La culture argentine est riche et variée. Parmi tous les mythes qui existent, la figure du gaucho est de loin la plus représentative d’une certaine identité argentine. Une identité rurale, populaire et traditionnelle. Alors, que nous dit le mythe du gaucho ? Qui est cette figure centrale qui représente beaucoup en Argentine ? 

Portrait du gaucho

Pour commencer, voici quelques caractéristiques du gaucho. Tout d’abord, il y a la vie équestre, l’alimentation carnivore, les rudes intempéries, les vents toniques de l’océan et de la Pampa l’ont façonné maigre, dur et agile.
Puis, notons que le désert et la solitude l’ont fait taciturne et silencieux.
Ensuite, la liberté et l’abondance l’ont fait hautain mais hospitalier et loyal. Pour ce qui est de l’héritage qu’il a recum on peut dire que du conquistador il aura reçu le cheval et la guitare. Et de l’indien, le poncho, le bandeau, le maté et les boleadoras. Enfin, son langage mélange l’espagnol archaïque à des éléments indigènes auxquels s’ajoutent quelques notes portugaises et africaines.

Le mythe du gaucho aujourd'hui

Les gauchos des temps modernes à cheval pour la fête de la tradition à San Antonio de Areco – Source : Betrand Mahé

Le mythe du gaucho, d’hier à aujourd’hui

Tout commence à la fin du XVIIIème siècle. A cette époque, dans la Pampa argentine apparaît la figure du gaucho. À l’origine c’était un métis hispano-indien rejeté par la société. En langue Quechua, huacchu signifiait orphelin ou solitaire.
Il devint alors le symbole de l’homme libre, qui vit en marge de toute légalité et qui se moque des conventions. Certains vivaient parfois du banditisme, comme l’histoire de la ville de Tandil nous le rappelle.

En ce temps-là, les gauchos avaient souvent une spécialité. Parce qu’ils connaissant particulièrement bien leur région si bien que les gens les employaient souvent à des fins particulières, ce qui a donné lieu à des appellations selon les activités des gauchos :

  • Le baquiano était le meilleur guide que vous pouviez trouver. Souvent très solitaire voire sauvage, il connaissaient les moindres recoins de sa région et était, de ce fait, souvent engagé par des militaires.
  • le chasque était le gaucho qui avait la tâche de faire le coursier à travers la pampa. Eh oui, les gauchos étaient également en charge du service postal de l’époque !
  • Le payador était un musicien itinérant. C’est un maître dans l’art de l’improvisation. Donc si un payador en rencontrait un autre, ils se livraient à un duel de payadas. Il s’agit d’un chant : le payada de contrapunto.
  • Le rastreador était le chasseur par excellence. Capable de comprendre mieux que personne les pistes et les empreintes dans la nature. Il était souvent engagé pour retrouver des animaux ou des personnes disparus.

Le gaucho : un travailleur à cheval

Quelque soit leur spécialité, les gauchos avaient tous un point commun : ils étaient des cavaliers extraordinaires.

Aujourd’hui il n’existe plus de vrais gauchos illustrant le mythe de l’homme sombre et solitaire parcourant les grandes plaines argentines. Néanmoins le terme de gaucho désigne toujours le paysan argentin, excellent cavalier, vivant de l’élevage (bovin et ovin) et des activités économiques et culturelles dérivées (consommation de viande et utilisation du cuir). 

Le plus souvent on le distingue par ses vêtements et outils. Il porte généralement une bombacha ( pantalon traditionnel en toile, resserré à la cheville), un tirador (large ceinture) et aussi une boladora (lasso argentin) et un facon ( couteau traditionnel).

Les gauchos et le maté

Bien sûr, la tradition argentine du maté est, en partie, un héritage des gauchos. En effet, ces derniers avaient l’habitude d’en boire ensemble et conviait quiconque les rencontrait à les rejoindre lors de cette cérémonie particulière. Ainsi, la tradition voulait que le maté passe de main en main dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, pour que le temps passé ensemble s’écoule moins vite.

Le maté, véritable tonifiant, aidait les gauchos à tenir face à leur rythme de vie rude et à la froidure de l’hiver. Il est également un symbole de leur hospitalité et de leur fraternité.

Gaucho buvant du maté

Un gaucho buvant du maté – Source : détail d’une toile de Juan Manuel Blanes, “Los Tres Chiripás”

La naissance du mythe du Gaucho

La culture argentine souligne avec beaucoup de force le mythe du gaucho qui est presque tout le temps associé à la Pampa. Au delà du mythe, le gaucho joue un grand rôle dans l’histoire du pays. En effet, il est acteur de nombreuses guerres d’indépendance et civiles) ainsi que dans la littérature gauchesca ont contribués à édifier cette image.

Par exemple, il y a l’incontournable livre “El Gaucho Martín Fierro” vu comme “la Bible Gaucha”. Ce poème de José Hernández écrit en 1872-1879 tient son originalité de deux choses. D’une part, la transcription phonétique du “parlé” des gauchos. D’autre part, de la défense de leur cause.
À l’époque les gauchos étaient enrôlés de force dans l’Armée Nationale. Or, obéissant uniquement à son désir de liberté, le héros du poème, Martín Fierro, refuse de se soumettre aux chefs militaires l’obligeant à fuir et à se réfugier dans les terres indigènes.
Grâce à ce texte épique et poétique qui défend la cause gaucho ces derniers cesseront d’être vus comme des personnes anti-sociales et “hors la loi”. Ils auront gagné ainsi leur image de héros national argentin.

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