Nadège Gaillard est une photographe française, qui a entre autres créé Focus Mundi, une association qui donne aux personnes démunies l’accès à l’expression par la photographie. À Paris, le projet Sha dow met en scène son quartier et ses habitants, qu’elle a choisi de faire jouer et parler par une dualité surprenante entre le corps animé et son contour sur les murs. Elle initie à Paris un projet mettant en scène son quartier et ses habitants.

Tous les jours sauf dimanche à l’Alliance Française
Attention! Il s’agit du sede Belgrano
11 de Septiembre 950, CABA

J’ai tracé une ligne dans le paysage du 18ème arrondissement. Cette ligne part de la Goutte d’Or jusqu’aux Abbesses, de par les rues pavées du Sacré Coeur jusqu’à Marx Dormoy, depuis Pigalle jusqu’à Place Clichy. Entre août 2010 et novembre 2011, j’ai parcouru le quartier, j’en ai fait mon territoire. J’ai suivi ces lignes, ces rues que j’ai en commun avec les passants, je me suis arrêtée, j’ai regardé les silhouettes particulières que j’ai rencontré. J’ai fait un casting spontané, à la recherche de photos excentriques et de personnalités hors du commun.

Ce sont des portraits des gens de mon quartier, des rencontres improvisées. Je me suis heurtée à leur regard, les ai invité à être photographiés. Je les ai cloué à un mur, j’ai installé mon studio dans la rue. Je me suis appropriée portes, fenêtres, gouttières et façades. Le cadre. Une heure pour photographier; le temps est compté.

Ces personnages sont accompagnés, supervisés, protégés ou menaçés par leurs ombres, qui se détachent de manière franche et illusoire de l’usure des murs. Un jeu s’installe entre le modèle et son ombre. Ces deux facettes traduisent la représentation que chaque individu se fait de lui-même.

Le corps en mouvement confrontée à sa réplique projetée sur la superficie du mur. Une figure en relief, face à son antimatière. L’ombre sans couleur en dit autant que le corps bariolé.

L’intrigue vient plus tard, celle du modèle et de son ombre, du dialogue entre les deux identités. La plupart du temps, je n’ai aucune idée du jeu que le personnage va entamer avec son double. Ca fait partie de l’improvisation, du hasard que. Ce dialogue est ponctué de mes consignes en éclats: “Tu peux sauter comme ça? Cours! Regarde comme ça vers la gauche. Les bras près du corps, les mains dans les poches!” Leurs gestes doivent être expressifs et leurs yeux vigilants, pqrce aue pas si loin d’ici, leur alter ego se moquent d’eux. Si les ombres des anonymes marche à ses côtés tous les jours, les leur les ont fui et les narguent.

De leur corps sans souffle, de leurs gestes répétitifs, je me déléctais, en sachant que l’énergie qu’ils avaient donné aurait un impact incroyable sur l’image..”

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SHA-DOW
Nadège Gaillard