Témoignage d’un expatrié Allemand à Buenos Aires…

Thomas Hagedorn est trentenaire, et un des 954 Allemands qui se sont installés légalement en Argentine au cours des 5 dernières années. Il a expliqué dans une interview au journal La Nación qu’il se sentait discriminé “positivement”.

Dans son appartement ancien de San Telmo, Thomas vit tranquillement depuis 8 ans maintenant qu’il réside en Argentine. Il dit être “favorisé par ses cheveux blonds” dans sa relation avec les Argentins. Cette “immigration VIP”, de jeunes diplômés en provenance de pays développés, augmente régulièrement.

Photo : Axel Bührmann

Après plusieurs débats animés sur l’immigration des pays limitrophes ces dernières semaines dans les médias, le quotidien La Nación voulait en savoir plus sur les motivations d’un immigrant européen, professeur à la faculté UBA. Thomas explique qu’il voit “les porteños très intéressés par lui, par son histoire, par la façon qu’il a de percevoir Buenos Aires et le pays.” Il n’a aucun souvenir de discrimination négative. Au contraire, selon lui, le fait d’avoir des origines européennes le lie avec les Argentins dans une sorte de fraternité et de ressemblance. Il ajoute que, dans son cas en particulier, il observe “un certain respect pour l’Allemagne, pour sa capacité technologique et sa Société ordonnée.”

Un autre aspect a interpellé Thomas : “En Allemagne, on peut se projeter dans une carrière. Le problème d’ici est qu’on ne peut rien planifier à plus d’un ou deux ans.”

Son avis sur l’immigration

Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense des autres types d’immigrants, Thomas déclare “les Boliviens, Paraguayens et Péruviens sont perçus d’une autre manière. Ils viennent d’autres pays, de systèmes sociaux et culturels différents, et en plus ils ont davantage de nécessité économique qu’un Européen. Pour eux, c’est une pure nécessité d’être là, de s’adapter, de trouver du travail; pour un Européen c’est différent, parce que si les choses vont bien, il reste, sinon, il peut rentrer en Europe, où il y a beaucoup d’opportunités.”

Une certaine idéalisation des Européens

Si certains sont idéalisés, d’autres sont parfois rejetés. Les Argentins se sont pourtant toujours défendus en disant qu’il n’y avait pas de racisme en Argentine. Selon le spécialiste en migrations Alejandro Grimson,on dit cela parce qu’il n’y a ici ni noirs ni indiens. Pourtant, la moitié de la population argentine a des origines métisses et des ancêtres indigènes, ce qui, proportionnellement à la population, serait supérieur au Brésil.

Selon lui, la discrimination “positive” des Européens vient du fait de la perception que l’Argentine est un pays européen “imparfait”. Ces immigrants deviendraient donc dans l’esprit des Argentins “les parfaits Européens qui vont nous aider à ressembler davantage à ce que nous voulons.”

Source : Inmigrantes vip: “A mí me favorece el efecto rubio”