L’Argentine est un pays d’artistes et de musiciens. Que ce soit par le tango, le folklore ou des styles plus rock ou pop, la littérature musicale est très développée. Nous vous avions déjà parlé du tango de Carlos Gardel ou d’Astor Piazzolla, du rock de Soda Stereo et de sa star Gustavo Cerati. Aujourd’hui, nous vous partageons l’espoir et la voix exceptionnelle de Mercedes Sosa, la légende argentine du folklore latino-américain.

Source – photo : www.cadena3.com.ar

Biographie et début de carrière

Mercedes Sosa est née le 9 juillet 1935 à San Miguel de Tucumán dans une famille modeste. Petite anecdote amusante, ses parents avaient décidé de l’appeler Marta Mercedes Sosa. Cependant, son père aurait oublié ce prénom au moment de l’inscrire sur les registres de l’Etat. Elle prit alors le nom d’Haydée. Jeune, elle aimait déjà chanter et elle donnait également des cours de danse folklorique. A 15 ans, elle participa à un concours de chant à la radio LV12. Remportant ce dernier, elle eut le droit de diffuser pendant 2 mois ses chansons, sous le pseudonyme de Gladys Osorio. Ce fut probablement le point de lancement d’une longue et prometteuse carrière.

Mercedes Sosa en concert en 1973 – Wikipedia

Mercedes Sosa, une chanteuse engagée

Elle chantait des chansons aux paroles engagées et son style a apporté une forme de renouveau à la musique folklorique argentine. Au début des années 60, elle devient une figure de proue de la branche argentine du mouvement de la Nueva Canción. Elle produit alors son deuxième album : Canciones con Fundamento, un album reprenant des classiques du folklore argentin. La Nueva Canción est un mouvement d’artistes espagnols et latino-américains contestataires et anti interventions étrangères. Elle savait communiquer de nombreuses émotions dans ses chansons. Quand elle chantait, elle voulait “parler aux noms de ceux qui ne pouvaient pas parler”, comme il se disait. En effet en réponse à la répression pendant la dictature, ses textes deviennent de plus en plus engagés politiquement et socialement. Elle dénonce les injustices et les horreurs du système militariste. Mercedes Sosa a montré un réel engagement pour les droits de l’homme. Elle aimait la musique, elle aimait chanter mais avant tout transmettre ses idées de paix et de solidarité. Autorisée à résider en Argentine, les autorités lui interdisent toutefois de chanter. Pour cette raison, en 1979, après un concert à La Plata, elle est arrêtée et est finalement contrainte de s’exiler  en Europe (Paris puis Madrid).

Le retour en Argentine et la reconnaissance internationale 

En 1982, peu avant la fin de la dictature, elle revient à Buenos Aires où elle donne plusieurs concerts et notamment un grand concert à l’opéra de Buenos Aires avec de grands artistes argentins de l’époque. L’artiste considérera l’enregistrement de ce concert comme le moment et le disque le plus important de toute sa carrière et de sa vie, marquant une nouvelle ère de l’histoire argentine. Elle est alors nommée citoyenne d’honneur de Buenos Aires en 1992. Cette grande artiste a fait des tournées partout dans le monde et a reçu de nombreux prix tout au long de sa carrière pour souligner son engagement. Elle fut par exemple Ambassadrice de bonne volonté à l’UNICEF en 2008.

De nombreux albums composent sa carrière, avec des titres qui sont devenus des références pour la musique folklorique. Elle était très aimée et reconnue dans toute l’Amérique latine. Elle interprétera des chansons d’artistes comme Shakira, Caetano Veloso, Charly Garcia et bien d’autres pour son dernier album « Cantora ». Alerte Cocorico !!! Elle a même signé un duo avec notre Francis Cabrel national et on ne peut que vous inviter à l’écouter : La chanson s’appelle “Yo vengo a ofrecer mi corazón” :

https://www.youtube.com/watch?v=H9gbsxkVnNc

Un hommage national pour cette artiste légendaire

Elle décède le 4 octobre 2009 en laissant l’Argentine dans un profond chagrin. Tout le pays en deuil lui a rendu hommage. Selon ses dernières volontés, ses cendres ont été dispersées à La Sala, près de San Javier, dans la province de Tucuman où elle était née, et où elle aimait retourner. Surnommée La Negra Sosa ou la Voz de America, c’est l’une des plus grandes personnalités musicales latino-américaines.

À ne pas manquer : dans le quartier de San Telmo, vous trouverez un musée inauguré en 2011 dirigé par son fils Fabiàn Matus, qui présente la culture de la musique populaire latino-américaine, une bonne idée de sortie !

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