On prête aux français une certaine argentinophilie, et ce notamment car beaucoup d’étudiants choisissent Buenos Aires pour effectuer un échange universitaire ou parce que de manière générale ils aiment beaucoup voyager “en mode sac à dos, mode de voyage adapté à la découverte des merveilles de l’Argentine.

Récemment, nous avons remarqué un nouveau projet de création d’une bande dessinée portant sur l’Argentine. Les initiatives artistiques des francophones portant sur l’argentine étant assez rares pour être soulignées, nous en avons donc profité pour poser quelques questions à Valentin, Émilie et Romain à propos de ce projet original, actuellement en quête de financement sur Ulule.

Labo Urbain

Labo Urbain – Photo : Argentine : Le Labo Urbain

Valentin Chevreuil – Dessinateur pour le projet « Argentine – Le Labo Urbain »
Émilie Lamine – co-auteur
Romain Ducloz – co-auteur 

1) Bonjour ! Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ?

“On est un peu The Good The Bad and The Ugly, sauf qu’on n’a pas encore décidé qui était the Ugly…”

Valentin : Eh bien je suis un homme de 26 ans, blond, qui manque parfois de sérieux. Je me définis en tant que dessinateur. J’aime à dire que c’est ma vocation, tout du moins mon meilleur moyen d’expression. Vous voulez apprendre à me connaître, voyez comme je dessine. J’ai obtenu mon bac options Arts-plastiques en 2007, puis j’ai fait une année préparatoire en communication visuelle à Nantes. Depuis ça… Petits boulots et longues périodes de chômage pour un profil difficile à “caser”. Alors côté expérience, ça me pousse aussi à me lancer dans ce genre de projet, qui s’avère être une véritable aventure.

Émilie : Moi j’suis pas blonde, j’suis pas un homme et je suis très sérieuse. Non, je suis une jeune journaliste de 24 ans et co-auteur du projet de BD-reportage « Argentine – Le Labo Urbain ». En fait, on a tous les trois des profils bien différents et c’est surement ce qui va nous permettre d’avoir un contenu original et concret dans notre BD. Le fait que nos personnalités soient différentes, ça nous permet de confronter toutes nos idées et d’en ressortir le meilleur. On est un peu The Good The Bad and The Ugly, sauf qu’on n’a pas encore décidé qui était the Ugly…

Romain : Salut, oui donc Romain, 30 ans, actuellement barman à Montréal. Ça fait 7-8 ans que je suis saisonnier, je travaille dans plusieurs domaines qui me permettent de voyager, découvrir, partager et continuer ma petite vie… J’ai grandi à moitié entre Aix [en Provence] et Strasbourg, ce qui m’a donné la bougeotte et le goût du voyage très tôt. Travailler en voyageant ou voyager en travaillant est pour moi ma façon de trouver le bonheur, pour cela je voudrais le partager avec vous.

2) Comment définiriez-vous l’idée générale de votre projet en une phrase ?

V. : L’homme façonne le monde, mais comment le monde – et l’urbanisme en particulier  façonnent-ils la vie de l’homme ?

E. : J’ai déjà du mal à condenser mes idées dans ma tête alors me demander de résumer notre projet en une phrase… Hmff. Le récit coloré de rencontres humaines sur un décor urbain.

R. : Une expérience en Argentine pour ramener des histoires humaines et réelles, sur fond d’impact urbanistique, le tout, traduit sous forme de bande-dessinée pour plus de fun !!!

3) Et un peu plus en détail, quelles sont les motivations derrière ce projet ?

” Une BD […] qui part de l’urbanisme pour parler de l’Homme”

V. : La motivation majeure est que l’urbanisme en Argentine cristallise particulièrement les problèmes du pays, c’est à dire une évolution régressive et une grande fracture sociale. Qui dit social, dit humain et nous voulons donner la parole aux acteurs qui vivent cette crise de près, raconter leurs parcours de vie, leurs histoires au travers du thème de l’urbanisme. L’architecture est très souvent à l’image du peuple, mais il manque toujours, selon moi, ce lien entre celui-ci et son environnement qui nous permet de mieux les comprendre.

E. + R. :  Valentin a tout dit. Et c’est aussi que, le choix de partir de l’urbanisme nous permet de ne pas tomber dans les clichés qu’on pourrait avoir en tant qu’Européens qui partent en Amérique du Sud : cette espèce de vision bicéphale du positif VS négatif, pauvre VS riche, etc. Avec l’urbanisme et la narration, on ne peut pas se tromper. Les lieux de vie ne trompent pas et ce que les gens qui y vivent en racontent, ça ne peut pas mentir. D’où l’idée d’une BD sous forme de récit narratif, qui part de l’urbanisme pour parler de l’Homme en Argentine.

Labo Urbain

Labo Urbain – Photo : Argentine : Le Labo Urbain

4) Pourquoi avoir choisi la BD comme medium ?

la BD permet une plus large interprétation”

V. : La BD est un medium idéal pour parler de choses ” vraies”. On prend souvent la BD comme un ouvrage “amusant”, “fun”, parfait pour des histoires fictives… Mais plutôt qu’un livre-photo agrémenté de textes en légende, qui montre les choses telles qu’elles sont, la BD permet une plus large interprétation, avec une bonne dose d’imagination. On montre les choses d’une façon que nul autre media ne pourrait les montrer sans s’écarter totalement pour autant de la réalité du terrain.

E. : C’est comme permettre aux rencontres de revivre en images tout en laissant place à l’imagination du trait et à la beauté de la trame visuelle. Ce qui est chouette aussi, c’est que pour arriver à la BD, on passe de toute façon par les autres médias ! On enregistre les rencontres, on prend les choses, les lieux, les gens, les faits en photo, on écrit le récit et les anecdotes et tout ça est retranscrit en image dessinée à la fin.

