Connaissez-vous l’histoire de l’aéropostale en Argentine ? Un moment de l’Histoire très important pour les Argentins! Une aventure humaine qui s’élève au même rang que les grandes conquêtes espagnoles ou de l’homme sur la lune…

Leading Aircraftmen, M. Stober and J. Jacobson, in the cockpit of a plane, No. 8 Elementary Flying Training School, Vancouver, 1940 / Les aviateurs chefs M. Stober et J. Jacobson dans le cockpit d’un avion à la 8e École élémentaire de pilotage de Vancouve

Source Flickr – BiblioArchives / LibraryArchives

Qu’est ce que l’aéropostale ? 

L’Aéropostale ou encore Compagnie  Générale Aéropostale, est une compagnie de transport fondée par Pierre-Georges Latécoère en 1927. De 1927 à 1933 l’Aéropostale exploita les lignes Toulouse-Rabat au Maroc puis Europe et l’Amérique du Sud. Jean Mermoz, Henri Guillaumet et Antoine de Saint-Exupéry en ont été les pilotes les plus connus.

Pierre-Georges Latécoère

P-G Latécoère est un entrepreneur français, emblématique des débuts de l’aviation commerciale française de l’entre-deux guerres et en particulier de la poste aérienne! En 1918, Latécoère imagine une ligne aérienne de fret et de courrier vers la France, l’Afrique et l’Amérique du Sud, car à l’époque le courrier m’était plus d’un mois pour arriver en Amérique du Sud ! Ainsi, dès 1919 il fût l’avionneur qui ouvrit la Ligne Toulouse-Rabat au Maroc. Le 10 mars 1919, les Postes Marocaines signèrent une convention pour l’acheminement du courrier entre la France et Rabat. La Compagnie Générale d’Entreprises Latécoère fut alors rebaptisée “Lignes Aériennes Latécoère”. Fin 1919, 9124 lettres avaient déjà été acheminées du Maroc vers la France. En 1923, Pierre-Georges Latécoère reçoit la Grande médaille de l’Aéro-Club de France pour avoir contribué aux progrès de l’aviatio. En mai 1930, la traversée transatlantique est réalisée de Dakar à Natal (Brésil) par Jean Mermoz, jeune pilote tout juste sorti de l’Armée, sur un avion Latécoère 28-3, “Comte de La Vaulx”. Grand industriel, Latécoère dispose un temps d’une usine de 26 000 m2 qui fournit l’Aéropostale. Cependant, des questions politico-financières l’obligent finalement à céder son affaire.

Aujourd’hui, ce groupe est un partenaire majeur des grands avionneurs mondiaux pour les tronçons de fuselage et les portes d’avion et est le no 2 mondial du câblage embarqué avec sa filiale Latelec.

De Latécoère à la Compagnie Aérospostale

Le 11 avril 1927, Pierre-Georges Latécoère, en proie à des tracas matériels et lassé des difficultés rencontrées en Amérique du Sud, céda 93% de ses parts à Marcel Bouilloux-Lafont, industriel et financier français installé au Brésil. La Compagnie Générale Aéropostale était née.

Trois ans et demi plus tard, l’Aéropostale possédait 200 avions et 17 hydravions, 1500 employés dont 51 pilotes.
Mais en 1931, l’Aéropostale était mise en liquidation, en grande partie à cause de la crise économique qui frappait alors le monde, depuis le krach de la bourse de New York en 1929, mais également en raison du refus du monde politique français de soutenir l’Aéropostale. Le 31 octobre 1933, l’Aéropostale dut fusionner avec d’autres compagnies aériennes françaises pour donner naissance quelques mois plus tard à la S.A. Air France, qui deviendra notre grande compagnie nationale. Marcel Bouilloux-Lafont est mort en février 1944 à Rio de Janeiro, ruiné et oublié de la plupart des Français alors que son œuvre est célébrée dans toute l’Amérique du Sud.

L’Histoire de l’Aéropostale et ses dégâts

Les vols étaient spécialement périlleux à l’époque, le matériel était inadapté, les pilotes naviguaient à vue, sans instruments de bord, sans radio et les atterrissages d’urgence étaient très fréquents!

Les pilotes, entraient dans la ligne, comme en religion avec foi et dévouement! Ils devaient connaitre par cœur les appareils et savoir les réparer tout seul! C’est Didier Daurat qui recrutait les pilotes civils. C’était un aviateur français et pilote de chasse pendant la Première Guerre Mondiale et chef d’escadrille. Dès qu’il entra chez Latécoère, il dirigea l’exploitation des lignes. Son objectifs était : régularité et ponctualité par tous les temps!

Malgré les accidents mortels les pilotes étaient toujours prêts et volontaire pour de nouvelles navigations. En 1928, la première liaison aéropostale entre la France et l’Amérique du Sud ouvrit! Le premier vol entre la France et Buenos Aires a pris 9 jours!

L’Aéropostale relient l’Europe à l’Amérique du Sud, étendra ses lignes jusqu’au Chili, par-dessus la réputée inviolable Cordillère des Andes, et tissera un impressionnant réseau aérien dans le continent sud-américain : Brésil, Argentine, Chili, Venezuela, Bolivie… Pour LA Ligne qu’une seule règle : livrer le courrier et le livrer à  l’heure! Ils relèveront ainsi pour cela tous les défis humains, mécaniques, climatiques dont le défis des vols de nuit qui sera une véritable révolution (périlleuse) à l’époque! Saint-Exupéry dans son roman Vol de nuit, rapportera le défi du survol de la cordillère des Andes et mésaventures des vols de nuit…

Le courrier de France ne mettra plus désormais que deux jours pour atteindre le Brésil, trois jours et demi l’Argentine et quatre et demi le ChiliLes trois héraut de cette histoire seront ainsi au sommet de leur gloire!

Les 3 Héros

Mermoz (qui a établi la ligne Buenos Aires – Rio de Janeiro en 1928 et a franchi la Cordillère des Andes en 1929) disparaîtra en mer en 1936 au large de Dakar, Guillaumet (qui contribua à ouvrir de nombreuses nouvelles routes et considéré comme un des meilleurs pilotes de l’époque) est abattu en vol par un chasseur italien au dessus de la Sardaigne en 1940, et St Exupéry ne reviendra jamais de sa dernière reconnaissance aérienne au-dessus de la méditerranée, le 31 juillet 1944.

Quelques chiffres importants et impressionnants !

Paris – Buenos Aires :
1930 : 2 jours (avion) ± 8 jours (bateau) + 2 jours (avion) = 12 jours
1933 : l’Arc-en-Ciel : 53 h 30 hors escales
1946 : DC4 : 58 h
1948 : 33 h 30
1954 : 24 h
1960 : Boeing 707 : 15 h
1974 : Concorde : 6 h 30

+ de 120 : c’est le nombre de pilotes qui perdront la vie sur les lignes postales jusqu’en 1940

“J’ai fait tous les calculs. Ils confirment l’opinion des spécialistes : notre idée est irréalisable. Il ne nous reste qu’une seule chose à faire : la réaliser.”

Pierre-Georges Latécoère