Lundi, le Gaumont de Buenos Aires affi­chait salle pleine pour la pre­mière du film “La 21, Barracas” de Victor Ramos. Mais, chose peu com­mune, les spec­ta­teurs étaient les acteurs du film pro­jeté ce soir là!
Quelques 200 habi­tants de la villa 21 de Buenos Aires ont en effet joués (sans maquillage ni arme à blanc!) dans ce film de Ra­mos, voulu comme plai­doyer contre la violence et la justice personnelle.

Ce soir là, les acteurs du film n’ont pas eu besoin de tapis rouge à l’entrée. Ils se sont sim­ple­ment assis, cer­tains même au sol, atten­tifs à ne pas perdre une miette de l’évènement! …Obscurité, le silence se fait…la séance commence…
L’écran devient alors un miroir. Ceux pro­je­tés sur le mur sont ceux assis dans les sièges de la salle. Ils se regardent, se recon­naissent. Fiction et réa­lité s’entremêlent le temps de quelques heures.
On entend un air de cum­bia et le par­terre de spec­ta­teurs applau­dit en rythme.
Il y a une scène d’amour et des sou­pirs flottent dans l’air.
Il y a des tirs, du feu, un duel à mort…et par chance dans la salle, les duel­listes se serrent dans les bras étant amis depuis quelques temps déjà!

Julio Zarza, acteur principal du film

Le synop­sis du film : un affron­te­ment entre deux bandes avec pour toile de fond une histoire d’amour. Le film se veut le reflet de la guerre de 15 groupes qui a eu lieu dans le quartier de la Villa 21 pen­dant 7ans à Buenos Aires.

“Le film dénonce l’absence de l’État à ce moment de l’histoire alors qu’à seule­ment 20 cua­dras du Congrès de la Nation les bandes de la villa appli­quaient leurs propres lois basées sur la vio­lence, les armes et la ven­geance. Grâce à ce film, toutes les classes sociales découvrent la vie au coeur des vil­las, leurs codes, leurs valeurs cultu­relles, la soli­da­rité qui y demeure et tout ce que l’on peut apprendre des pauvres en Argentine” explique le direc­teur du film, Víctor Ramos.

Source : Clarín – Actuaron su propia vida en una alegato contra la violencia
Photos : site Clarín.com