Depuis début Janvier le prix d’un ticket de métro est passé de 2,5 pesos à 4,5 ! Un coup de l’inflation, qui grignote le pouvoir d’achat argentin.

 Pesos Argentins – Source Wikipedia

L’infla quoi ?

L’inflation est une situation de hausse généralisée et durable des prix des biens et des services. Cette situation correspond à une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie. En clair, avec la même somme d’argent, on peut acheter moins de choses qu’auparavant. Nos gouvernants et notre société en général ont encore à l’esprit le souvenir de l’Allemagne de Weimar, juste après la première guerre mondiale, où l’inflation était telle qu’il fallait des brouettes pour transporter les billets nécessaires à l’achat d’un pain

L’illusion de la libéralisation sous Menem (1989 – 1999)

Carlos Menem sort le pays de l’inflation en réduisant l’emploi dans le secteur public et en privatisant les entreprises nationales. Mais il aura surtout instauré la parité entre le peso et le dollar, créant ainsi un équilibre fragile basé sur une économie ultra-libérale et spéculative. En reconnaissant le dollar comme seconde monnaie nationale il réussit à faire chuter l’inflation.

La crise économique des années 2000

Cependant, la crise méxicaine de 1995 entraîna une importante crise dont fut victime toute l’Amérique du Sud. L’économie argentine souffrit énormément de l’effondrement des exportations et investissements étrangers. Les quatre années de récession ont conduit à un recul de 21 % du PIB entre 1998 et 2001 (66 % de 1998 à 2002 en dollars US).

C’est en 2001 que la crise fut la plus forte, entraînant le pays dans un chaos économique et social.
Grâce à la suppression de la parité peso-dollar et au succès des accords engagés par Nestor Kirchner avec le FMI, la croissance argentine redémarre. Mais l’inflation reprend de plus belle…

L’état de l’économie actuellement

Depuis 2002 l’économie argentine connaît une réelle croissance .
Elle a retrouvé une forte compétitivité sur le marché international notamment grâce à la production de citrons, de soja, de tabac et grâce à l’élevage de bétail. L’Argentine a également bénéficié d’un réel boom de l’industrie touristique.

Néanmoins, la situation sociale en Argentine reste très dégradée: L’inflation reste toujours présente et affaiblit quotidiennement le pouvoir d’achat des argentins (le prix de la viande a doublé!). Le ministre argentin de l’Economie Axel Kicillof a annoncé qu’en février la hausse des prix avait atteint 3,4%, après une augmentation de 3,7% en janvier.

Un début d’année difficile puisque Moody’s finit par dégrader la note de la dette Argentine de “B3” à “Caa1”. Passant de très spéculatif à risqué en mars 2014.

Comment en est on arrivés là?

D’après les experts, la flambée des prix depuis le début de l’année est en partie due à la forte dévaluation (18%) du peso argentin face au dollar opérée par le gouvernement argentin les 22 et 23 janvier en l’espace de quelques heures.

Le déficit budgétaire récurrent de l’Etat entretient également une forte inflation qui dépasse annuellement les 20% depuis six ans avec une dette publique qui dépasse 140 milliards de dollars.

En attendant de jours meilleurs le peuple argentin, lui,  se serre les coudes.

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