San Juan del Salvamento : vrai « Phare du bout du monde »

Peut-être avez-vous lu le roman de Jules Verne intitulé Le Phare du Bout du Monde, qui nous conte l’histoire d’un gardien de phare et d’un naufragé aux prises avec un groupe de pirates sur l’île des Etats, située à l’extrême pointe de la Patagonie. Et bien c’est de ce phare qui est au cœur de l’intrigue dont nous allons vous parler un peu aujourd’hui…

Mais attention, tout d’abord il s’agit de bien faire la distinction entre le phare couramment appelé “Phare du bout du monde”, qui est en réalité le Phare Les Eclaireurs, et qui se situe dans le canal de Beagle ; et le réel phare du bout du monde, San Juan del Salvamento !
En effet, le premier est beaucoup plus connu du grand public car il est facile de l’observer lors des excursions touristiques sur le canal de Beagle près d’Ushuaïa. En revanche, San Juan del Salvamento est inaccessible aux particuliers car situé beaucoup plus à l’Est, sur l’île des Etats, déclarée réserve naturelle par le gouvernement Argentin. Et pour le coup, ce phare est réellement au bout du monde, pas d’arnaque ce coup-ci ! 

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Source : Wikimedia – Liam Quinn

Le Phare de San Juan del Salvamento

Situé à 70 mètres au-dessus de la mer sur un promontoire rocheux, le phare lui ne mesure que 6,10m de haut, pour 9m de diamètre. Il est en bois, de forme octogonale et de couleur blanche. Dans sa première version, pour être visible, il utilisait 7 grandes lampes fonctionnant à l’huile de colza pour éclairer deux gros cristaux. Désormais, il possède un faisceau moderne ayant une portée de 26km sur un angle de 93°. Ce dernier émet un éclat lumineux toutes les 15 secondes et est alimenté par des panneaux solaires situés sur la paroi extérieure du phare.

Ce phare est en accès libre car il doit aussi servir de refuge pour d’éventuels naufragés : on y trouve de quoi dormir, se nourrir et se chauffer. Cependant, il est hélas impossible de le visiter puisque l’intégralité de l’île des Etats, où il se trouve, est déclarée comme réserve naturelle protégée et est donc interdite d’accès aux touristes.

Le fait que le lieu soit inaccessible au public, qu’il soit situé à l’extrême sud des terres émergées (hors Antarctique),  et qu’il soit le théâtre d’une des formidables aventures de Jules Vernes lui confère une atmosphère et une attractivité unique. Hélas, si vous voulez l’observer, il vous faudra monter votre propre expédition ou prendre part aux rares croisières qui se rendent en Antarctique !

Son histoire

A la fin du 19ème siècle, à l’initiative du gouvernement argentin, l’expédition du commandant Augusto Lasserre se lance dans la construction de ce phare sur l’île des Etats pour prévenir des naufrages dans la zone. Il est inauguré le 25 mai 1884. Finalement, en 1902, un site plus visible est trouvé sur l’île, et le phare Año Nuevo y est construit, au détriment de San Juan del Salvamento, qui tombe rapidement en ruine en raison du climat extrême.

Le phare est redécouvert en 1994 par l’aventurier Français André Bronner, qui décide de le faire reconstruire par une équipe de 10 personnes. La construction de l’édifice sur un tel site dans de telles conditions est un défi particulièrement compliqué mais le phare est finalement remis en marche le 26 février 1998 après deux mois de travail.

En 1999, le monument est déclaré Monumento Histórico Nacional par l’Argentine.

San Juan del Salvamento faro1898.jpg
Source – Wikimedia


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