédiaire d’une association d’étudiants rencontrée sur facebook. Il faut essayer d’éviter autant que possible les sites spécialisés dans la vente de tickets pour les étrangers.  Car ils en profitent pour gonfler les prix outrageusement pour un tel événement ! J’ai payé l’équivalent de 122 euros pour un siège relativement correct. J’ai vu certains tarifs allant jusqu’à 4000/5000 pesos !

Quel a été le meilleur moment durant le match ?

L’entrée des joueurs sans conteste. Grosse montée de décibels, jets de papiers par dizaines de milliers de la part de toutes les tribunes en même temps, fumigènes, chants… les supporters argentins considérés parmi les plus fervents du monde furent à l’apogée de ce qu’ils sont capables de produire. Il y avait tellement de papiers dans les airs que je n’ai même pas vu les joueurs entrer !

Et durant le match comment était l’ambiance ?

Excellente évidemment car ce match qui est la grande messe du foot argentin n’avait pas eu lieu depuis plus d’un an, à cause de la descente l’an dernier de River Plate en 2ème division. Les deux ennemis héréditaires étaient contents de se retrouver pour mieux rivaliser de chants de supporters. Le duel entre supporters a tourné à l’avantage de River Plate cette fois, pas tellement au niveau du bruit parce que les supporters de Boca Jr sont pratiquement imbattables à ce jeu là mais de par leur ingéniosité puisque à la mi-temps.  Ils ont fait monter devant la tribune de Boca Jr un cochon gonflable géant aux couleurs de Boca qui a amusé tout le stade.

rencontres sportives

Supporters de Boca Juniors – Crédit Photo : Wikipedia

On parle souvent de la violence dans les stades, l’as-tu senti ?

Comme pour tout événement de foot en Argentine, il faut faire attention, ne pas montrer de signes extérieurs de richesse, se faire discret. Les rencontres sont assez bien gérées par la police qui limite les possibilités d’affrontement entre les groupes de supporters rivaux en empêchant aux supporters locaux de sortir de l’enceinte du stade, tant que ceux de l’équipe visiteurs n’ont pas tous quitté les lieux. Pas de quoi avoir peur mais simplement être vigilant.

Et le match dans tout ça, un « partidazo » ?

Totalement à l’avantage de River Plate qui a marqué dès la 1ère minute de jeu puis qui a accentué son avance en milieu de 2ème mi-temps jusqu’au dernier 1/4 d’heure qui a vu Boca Jr jusqu’à lors à l’agonie rattraper son retard. Score final 2-2 avec un David Trezeguet très applaudi à chaque touche de balle mais qui n’a pas beaucoup pesé sur la rencontre.

rencontres sportives

Supporters de River Plate – Crédit Photo : Youtube

On remercie Xavier et sa parole d’expert !    

En conclusion, il est très difficile d’obtenir des places pour le superclasico ! Mais si vous voulez assister à un autre match de football, nous avons rédigé cet article pour vous ! Par exemple, un match de San Lorenzo est un régal au niveau de l’ambiance également !


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Interview : Mariano Mungo, co-créateur de Pachula Cerámica

L’équipe d’Argentine-Info est partie à la rencontre de Mariano Mungo, co-créateur en compagnie de sa compagne Erica Ontivero, de Pachula Cerámica. Ces deux jeunes argentins nous offrent des produits esthétiques et de qualité. Rencontre avec ces deux artistes dans leur atelier de la capitale !

Photo : Pachula Cerámica

Pouvez-vous vous présenter et présenter ce que vous faites ?

Bien, nous sommes Pachula Cerámica, je m’appelle Mariano et voila ma femme Erica. Nous avons lancé ce projet il y a près de 2 ans maintenant. Nous avons commencé par faire ce que l’on appelle la cerámica gres, faite à partir d’une pâte plus résistente, plus dure et plus imperméable que la céramique normale. Et depuis nous nous sommes aussi mis à créer des pots de fleurs en céramique normale. Nous avons également crée notre page facebook, Pachula Cerámica.

Que représente les dessins sur vos oeuvres ?

Généralement, nous dessinons des petits chats, des ours ou des koalas. Nous avons différents designs, tous plus colorés les uns que les autres. Ce que nous voulons c’est que les gens aient un petit et joli pot à poser dans leur maison ou appartement. Avec nos produits, les gens peuvent avoir sur leur étagère un objet de style.

