Née en 1890, Victoria Ocampo est une écrivaine, essayiste et intellectuelle Argentine. Et qui aura marqué l’histoire littéraire du pays. Retour sur le parcours de cette femme hors du commun, qui a parcouru le monde et cotoyé les grands personnages du XXe siècle.

Victoria OcampoVictoria Ocampo – commons.wikimedia.org

La passion de la littérature

Fille d’aristocrates argentins, Victoria Ocampo reçoit l’éducation de deux institutrices, une française et une anglaise. La première langue qu’elle apprend est donc le français, qu’elle parlera toute sa vie en plus de l’espagnol et de l’anglais. Très vite, la jeune Victoria développe un goût pour la littérature et l’écriture.

En 1920, elle publie une première note dans le journal La Nación, intitulée « Babel ». Sur les différences entre les êtres humains et les inégalités entre les genres. Après un voyage dans plusieurs pays du monde (Etats-Unis, France, Italie…), durant lequel elle rencontre de nombreux écrivains (Jules Supervielle, Jose Luis Borges,  Hermann von Keyserling…), elle rentre à Buenos Aires et fonde donc la revue Sur. Celle-ci promeut les œuvres littéraires d’écrivains argentins et internationaux et a un très fort impact culturel et politique sur le pays.

Puis, elle écrira tout au long de sa vie de nombreux essais et romans tels De Francesca a Beatrice (1924), La laguna de los nenúfares (1926) ou encore Diálogo con Borges (1969).

L’engagement politique de Victoria Ocampo

Victoria Ocampo était également engagée politiquement. Notamment dans des mouvements féministes, antifascistes et antipéronistes. A une époque où cela était encore mal vu, elle monte à cheval, porte des pantalons et se baigne dans la mer. En 1936, elle est élue présidente de l’Union des Femmes Argentines. Une organisation qui lutte pour les droits des femmes mariées.

Plus tard, en 1953, son opposition au Gouvernement lui doit un séjour en prison. En effet, elle est accusée de détenir des armes supposées servir aux ennemis du péronisme. Elle est également la seule femme latino-américaine à assister aux Procès de Nuremberg en 1945.

La Villa Ocampo

La Villa Ocampo est le nom de la résidence d’été de la famille Ocampo. Lieu où Victoria passa les dernières années de sa vie. Elle y reçut à cette époque de grandes figures de la littérature et de la culture du XXe siècle. Notamment Albert Camus, Igor Stravinski ou encore Jose Luis Borges.

Située à San Isidro, dans la province de Buenos Aires, la Villa Ocampo est une grande maison aristocratique dont l’architecture mélange les styles italien, français et anglais. Elle possède également un grand jardin et a été déclarée monument historique national en 1997. Victoria en a fait don à l’UNESCO, qui a donc converti le lieu en un musée où sont organisées de nombreuses activités culturelles (expositions, ateliers, spectacles…).

Où ? Elortondo 1811, Becar , Partido de San Isidro; Province de Buenos Aires.

Quand ? La Villa Ocampo est ouverte du vendredi au dimanche et jours fériés de 12h30 à 19h. Des visites guidées sont également organisées.

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