Top des plus étranges superstitions en Argentine

Les superstitions sont des croyances qui portent sur des forces occultes et surnaturelles. Chaque pays a ses propres superstitions mais quelles sont celles spécifiques à l’Argentine ? Les argentins sont très superstitieux : un exemple ? Maradona, le fameux joueur de foot argentin entrait toujours sur le terrain avec son pied droit, il faisait aussi le signe de croix et des prières au cours du match ! Et il n’est pas le seul : voici une petite sélection des pratiques les plus étranges !

Chiffre 13 – Source : El almacén de fotografías libres

Famille

Il existe en Argentine la légende du “lobizón“. Dans une famille, le 7ème fils qui naîtrait (aucune fille au milieu) se transformerait en loup garou. Cette étrange superstition a été inventée par les gauchos. Pour éviter cette tragédie, la légende dit que cet enfant devrait être adopté par le président.

Nourriture et boisson

Gnocchis – Source : Wikipedia

Une des grandes superstitions du pays est relative au “Día de Noquís“, chaque 29 du mois. La superstition veut qu’en mettant de l’argent sous son assiette de gnocchis, cela apporterait la santé pour le mois suivant.

Une autre superstition concernant la nourriture repose sur le fait de manger de la pastèque en même temps qu’un verre de vin rouge. Cela donnerait de très très grande douleur à l’estomac pouvant même mener à la mort.

De plus, concernant le sel, le passer de mains en mains amènerait à se battre : il faut donc le poser sur la table avant que l’autre personne puisse elle même se servir (de même pour des ciseaux).

Donner un maté froid à un homme signifie que l’on veut couper toute relation.

Enfin, lorsque l’on renverse du vin sur la table, s’en mettre un peu sur le front est signe de bonne fortune !

Les transports

Ticket de bus – Source : Flickr

Si vous payez en pièce à bord d’un colectivo (bus argentin), le chauffeur vous donnera un ticket sur lequel sont inscrits des chiffres. Il est dit que si ces chiffres forment un anagramme, c’est à dire les mêmes chiffres à l’endroits et à l’envers (par exemple : 1,2,3,2,1), vous aurez beaucoup de chance !

Date du calendrier : le mardi 13

Un dicton en espagnol sur le mardi 13 est le suivant : “En martes 13 ni te cases ni te embarques, ni de tu casa te apartes” (“le mardi 13 ne te maries pas, n’embarques pas, et ne sors pas de chez toi”). La superstition concernant ce jour du calendrier est très forte et entreprendre quoique ce soit ce jour là serait une mauvaise idée. Le 13 porterait malheur car dans les croyances catholiques, Judas serait la 13 ème personne à table lors du dernier repas du Christ. Quant au mardi, la superstition viendrait de l’origine étymologique du mot mardi : “mars”, dieu de la guerre. Ce serait donc le symbole de la destruction et de la violence…

Et bien d’autres…

Le Gauchito Gil

Les sanctuaires de ce Gaucho Gil se trouvent tout le long des routes en Argentine. Cette figure religieuse serait là en effet pour vous éviter des accidents sur la route. Il est donc le protecteur des voyageurs et automobilistes !

Le Calafate

Cette superstition repose sur un fruit qui se trouve dans le Sud de la Patagonie. En effet, la légende veut que si vous mangez ce fruit, vous retournerez à cet endroit : “el que come Calafate, siempre vuelve.”

Le “Mal de Ojo”

Comme dans d’autres pays, le mauvais œil est une superstition selon laquelle le regard d’une personne peut créer de nombreux malheurs, la maladie ou la mort. On dit que pour éviter de l’avoir, il faut mettre un bracelet de couleur rouge…

Logement

Selon une légende d’ici, construire sa maison sous un “ombú”, un arbre de la région, est signe de malchance, car beaucoup de branches tombent de cet arbre.

Dans le campo, si un cheval est blessé et que la blessure est attaquée par les vers, on dit qu’il faut lui accrocher un crapaud autour du cou pour le soigner. Cette légende s’applique aussi sur des humains, approcher un crapaud près d’une personne la guérirait.

