Des fruits et légumes à l’électronique en passant par les jouets, chemises, chaussures et lunettes, toutes sortes de marchandises peuvent être achetées sur un des nombreux stands de vente illégale de Buenos Aires. Ces stands, bien souvent un bout de tissu où sont exposées les marchandises en vrac, échappent au contrôle des autorités politiques, policières et judiciaires.

D’après une étude de la Chambre Argentine de Commerce, le mois de mars 2011 représente un record dans l’expansion de ces stands illégaux : 2123 ont été comptabilisés. En deux ans, le nombre de stands de vente illégale a doublé.

Rue Florida, Buenos Aires-Photo : Wikimedia Commons

La rue piétonne Florida continue d’être l’épicentre de ce commerce. Les 343 stands recensés fonctionnent de manière organisée, souvent commandés par des hommes en costume qui parcourent la rue pour repérer les inspecteurs et alerter.

Cette vente est bien sur interdite dans la capitale et théoriquement sanctionnée par des amendes, néanmoins, les autorités ne semblent pas montrer de volonté pour changer cet état des choses.

« Il s’agit d’un problème de la Justice, de la Police, du gouvernement et de la douane et chacun de ces acteurs doit agir de manière coordonnée pour combattre cette situation. C’est un sérieux problème qui tend à se développer » selon Carlos de la Vega, président de la chambre de commerce.

Cette vente illégale pose en effet le problème de la concurrence déloyale pour les commerçants qui vendent des articles homologués, donc plus chers, payent des impôts et un local. De plus, la marchandise vendue dans la rue n’est pas le fruit du travail de petits producteurs défavorisés mais de grandes industries illicites qui financent parfois des réseaux criminels ou mafieux.

Face à la montée de cette dérive, le gouvernement de la ville a proposé un projet pour renforcer les sanctions : pour les vendeurs, l’amende passerait de 600 à 1000 pesos et pour les organisateurs de l’activité celle-ci s’élèverait à 60 000 pesos, au lieu de 30 000 actuellement.

Source : Es récord la venta ilegal en la ciudad