Gouvernement corrompu, abus de biens sociaux, détournement de fonds publics… Les pays démocratiques souffrent souvent de nombreux scandales politiques, ce qui diminue leur crédibilité, et l’Argentine n’y échappe pas : on apprenait il y a peu qu’un haut placé de la police de Buenos Aires avait vu sa fortune personnelle se multiplier par 10 depuis son entrée en fonction…

Une bonne idée de la part des Argentins!

Il y a une initiative qui mérite le coup d’œil, et qui mériterait d’être plus connu, tant des argentins que des étrangers : deux sénateurs argentins, Diego Santilli et Gabriela Michetti ont mis en place un site web, Legislemos.org, qui invite les argentins à voter pour des projets de loi, soumettre leurs propres projets, participer au soutien d’un projet ou encore le diffuser sur les réseaux sociaux.

Le but est de promouvoir une démocratie plus transparente et participative, mais fait surprenant : l’initiative vient d’une coopération entre une boite de marketing web (PQ) et de deux sénateurs, et non pas du gouvernement. Le projet a été lancé en 2014 et est donc tout nouveau, mais il commence à se faire connaître petit à petit auprès des argentins, notamment grâce à de la publicité dans les rues de Buenos Aires.

Les citoyens peuvent voter pour des projets de loi qu’ils aimeraient voir être débattus dans les assemblées (actuellement notamment sur une plus ferme condamnation de la corruption des politiques) ou exprimer leur opinion sur de grandes lois déjà voté, pour que l’on puisse voir si elles sont populaire et si elles méritent d’être en vigueur. A titre d’exemple, lorsque l’on regarde la fiche de la loi sur la nationalisation de YPF, anciennement Repsol, on constate que plus de 1200 citoyens expriment leur accord avec cette loi alors que près de 500 y sont opposés. Néanmoins il manque encore 48.000 votes pour que ce vote devienne significatif… De manière générale, le site ne permet pas à n’importe qui de devenir député, et il est encore trop tôt pour voir l’impact de la mobilisation citoyenne dans la sphère politique, mais cela permet surtout de sensibiliser la population aux principaux enjeux politique en lui confiant un plus haut degré d’implication.

 

D’ailleurs, j’en profite pour rappeler qu’en Argentine, comme dans beaucoup d’autres pays d’Amérique Latine, voter aux élections présidentielles n’est pas un droit mais un devoir, et, à moins d’avoir une raison valable et justifiée, ne pas voter est sanctionné d’une amende, qui reste toutefois symbolique.

La vidéo de présentation du projet :

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ycyVpnm4H60[/youtube]

Le site web : legislemos.org


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