Je crois que ce genre d’objet est également fait pour la ville, plus que tout. Certes principalement pour les maisons, mais pour la ville aussi car c’est un petit objet de style, et coloré qui réchauffe les coeurs et l’atmosphère.

Et comment fonctionne votre affaire jusqu’à présent Mariano ?

L’affaire marche bien. Nous ne pouvons pas encore vivre totalement de Pachula Cerámica mais une grande partie de nos revenus proviennent de ce projet. Ce que nous faisons c’est que nous envoyons beaucoup de pots à l’intérieur du pays, bien plus qu’à la capitale. Les gens nous contactent et nous font des commandes par la page facebook.

Quels sont vos principaux consommateurs ?  Y a-t-il un type spécifique de consommateur ?

Oui en effet. Les femmes de 20 à 50 ans. Surtout les femmes oui, plus que tout ! Les hommes aussi mais beaucoup moins. Beaucoup de femmes aiment nos designs car ils sont à la mode et font bon genre dans leur maison. Les femmes sont amatrices de ce type de produits.

Quand vous etes vous rendus compte que vous vouliez faire de la céramique votre métier ?

J’ai eu la chance d’aller au lycée. Au lycée j’ai donc choisi de suivre une formation en céramique. Quand j’eut terminé, j’ai fait un an de professionalisation en céramique. Puis le temps est passé et j’ai rencontré Erica, elle ne savait pas quoi faire alors je lui ai dit : “Pourquoi n’essaierais-tu pas la formation en céramique dans l’école où j’étais ?”. C’est ce qu’elle a fait et elle a adoré.

Puis nous nous sommes dit qu’il fallait acheter un four, qu’il fallait essayer et nous amménager un petit atelier pour nous lancer. Et voila, peu à peu, nous avons acheté le nécessaire pour commencer. Comme je te l’ai dit plus tôt, nous avons commencé avec la cerámica gres et ensuite nous nous sommes mis à produire des pots afin d’avoir un vrai objectif commercial.

Quels sont vos objectifs pour la fin d’année et celle qui arrive ?

Et bien, l’objectif principal est de produire plus de pots parce que l’on en a peu. Nous faisons encore les pots à la commande. Donc l’objectif est d’avoir plus de production pour pouvoir offrir plus de produits et nous exporter dans tous le pays.

Et pour l’année prochaine, notre objectif est de créer une boutique en ligne sur notre site internet pour pouvoir vendre nos produits et toucher plus de gens. Nous voulons aussi vendre à des prix inférieurs afin de vendre en plus grande quantité.

Et peut-être également, si l’affaire fonctionne bien, se trouver un vrai local. Car pour l’instant nous travaillons dans notre maison.

Et enfin, combien coûte un de vos pots ?

Alors cela dépend évidemment du produit, mais cela varie entre 180 et 300 ARS.


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Interview : Nayla Danchuk chanteuse de Tango

L’équipe d’Argentine-info est partie à la rencontre de Nayla Danchuk, une chanteuse de Tango de 21 ans de plus en plus sur le devant de la scène. Prestance et charisme sont les mots qui définissent le mieux la jeune femme qui termine en parallèle ses études de droit.

Bonjour Nayla, présente toi et parle nous un peu de ton parcours

– Bonjour je m’appelle Nayla, j’ai 21 ans, je chante le tango depuis que j’ai … 4-5 ans et je demandais déjà à mes parents de me faire passer à la télévision. Il n’y a aucun musicien dans ma famille mais à la maison il y avait toujours de la musique. Par exemple ma mère chantait en faisant le ménage, la cuisine … La première fois que je suis passée à la télé c’était à 5 ans, pour chanter mais seulement du tango en 1999 dans le programme de Videomatch de Marcelo Tinelli. Je ne sais pas si j’étais consciente que ça deviendrait ma vie.

Après ça j’ai continué à étudier le tango et notamment à 7 ans j’ai commencé a prendre des cours de technique vocale. Pendant cet apprentissage, j’ai fait une rencontre majeure : Nilda, organisatrice d’événements qui m’a mise sur le devant de la scène. Je ne savais même pas alors chanter avec un groupe, c’est avec elle que j’ai réalisé que j’aimais vraiment chanter en public! Plus tard, j’ai connu Oscar Barrios, un accordéoniste important de l’orchestre Alfredo de Angelis qui est devenu mon professeur et que je considère aujourd’hui comme mon deuxième père. Aujourd’hui il est toujours mon professeur et il m’accompagne parfois dans certaines Casas de Tango – Shows de Tango. En 2011 j’ai participé au festival de Cosquín que j’ai gagné, c’est une grande scène qui rassemble des milliers de spectateurs. Maintenant, je travaille avec des Casas de Tango et des compagnies comme celle de Sophie -Tango+Tango.

