Avec la 3e édition de la Biennale du Bout du Monde vient la ferme volonté de créer le Musée Polaire de l’Art, de la Technologie et de l’Environnement dans la vieille usine de la ville d’Ushuaia.

Photo : Deanna Keahey

Le centre culturel qui portera la dénomination Musée des Musées (MUdeMU) ne possèdera pas sa propre collection, mais hébergera de manière temporaire les collections permanentes des autres musées du monde. L’édifice sera construit de manière écologique avec l’objectif de laisser un message clair à la planète : « faire de la protection de l’environnement un devoir commun, et non seulement scientifique, avec une vision artistique claire », comme l’explique Esteban Campolongo, responsable du projet.

Bien que les dates de réalisation ne soient pas encore très définies, la cession de l’espace pour héberger le siège du musée devrait bientôt se concrétiser. Professeurs et étudiants en architecture des universités de Pise, Turin et Valence élaborent peu à peu des propositions de projets. Ainsi, cette biennale permet la genèse du projet « Terre de Feu, Usine d’idées » qui aura pour but de créer un « espace de réflexion technoculturelle ».

José Luis Miralles, Estela Sokol et Gabriel Valansi figurent parmi les 80 artistes internationaux et les 22 artistes argentins présents à l’exposition, qui sera ouverte à partir du 13 novembre, recherchant un « compromis historique avec la nature » et invite les spectateurs à réfléchir à l’impact humain sur l’environnement.

Peu d’artistes ont assisté à l’inauguration de la biennale et la collaboration entre eux pour exposer les différentes œuvres met en évidence la complexité de produire une exposition d’une telle envergure dans la ville la plus australe du monde.

« C’est une immense fierté d’avoir été sélectionné pour participer mais nous n’avons eu aucun appui officiel », explique l’unique artiste local présent à l’exposition, Miralles. « Ici, il n’y a pas la logistique pour transporter les œuvres, tout ce qui a été accompli, c’est grâce aux efforts des amis, sinon ça aurait été impossible » ajoute-il. Alberto Grotessi, fondateur de la biennale, reconnaît que le travail ardu et désintéressé de nombreux habitants d’Ushuaia a rendu possible cette exposition. «Un défi clair pour le futur est de faire prendre conscience aux autorités qu’elles doivent plus coopérer », affirme-t-il.

Ce fut l’intendant d’Ushuaia, Frederico Sciurano, qui a confirmé durant l’ouverture cette situation : « Nous aurions aimé avoir un rôle plus actif », dit-il, bien que les raisons qui ont généré faible participation étatique ne sont pas clairs. « Ushuaia est insérée dans le calendrier culturel mondial grâce à cette biennale, et il est parfois difficile d’être à la hauteur des attentes que celle-ci génère », admet-il.

Les résidents locaux sont d’accord pour dire que cette année, la communication autour de l’évènement a été insuffisante et Ushuaia n’a pas bénéficié d’une manne touristique générée par la présence d’œuvres d’art qui ne reviendront probablement pas au pays.

Grottesi compte réunir une trentaine d’artistes pour la 4e biennale qui résideront dans la ville pour  un temps et produiront une œuvre « née ici et crée par tout ce qui peut se sentir dans ce lieu ». Avec l’immensité des paysages et les couleurs d’Ushuaia, la source d’inspiration parait assurée.

Source : Un museo para llevar lo mejor del arte hacia “el fin del mundo”