R. : La BD c’est beaucoup plus fun. Personnellement, ça me parle bien plus et c’est très motivant. Puis, les dessins de Valentin vont vous convaincre.

5) La BD sera-t-elle scénarisée, avec une aventure, ou prendra-t-elle plutôt la forme d’un documentaire ? 

“Un peu des deux mon capitaine !”

V. : La BD sera effectivement scénarisée avec une, voire plusieurs histoires qui s’entrecroisent. Le storyboard n’est pas encore définissable puisque le vécu apporté par ce voyage nous permettra au fur et à mesure de construire le scénario. Pour ce qui est de l’aspect, nous désirons d’avantage l’aspect d’un roman graphique qu’une BD, comics. Ce que j’entends par là c’est que nous ne voulons pas d’un format typique avec seulement des ensembles de cases juxtaposées les unes aux autres. Il y aura des ensembles de pages avec dessins grands formats, parfois peut-être des doubles pages. A la hauteur d’une aventure humaine !

E. : Le documentaire est lui aussi scénarisé de toute manière. Donc c’est un peu les deux. À l’image du documentaire, on va sélectionner des personnages pour raconter une histoire plus globale et à l’image de l’aventure, on va vivre l’expérience par des rencontres dans un pays riche de cultures et de contrastes. Mais en même temps, c’est un peu contradictoire de dire ça puisque le documentaire est aussi une aventure ! Et s’il n’en n’est pas une, il débute par ça en tout cas.

R. : Un peu des deux mon capitaine ! On y verra des aventures comblées de plusieurs chapitres avec les anecdotes tirées du réel. On pourrait dire une BD reportage/aventure ??

Photo Flickr Natalia Romay Photography

6) Si je comprends bien, vous allez étudier l’Argentine à travers le prisme de l’urbanisme ! Et les humains dans tout ça ? 🙂

“C’est l’humain avant tout !”

V. : Nous parlerons des Argentins avant tout, de certains en tout cas, à travers « le prisme de l’urbanisme ». L’être humain est central dans notre projet, l’urbanisme est une sorte de prétexte. C’est en parlant du vécu de certains Argentins que nous mettrons en avant l’idée d’urbanisme.

E. : On est contents que vous posiez cette question parce que c’est la base de notre projet. C’est l’humain avant tout ! Sauf qu’on ne va pas « étudier » l’Argentine, on va raconter une histoire sur l’Argentine. Mais on aurait pu dire qu’on partait du prisme des sciences, de la musique, de la politique ou de l’économie, le résultat aurait été le même ; on a beau dire ce qu’on veut, c’est toujours l’humain avant. Après, tout dépend la façon de le détourner comme les politiciens ont l’habitude de le faire. L’urbanisme, malgré l’image carrée qu’il peut encore avoir aujourd’hui, doit exister pour l’humain et par l’humain. Et dans notre BD, l’urbanisme nous permet d’aborder l’homme dans son environnement. Tout comme le théâtre a son décor, l’homme a son environnement. Et comme dit Valentin, l’urbanisme est le prétexte. Mais c’est un prétexte cohérent puisque les problématiques urbaines et urbanistiques sont assez intenses et touchent directement le quotidien.

R. : Je vais me répéter un peu avec la question d’avant, mais nous partons à la recherche d’histoires humaines et réelles.

7) A qui s’adresse la BD ?

“Notre regard, notre différence de culture sont totalement assumés”

V. : En réalité nous espérons toucher un très large public, et c’est aussi une des raisons du choix de la BD. Toutes les générations sont touchées par les bandes-dessinées. La BD est ludique et plus facile d’accès. En société on aime raconter des anecdotes parce que c’est parlant, c’est captivant, ça nous touche. C’est ce que nous désirons pour notre projet. Préférez-vous parler d’une histoire vraie lue dans une BD-reportage avec vos propres mots ou simplement paraphraser un article de presse lu dans un magazine d’architecture ?

E. + R. : Quand on dit grand public, c’est au sens littéral du terme ! On insiste vraiment sur le fait que la BD est humaine et l’humain ne touche pas seulement des spécialistes ou des amateurs d’urbanisme. Alors si vous appréciez lire de la bande-dessinée, que les questions sociales, de voyage, de culture, d’urbanisme, de rencontres, de vie, de politique ou d’Amérique Latine vous intéressent, c’est sûr qu’Argentin – Le Labo Urbain vous est adressée ! Après on l’explique aussi sur notre page Ulule, on sait qu’on part en tant qu’Européens et notre regard, notre différence de culture sont totalement assumés. C’est un atout pour notre BD, parce qu’on part avec un regard neuf et presque vierge. Donc les Européens et les Argentins seront encore plus que les autres touchés par notre projet.

8) Quand et comment pourra-t-on l’obtenir ?

Toute l’équipe : En fait, vous pouvez déjà l’obtenir en quelque sorte, ou du moins vous en réserver une tout en participant au projet sur notre page Ulule. C’est très simple, tous ceux qui sont intéressés par ces questions et par ce genre de projet peuvent contribuer sur notre page et obtenir des contreparties. Mais la BD devrait être finalisée à la fin 2015 si tout se passe bien.

9) Et bien merci pour toutes ces précisions ! On espère vraiment que vous pourrez mener le projet à bout, et pour notre part, on a hâte de découvrir la BD d’ici quelques mois ! 

Toute l’équipe : Merci !

Si le projet vous plaît, n’hésitez pas à suivre son avancée sur sa page Facebook, ou à soutenir l’équipe sur la page Ulule ici, et pourquoi pas à précommander votre exemplaire ! 


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