Aujourd’hui, Argentine-info vous propose d’en apprendre un peu plus sur Norah Borges, artiste phare de l’avant-garde argentine et espagnole.

Petite présentation d’une grande artiste

Elle utilise les techniques de l’huile, de l’aquarelle, de la gravure, de la gravure sur bois, des dessins à l’encre et au crayon, de la détrempe, de l’acrylique et de la tapisserie.

peinture de Norah Borges

“El ensayo” Peinture de Norah Borges. Source Pinterest

L’adolescence de Norah Borges en Suisse

Née en 1901, elle se rend en Suisse en 1912 avec sa famille pour soigner la cécité progressive de son père, l’avocat Jorge Guillermo Borges.

Elle a étudié à l’École des Beaux-Arts de Genève avec le sculpteur classiciste Maurice Sarkisoff et avec Arnaldo Bossi à Lugano, proche des expressionnistes allemands exilés comme Ernst Kirchner ; avec Bossi, elle a appris la gravure sur bois ainsi que l’esthétique expressionniste.

C’est en Suisse qu’elle écrit et illustre son premier livre de poésie. Son séjour en Europe a été prolongé à quatre ans en raison de la Première Guerre mondiale.

L’avant-garde en Espagne

Après avoir parcouru toute la Provence, elle arrive en Espagne, où elle prolonge ses études et participe aux Avant-gardes. Elle se rend d’abord à Barcelone puis, en 1919, à Palma de Majorque, où elle étudie avec Sven Westman. Là, avec son frère, elle collabore à la revue des Baléares. Ils se rendent ensuite à Séville, où ils entrent dans l’avant-garde de l’ultraïsme ( mouvement poétique espagnol d’avant-garde du début du XX e siècle) . Ils s’arrêtent finalement à Madrid, où Norah étudie avec le peintre Julio Romero de Torres. Elle s’y lie également d’amitié avec Juan Ramón Jiménez, dont elle illustre certains poèmes, et qui lui dédie l’un des portraits lyriques de son livre Españoles de tres mundos. Ils retournent à Palma de Majorque en juin 1920.

Gravure de Norah Borges

Retour à ses origines

En mars 1921, Norah et son frère prennent un bateau pour retourner à Buenos Aires. En tant que peintre naïve, Norah rejoint l’avant-garde littéraire formée par le groupe Florida. Elle commence alors à répandre l’ultraïsme en Argentine. Mais ensuite l’influence du cubisme, qu’elle avait commencé à assimiler avec ses contacts français en Espagne, explose dans ses illustrations. Notamment pour le livre poétique de son frère Jorge Luis.

En 1923, le magazine surréaliste français Manomètre de Lyon et en 1924 Martín Fierro publient ses peintures. En 1926, il expose 75 œuvres (huiles, gravures sur bois, dessins, aquarelles et tapisseries) à l’Association des amis de l’art.

Illustration de Norah Borges pour le livre de son frère Jorge Luís Borges. Source Pinterest

L’implication de Norah Borges dans la résistance

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été membre suppléant de la “Junta de la Victoria” en Argentine, une association féministe antifasciste dirigée par Cora Ratto de Sadosky et Ana Rosa Schlieper de Martínez Guerrero. Les membres étaient l’écrivain María Rosa Oliver, la photographe Annemarie Heinrich, la psychanalyste Mimí Langer, l’artiste Raquel Forner ainsi que la poète Silvina Ocampo.

Illustration de Norah Borges

Gravure de Norah Borges. Source. Pinterest

Peintre, mais également illustratrice et critique d’art

Elle a travaillé comme critique d’art aux Anales de Buenos Aires sous le pseudonyme de Manuel Pinedo.

En 1942, une édition de Platero y yo, de Juan Ramón Jiménez a été publiée en Argentine avec des illustrations et des vignettes de Norah. Elle a également travaillé comme graphiste dans d’autres livres d’émigrants espagnols en Argentine comme Ramón Gómez de la Serna, Rafael Alberti et León Felipe. L’artiste illustrera non seulement les livres de son frère, mais aussi ceux d’autres écrivains argentins tels que Silvina Ocampo, Victoria Ocampo, Adolfo Bioy Casares, Norah Lange et Julio Cortázar. Elle a également conçu les décors d’une pièce de théâtre de Federico García Lorca.

Norah Borges s’est intéressée à la gravure et n’a pratiquement pas cessé de peindre jusqu’à sa mort en 1998. En revanche, elle ait fait don de ses œuvres et n’a pas réalisé que peu d’expositions.

Elle est enterrée dans le caveau familial du cimetière de Recoleta.

Le Museo de Bellas Artes lui rend hommage

En 2020, une exposition rétrospective de toutes ses œuvres a été organisée au Musée national des beaux-arts de Buenos Aires (MNBA). L’exposition s’intitulait “Norah Borges, une femme à l’avant-garde” et comprenait plus de 200 œuvres, dont des peintures, des gravures, des illustrations, des tapisseries mais également des textes.

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