L’ONG Transparency International, basée à Berlin et qui évalue chaque année l’indice de perception de la corruption dans 175 pays du monde vient de publier son rapport annuel. Alors que la Corée du Nord et la Somalie continuent de se partager la dernière place du classement et que le Danemark trône en tête, l’Argentine perd encore une place au classement et devient 107ème/175. Pour le continent américain, l’Argentine occupe la 22ème place/32, derrière notamment le Brésil, le Pérou, la Colombie, la Bolivie et le Mexique.

 

Transparency International – (téléchargez l’infographie en grand ici)

Voici en résumé la situation de l’Argentine selon l’ONG

Sur le secteur publique 

Le pays possède une législation sensée prévenir efficacement la corruption du secteur public et il existe des institutions créées spécialement pour lutter contre la corruption. Toutefois, ce qui manque en Argentine, ce ne sont pas des lois anti-corruption mais leurs mises en application. La responsabilité des élus (nationaux et provinciaux, comme les gouverneurs de provinces) reste peu contrôlée et le sentiment d’impunité plombe l’intégrité de ces derniers.

Sur les lobbys et les sources de financement politique

Malgré un contrôle des finances en politique et une réforme électorale en 2009, le financement des partis politiques est encore fortement opaque. Depuis la réforme, il est interdit aux entreprises de participer au financement des campagnes électorales, mais elles peuvent toujours le faire en dehors des périodes de campagne…  Par ailleurs, la “publicité gouvernementale” n’est pas régulée, ce qui permet potentiellement au pouvoir en place d’utiliser ce genre de campagnes publiques pour mettre en avant son bilan ou ses réformes. Il existe donc une iniquité entre le gouvernement en place et les challengers lors des élections présidentielles.

 Transparency International 

Sur la justice

L’élection et la nomination des juges en Argentine n’est pas très transparente ni bien régulée, ce qui suggère que ces nominations puissent être politisées. Les collusions supposées entre l’exécutifs et le pouvoir judiciaire sont régulièrement dénoncées.

Accès à l’information (publique)

La constitution argentine mentionne l’obligation du droit à l’information mais il manque encore une législation concrète sur ce que doivent publier publiquement le gouvernement et les élus. Un décret de 2003 ouvre l’information publique à des entreprises et acteurs privés, mais seulement à ceux qui sont placés sous la juridiction argentine ou qui reçoivent de l’argent du gouvernement argentin. Il manque donc encore une vraie loi qui obligerait les politiques à rendre publique leurs comptes et leurs travaux.  

Pour plus d’informations et de statistiques, vous pouvez consulter la page de l’Argentine du site Transparency International ici.


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