Durant la crise économique de 2002, près de 3 millions de personnes ont adhéré aux clubs de troc en Argentine. À l’origine de ce concept, une poignée d’idéalistes, des biens et services à échanger, dans un but commun : trouver un système d’échange différent de celui qui avait plongé le pays dans la pire crise économique du pays.


Source : 1001monnaies

La nécessité du mouvement

Après deux ans de récession, l’économie Argentine s’effondre. Le Fond Monétaire International ne souhaite plus concéder de prêts, révisant à la hausse la dette publique. Logiquement les économies de la classe moyenne y passent. Le peso est dévalué et il l’est toujours. Durant la crise, le taux de chômage atteint 23 % et celui de la pauvreté, 57 %. «Les institutions qui traditionnellement fournissaient une aide aux plus démunis n’offraient plus aucune réponse», communique Rúben Ravera, cofondateur du Réseau des clubs de troc.

La naissance des clubs de troc

Sans emploi, ni revenus, il reste aux Argentins plus qu’à chercher une façon de s’approvisionner sans utiliser le peso comme monnaie d’échange. Plusieurs se sont alors «convertis» aux clubs de “trueque“. Cette initiative a germé dans l’esprit de 3 hommes qui dirigeaient le Programme d’autosuffisance régionale. Ils inaugurèrent le premier club de troc en 1995, dans la petite ville de Bernal, en banlieue de Buenos Aires. L’idée leurs serait venue après que l’un d’eux eut proposé à ses voisins de leur échanger des courgettes contre d’autres produits, après une abondante récolte.

Son fonctionnement

Ce système d’échanges de biens et services servait peu à peu servir de paratonnerre à la crise économique. Le nombre d’adhérents est estimé à 3 millions, «C’était notre refuge. On dit qu’il n’y a pas eu de guerre civile grâce à ce système alternatif qui a nuancé l’impact de la crise», a dit M. Ravera, enseignant. Un pain contre un t-shirt, un gâteau d’anniversaire contre une consultation médicale, les exemples sont nombreux, mais s’effectuaient toujours entre un petit groupe de personnes réunies au sein d’un club de troc loin des hypermarchés. Ces clubs pouvaient permettre de satisfaire plus de 80 % des besoins d’un individu. Il est important de noter que les échanges de médicaments, d’armes, de stupéfiants et les produits de mauvaise qualité étaient interdits. Des bons de troc, appelés crédito, pouvaient être émis, mais non cumulables et toujours accompagnées d’une facture.

La fin d’un mouvement social

Ce système devenu si populaire a connu quelques dérapages. Entre falsifications de créditos, plaintes, dénonciations etc «Le réseau a pris de l’ampleur et c’est difficile d’avoir le contrôle sur tout» indique Rúben Ravera. Même si leur objectif était de prévenir les effets pervers d’un système économique basé sur la monnaie, la popularité du réseau de troc a gonflé comme une bulle qui a fini par éclater. Dès l’année 2002, le nombre de clubs baisse, certains pensent, que le retour du pays à une sorte de stabilité politique et économique en 2003 est aussi la raison qui a enlevé le caractère indispensable des clubs de troc pour la survie de la population.

En 2011, les membres des clubs de troc s’élevait à 4.000, difficile de savoir ce qu’il en est aujourd’hui, dû a la confidentialité autour de l’activité de ces clubs. 

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