En plus de chanter, tu étudies le droit. comment gères-tu cela ?

Je crois vraiment que je peux faire les deux en parallèle. Depuis 2014 J’ai commencé ma formation de droit, c’est quelque chose qui m’a toujours intéressé. Mais quand j’ai commencé je voyais cela comme un second plan, une alternative. Aujourd’hui je mets sur le même plan le Tango et le droit. Par exemple on est en vacances d’hiver et je fais des cours intensifs, et ma priorité c’est de décrocher mon diplôme de droit. Aujourd’hui par exemple je suis allé à l’étude, je vous accorde cet interview puis je vais manger et directement je vais à la Fac avant d’aller travailler à la casa de tango le soir. Je crois que a me plaît d’être toujours occupée. Ah oui … et il y a aussi le fait que je serais la première personne de ma famille à décrocher un diplôme universitaire.

Comme tu l’as dit, personne de ta famille n’a de lien direct avec le tango. Alors pourquoi Nayla et le tango ? Et depuis quand ?

Depuis toujours. Au début en réalité je chantais de tout à la maison. Mais cette passion … ce n’est pas moi qui ai choisi le tango, c’est le tango qui m’a choisi. J’ai toujours aimé sortir dans les milongas. Mon idole c’est Rubén Juarez, un chanteur de tango qui joue de l’accordéon et c’est notamment grâce à lui que j’ai commencé à apprendre l’accordéon.
Les passions ne se choisissent pas, elles surgissent.

Quel est le plus beau souvenir de ta carrière de chanteuse de Tango ?

– Ah c’est difficile comme question!

– La victoire de Cosquín ? (Un grand festival devant des milliers de spectateurs)

– Peut-être .. oui, surement. Je n’aime pas faire des compétitions parce que c’est beaucoup de stress, d’angoisse. Même si on dit que l’on y va sans stress, on veut toujours gagner, tout le monde veut gagner. Ce festival je l’ai fait parce que mon entourage a insisté pour que je le fasse. C’est vrai que quand ils ont annoncé mon nom … ce fut une joie immense. Parmi ces beaux moments, j’aime beaucoup voyager et exporter le Tango hors de l’Argentine. Mais c’est compliqué parce que je suis très attachée à ma famille.

Nayla, tu as commencé à jouer de l’Accordéon depuis quelques années. Pourquoi ?

– Depuis petite j’aime l’accordéon. Mais ça coûte assez cher. Quand j’ai commencé mes premiers shows de Tango vers 15 ans, j’ai pu m’acheter mon premier accordéon. Un “Doble A” c’est le meilleur accordéon. c’est un super souvenir et le moment où je l’ai eu dans les mains pour la première fois … c’est aussi un des meilleurs moments de ma carrière. Aujourd’hui j’ai moins le temps de travailler l’accordéon. Mais de toute façon je ne veux pas devenir accordéoniste, je joue de l’accordéon pour m’accompagner au chant.

Tu es très jeune (21 ans). Comment te vois-tu dans 10 ans, juge ou chanteuse ?

Les deux. Ça ne me paraît pas du tout impossible. Mais surtout je me vois avec une famille, des enfants. J’ai une super relation avec mes parents et ma sœur de 16 ans et je suis très famille.

– Et il y a beaucoup d’opportunités de travail concernant le Tango en Argentine ?

– Le problème c’est qu’il y a plus d’offre que de demande, peu d’espaces physiques pour beaucoup d’artistes talentueux et peu de diffusion notamment à la télévision publique, on ne diffuse plus de programme de Tango.

– Et la télévision, ça aide pour se faire connaitre ?

– La télé ça aide pour se faire connaitre mais dans tous les cas dans le monde du Tango tout le monde se connait. C’est plus facile de s’exporter pour les danseurs que pour les chanteurs, et il y a très peu de grandes compagnies qui font des tournées internationales.

– Est-ce que vous souhaiteriez travailler à l’étranger ?

Voyager oui, mais pas vivre à l’étranger. Un producteur à Londres l’an dernier m’a engagée pour des spectacles et j’ai raccourci mon séjour de 15 jours, car ma famille me manquait trop.


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