A leur commencement en 1854, les sessions de la Chambre des Députés avaient lieu à Paraná. Les traces de ces assemblées étaient alors retranscrites à la main, au moyen d’une plume. Oui, car n’oublions pas que nous sommes au milieu du 19ème siècle… Le 22 octobre de cette même année, le président de l’époque, Justo José de Urquiza, décide d’instaurer les sessions ordinaires, qui se déroulent toujours aujourd’hui chaque 1er mars.

La Chambre des Députés argentine  –   Source: wikipedia

Un peu d’histoire

Les années ont passé et la Seconde Guerre Mondiale a éclaté.  Si l’on s’en rappelle aujourd’hui principalement pour les crimes nazis qui l’ont profondément marquée, il faut savoir que c’est également à cette époque, et plus précisément entre 1941 et 1943 qu’eurent lieu les sessions de la Commission Spéciale en charge des Investigations sur les Activités Anti-Argentines. Ces assemblés avaient alors pour but d’étudier l’incidence de l’idéologie national-socialiste sur les publications, les réunions et les fonctionnaires publics. Parmi le contenu de ces sessions, on sait par exemple que c’est à ce moment-là que s’est passé un accord permettant de ne pas considérer la communauté allemande présente localement comme des partisans d’Hitler, sous prétexte que ces derniers ne dépassaient pas les 10% de la population germanique dans le pays. Par ailleurs, on retrouve également les traces de certaines écoles, dénoncées pour avoir fait de la propagande nazie, ou encore la promotion de l’antisémitisme.

La digitalisation en marche 

Vous vous demandez donc sûrement pourquoi on vous parle de tout cela ! Et bien tout simplement parce que ces archives font partie des 130 000 dossiers désormais disponibles sur le site web de la Direction des Archives, Publications et des Musées de la Chambre des Députés !

Ce programme de Digitalisation de la Documentation Historique de la Chambre a été lancé en 2012, et le moins que l’on puisse dire est que la tâche est ardue, puisque Matías Peña Onganía, en charge de la Direction des Archives, estime qu’il existe environ 6 millions de documents de ce type !

Il s’agit donc d’une nouvelle source d’informations tout à fait considérable, pour les historiens d’une part, mais également pour tous les curieux de l’histoire de l’Argentine. Vous pourrez pour le moment retrouver tous les documents produits entre 1862 et 1955. De fait, il vous sera par exemple possible de partir sur les traces du projet qui a rendu férié le jour de la mort de José de San Martín.

Les documents sont également accessibles directement aux Archives de la Chambre, mais à consulter avec précaution et en s’équipant de gants. Vous pourrez ainsi revenir sur l’histoire du suffrage féminin, et apprendre qu’en 1940, un groupe féministe avait fait une présentation devant les Députés afin d’exiger ce droit aujourd’hui largement acquis.

Selon Matías Peña Onganía lui-même, la digitalisation de ces documents, qui va pour l’instant jusqu’en 1955, a coûté entre 8,5 et 9 millions de pesos. La suite de ce processus dépendant du pouvoir politique, reste à voir si le prochain dirigeant du pays choisira de poursuivre ce projet…


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