Il arrive parfois de voir descendre dans la rue des Argentins brandissant des casseroles. Attention, cette pratique sort du cadre strictement culinaire de l’asado, elle est même destinée à écrire l’histoire du pays. Mais qui sont donc ces Cacerolazos ?

Des cacerolazos en action, en Argentine – LaRepublica

Une exception argentine ? Pas vraiment…

Le « concert de casseroles », comme on l’appelle poétiquement en France a été inventé en Algérie dans les années 1960 par les pieds noirs. C’était alors un moyen de protestation contre l’indépendance du pays.

Pourtant, c’est bien en Amérique Latine que le phénomène, repris d’abord au Chili, va prendre toute sa signification, son ampleur et même son nom de cacerolazo (signifiant littéralement « coup de casserole »). En effet, en 1971 a lieu au Chili « la marche des casseroles vides » : les femmes (principalement de la haute-bourgeoisie) sortent dans les rues équipées de leurs casseroles vides pour montrer l’état de pénurie alimentaire qui frappe le pays et protester contre le gouvernement de Salvador Allende qui finit par tomber en 1973 au profit du coup d’état de Pinochet.

Et l’Argentine dans tout ça ?

En Argentine, c’est pendant la crise de 2001 que le cacerolazo apparaît. Pour lutter contre la crise et les décisions trop libérales du Président de la Rua, ces concerts apparaissent spontanément un peu partout et culminent le 20 décembre sur la plaza de mayo lors de l’un des plus grands cacerolazos jamais recensés. Encore une fois, la pression populaire est si forte que le gouvernement de la Rua finit même par tomber.

Méfions-nous toutefois, ce mode opératoire n’appartient pas qu’à l’histoire passée : en 2012, de nouveaux cacerolazos sont organisés, cette fois-ci, pour protester contre la politique de Cristina Fernandez Kirchner, sans réelles conséquences (On ne fait pas tomber un gouvernement à chaque coup de casserole !). Le phénomène, quant à lui, s’est exporté puisqu’il est à présent pratiqué dans de nombreux pays d’Amérique Latine (Uruguay, Venezuela) mais aussi au Québec ou en Islande.

Vous savez désormais comment signaler votre mécontentement, façon argentine et sans employer la pléthore d’insultes du Tano Pasman ! La question qui demeure, à quand le prochain concert ?


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