Dimanche après midi, subte et bus bondés, marée humaine de rouge et blanc, chants à moitié incompréhensibles pour nos oreilles françaises et musique improvisée sur tout ce qui peut faire du bruit. Pas de doute, nous voilà en direction du Monumental, l’antre de l’équipe de River Plate.

17h heure locale, Buenos Aires, station Congreso de Tucuman. Jour de match. Les rames de métro s’ouvrent sur des centaines de supporters vêtus de rouge et blanc. Petits et grands, à tous les âges le football, ici, c’est une affaire de famille, d’amis, l’affaire d’une vie. Quand on voit des bébés sur le dos de leur papa nager dans un maillot trop grand, on comprend. Ils seront pour River ou ne seront pas.

A 1h du coup d’envoi, le quartier de Belgrano est en pleine ébullition. Ça sent la saucisse grillée et la bonne humeur. Après tout, River joue contre All Boys, à domicile en plus, la victoire est quasi assurée. Nous voilà presque à l’intérieur. Déjà, l’impatience nous gagne. De l’extérieur du Monumental, le plus grand stade d’Argentine avec 64000 places, on entend déjà les supporters donner de la voix. 1, 2, 3 contrôles et nous voilà dans le temple des Millionarios (surnom de River). WA-OUH.

L’Equipe Online d’Equinoxe au Monumental

Le stade est plein, couvert de drapeaux et de banderoles rouges et blanches. Entre deux tribunes vides, pour éviter les débordements, une tribune est réservée aux supporters de l’équipe adverse qui ne cesse de chanter et de sauter. Il faut dire qu’ils sont déjà bien dans l’ambiance : leurs bus ont été gentillement caillassés par les supporters de River.

Le match commence et c’est parti pour 2 heures très animées. Pas un instant le stade ne s’essouffle. Qu’il s’agisse de chanter, d’insulter (oreilles sensibles s’abstenir) ou de siffler, les supporters ne sont jamais à court d’imagination.
Pour nous, cette ambiance, c’est du bonheur de A à Z et il est bien difficile de ne pas applaudir et chanter avec les supporters d’en face quand l’équipe adverse marque. Mais vu la tête désespérée de notre voisin en rouge et blanc, on s’abstiendra, surtout qu’il vient de nous demander plusieurs fois si on était pour River !

Plusieurs fois on retient notre souffle avec les supporters quand les Millionarios s’approchent de la cage, tirent, manquent. Plusieurs fois on crie de déception, on applaudit après une belle action… Ils ont l’air de tous y croire , alors nous aussi.

Cerise sur le gâteau, l’immense banderole aux couleurs de River recouvre entièrement notre tribune pendant quelques minutes. Vu de la télé, on se dit que c’est beau et que ça en met plein la vue mais de là dessous, c’est encore plus fou ! D’accord on ne voit plus rien et on prend le risque de manquer le but tant attendu, mais quelle ambiance ! Plus motivés que jamais, chacun aide à dérouler la banderole, les chants redoublent d’intensité, alors même nous on s’y met !

La fin approche, l’heure est grave, même le gardien est parti jouer avec l’équipe pour égaliser. Tout à coup, les yeux rivés sur cette cage vide, le stade entier retient son souffle avec effroi en voyant ce joueur des All Boys remonter le terrain tout entier, pour finalement marquer. Ce deuxième but signe la lourde défaite de River.

La tête dans les mains, certains supporters sont effondrés. Pourtant l’amour de l’équipe reprend le dessus en un instant, la banderole redescend et quand l’arbitre siffle la fin du match, les joueurs rentrent au vestiaire, soutenus par les supporters. « Ce n’est rien, River je t’aime quand même » chantent-ils.

Géraldine et Marie en bonne compagnie !

On attend alors sagement que les supporters euphoriques de l’autre équipe sortent du stade pour pouvoir sortir à notre tour, pour éviter les dérapages entre las « hinchas » des deux équipes. Quel spectacle ! Si nous étions aux côtés des supporters dans les tribunes, nous n’avons pas vécu ces 2 heures de la même manière. Eux repartent déçus par ce qui s’est joué sur le terrain mais pour nous, encore tout étourdis par les chants et la ferveur des supporters, le spectacle, c’était le stade tout entier.