Hier, mercredi 24 avril, Estela de Carlotto, présidente de l’ONG des Grand-mères de la place de Mai a rencontré le Pape Francisco et lui a remis un dossier concernant les “enfants volés” de la dictature. L’organisation lui demande d’ouvrir les archives de l’Eglise Argentine, qui contiennent des informations sur les disparus de la dictature qui était en place dans le pays entre 1976 et 1983. Le Pape lui a répondu qu’elle pouvait “compter sur lui”.

Source – Photo : Javier Paredes

Le Pape représente un espoir pour les familles des disparus

En tant que Pape, il peut désormais demander la divulgation des informations détenues par l’Eglise afin que les familles puissent retrouver les personnes disparues sous la dictature. Cela représente un réel espoir pour ces familles à qui on a enlevé leur petits enfants, et Estela de Carlotto parle au nom de toutes les grand-mères de la place de Mai en disant “on ne veut pas mourir sans les serrer dans nos bras”. Jusqu’alors, les tentatives de l’ONG ont été nombreuses afin de récolter des informations concernant les disparus, mais l’Eglise est toujours restée muette à ses appels.

Les enfants volés et la dictature

Les mères des enfants disparus faisaient partie des opposants au régime; elles ont été détenues et torturées. Les femmes enceintes se retrouvaient à accoucher dans des centres de détention (tels que l’ESMA, école mécanique de la marine, devenue aujourd’hui un musée) puis tuées, et leurs bébés leurs ont été enlevés dès la naissance, et bien souvent adoptés par les tortionnaires eux-mêmes.

Selon les organisations de défense des droits de l’homme, le nombre de disparus sous le régime de la dictature argentine est estimé à 30 000, dont au moins 500 bébés qui auraient été volés à leurs famille et donnés à l’adoption sous une fausse identité. A ce jour, 107 enfants, qui sont aujourd’hui des adultes, ont été retrouvés et identifiés.

L’histoire des Grand-mères de la Place de Mai

Cette organisation regroupe des femmes ordinaires issues de milieux socioprofessionnels différents, qui n’avaient, à la base, rien en commun. La dictature argentine. Voilà ce qu’elles ont en commun. Elles se battent depuis 35 ans pour faire connaître leur cause dans le monde entier et retrouver leurs petits enfants, volés et donnés à l’adoption pendant cette période noire du pays. Le fait que le Pape ait dit qu’elles pouvaient “compter sur lui” fait naître une réelle lueur d’espoir chez ces grand-mères en quête de vérité.