Epecuén, petite ville touristique des années 20, est située à 550 Km au Sud-Ouest de Buenos Aires. La station balnéaire de 1 500 âmes était bordée par un lac salé et attirait près de 25 000 touristes tous les ans. Elle faisait grande concurrence à Mar del Plata.

El Matadero à Villa Epecuén- dr_pablogonzalez

Epecuén, une station balnéaire en vogue depuis les années 20

A l’âge d’or de l’Argentine, la ville attirait les touristes mais aussi les aristocrates venus de la capitale , et ce grâce à ses eaux dix fois plus salées que la mer.
Ces eaux hautement minéralisées avaient des propriétés curatives similaires à la Mer Morte. Et qui ont donc contribué à la réputation de la petite ville.
Cancer, arthrite, rien n’échappe au fango : le remède contenu au fond du lac d’Epecuén. D’ailleurs en Mapuche, Epe Cuen signifierait la brûlure laissée par le sel sur la peau.
Face à cet incroyable succès, la ville s’équipe très rapidement de nombreux hôtels, discothèques, boutiques, restaurant et même un petit château (de style français).

Une crue sans précédent

En novembre 1985, une forte tempête et de nombreuses précipitations eurent pour conséquence de faire céder le mur de contention entre le lac et la ville. Le niveau du lac monta de 10 mètres, inondant et submergeant ainsi toutes les maisons, et forçant les habitants à fuir.
La ville fut déserte en deux jours. Les espoirs que l’eau se retire se sont rapidement évaporés.
Bon nombre de citadins se sont donc dirigés vers la ville la plus proche, Carhué.
Cependant, il faut reconnaître que la catastrophe était prévisible. Un plan de canalisation devait être mis en place pour limiter la montée des eaux. Malheureusement, l’instabilité politique des années 70 puis la dictature militaire gelèrent le projet et condamnèrent la ville.
Heureusement, aucun mort ne fut à déplorer mais les habitants de la petite ville perdirent tout ce jour-là. Après de nombreuses années à dans le domaine du tourisme ils durent apprendre à vivre dans la ville de Carhué, dont la principale activité était l’agriculture.

Une ville fantôme

Photo aérienne de Epecuén – amusingplanet

Pendant près de 25 ans, Epecuén est restée submergée sous les eaux salées. Puis, peu à peu, suite aux changements climatiques des dernières années, l’eau s’est retirée pour laisser place à un surprenant spectacle : une véritable “ville fantôme“. Rien n’a été reconstruit, tout a été gardé en l’état. Car dorénavant, cette ville est devenue une attraction !
Le spectacle est impressionnant : restes de voitures et de meubles oxydés, escaliers qui ne mènent nulle part, paysage apocalyptique, arbres d’un blanc fantomatique suite à la morsure prolongée du sel. La nature a finalement repris le dessus sur les constructions des hommes.

Comparaison de la ville d’Epecuén entre une photo des années 70 et aujourd’hui, édifiant… – amusingplanet

Anecdote d’Epecuén ; Pablo Novak

Âgé de bientôt 90 ans, Pablo Novak a refusé de quitter sa ville et vit encore aux abords de la cité fantôme. Il aime raconter que son père disait souvent que la nature reprendrait son droit, mais assure qu’il a toujours su que l’eau finirait par lui rendre sa ville bien-aimée. Après 25 ans de patience, l’histoire lui a finalement donné raison. Aujourd’hui, Pablo est le seul habitant de la ville, vous pourrez l’apercevoir pendant l’une des ses quotidiennes balades à vélo dans la ville fantôme.

La vie solitaire de Pablo vivant à Epecuén – amusingplanet

Que vous souhaitiez vous faire une frayeur, méditer sur la relation entre l’homme et la nature. Ou alors tout simplement partir y vivre seul comme Pablo, Epecuén mérite d’être vue et offre un spectacle qui fait réfléchir. Attention néanmoins, seuls les plus courageux y parviendront. Car, en effet, six heures de voiture sur pistes sont nécessaires pour y parvenir depuis Buenos Aires.

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