Première mondiale

En ce 23 Décembre, une affaire met l’Argentine à la une des médias internationaux. Sandra a 29 ans, et nous vient d’Allemagne. Elle a passé sa vie emprisonnée alors qu’elle n’avait commis aucun délit et ce n’est qu’avant hier qu’un tribunal argentin vient d’autoriser sa remise en liberté. Pour une humaine, tout le monde se réjouirait, sauf que Sandra est une femelle orang-outang : le débat sur les droits des animaux est relancé.

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Source FlickR – Sébastien Bertrand

En mars, la législation française a fait passé le statut des animaux de “meubles” à “êtres vivants doués d’une sensibilité”. Cette fois, c’est l’association sud-américaine de défense des droits des animaux, AFADA, qui a obtenu gain de cause auprès d’un tribunal de Buenos Aires. L’association avait déposé une requête en habeas corpus, soit le fait qu’il est illégale de nos jours de détenir quelqu’un arbitrairement, sans raison. L’habeas corpus, un des fondements du droit moderne suite à l’adoption de la Magna Carta en Angleterre en 1215 a toujours été utilisé pour des humains, et c’est donc une première mondiale que de le voir appliqué pour un animal.

“Une personne non-humaine”

Après étude du cas, les juges ont estimé que Sandra était douée d’une certaine sensibilité (elle essayait d’ailleurs toujours de se cacher du regard des visisteurs dernièrement) et lui ont attribué le statut de “personne non-humaine”. Au Etats-Unis pourtant, une requête habeas corpus pour un chimpanzé a récemment été rejetée, le tribunal considérant au contraire que l’animal n’était pas doté d’une sensibilité suffisante pour réellement souffrir de sa condition de détention.

Cependant, même s’il est désormais probable que Sandra puisse finalement rejoindre un sanctuaire naturel au Brésil, les experts émettent des doutes quand à sa capacité de survie en liberté, elle qui a toujours vécu en captivité. Par ailleurs, cette libération résulte d’une décision d’un tribunal seulement mais ne témoigne pas d’une avancée générale des droits des animaux en Argentine. Le traitement réservé aux animaux du zoo de Lujan laisse ainsi penser que l’Argentine a encore du chemin a parcourir avant de montrer l’exemple en matière de respect des animaux à l’échelle mondiale.


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