Pour l’expression « toucher du bois », il faut toucher du bois mais cela ne marche pas de toucher du bois avec des pattes (ex : une table en bois ne marche pas mais une porte oui !).

Enfin, on peut passer le balais un vendredi mais pas jeter la poubelle !

Anniversaire

En Argentine, il porte malheur de souhaiter un joyeux anniversaire avant le jour J ou de célébrer l’anniversaire avant sa date officielle !

Vêtements

En Argentine, si vous mettez un t-shirt ou un polo à l’envers : la superstition dit que vous recevrez un cadeau.


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À la découverte des Tehuelches

Après vous avoir parlé des Mapuches, on continue sur notre lancée et on part à la découverte du peuple disparu des Tehuelches. Ces amérindiens peuplaient la Patagonie du nord au sud, du Río Negro à la Terre de Feu. Ils ont même donné leur nom à un grand territoire. Malheureusement, l’histoire a eu raison d’eux, et à l’heure actuelle, il n’en reste que peu…

Source – Photo : Nestor Galina

Qui étaient les Tehuelches ?

Appelés ainsi par les Mapuches, peuple rival, Tehuelche signifie tantôt “gens sauvage” que “sylvestre”, “indompté” ou “rebelle”. Cette appellation fait référence à la ténacité de la résistance mise en oeuvre pour se protéger de l’ennemi Mapuche. Les différents peuples Tehuelches se sub-divisaient eux-même en différents groupes ethniques, en fonction, entre autres, de leur lieu de vie : les tehuelches septentrionaux, méridionaux et de la Terre de Feu. La langue parlée par ces amérindiens changeaient constamment et selon la région dans laquelle ils se trouvaient. De nature joviale et aimant fêter, danser et boire, chaque peuple avait un territoire de chasse et de cueillette qui lui était attitré.

Le dépassement de ces frontières entraînait d’importantes guerres. Malgré cela, les peuples étaient très solidaires. Par exemple, en cas de manque de nourriture sur le territoire qui leur était imparti, les groupes pouvaient demander à leurs voisins de profiter de leurs terres. Ces groupes, formés de 50 à 100 membre, peuvent être qualifiés de nomades saisonniers. Les itinéraire empruntés étaient cycliques et suivaient en fait le déplacement des guanacos, animal qui leur servait de repas. Amérindiens de grande taille, on raconte même que les Tehuelches seraient à l’origine de la légende des géants patagons. En effet, leurs empruntes de pieds étaient très grandes. Ils atteignaient une taille moyenne supérieure à 1,80 m, alors que les colons n’atteignaient que le mètre 65.

Camp Tehuelche – Wikipedia

L’histoire des Tehuelches

Avant l’arrivée des colons espagnols, les Tehuelches vivaient de chasse et de cueillette. Ils se déplaçaient en suivant les troupeaux de guanacos, animal essentiel à leur survie. Comme pour beaucoup d’autres ethnies du continent, la venue des colons causa un changement de leur mode de fonctionnement et malheureusement, dans bien des cas, l’apparition d’épidémies qui coûtèrent la vie à beaucoup de personnes. Cela eut pour conséquence l’invasion d’une partie de leur territoire par les Mapuches.

Les différents peuples Tehuelches ont donc dû s’unir et former le peuple Puelche, pour contrer le peuple rival lors de batailles sans précédent, telles que la fameuse et terrible bataille de Languiñeo. Les espagnols apportèrent aux Tehuelches la culture du cheval, qui changea leur façon de fonctionner. Les déplacements se firent par d’autres itinéraires et ils commencèrent à manger sa viande. Cette culture du cheval se fit très forte et même incomparable. Par la suite, les amérindiens ont tissé des liens très forts avec les colons gallois venus sur leurs terres, créant même des familles mixtes. Jimmy premier habitant des terres sur lesquelles se trouve l’Estancia El Condor dans la région de Tres Lagos, a d’ailleurs beaucoup fraternisé avec les Tehuelches, qui l’ont protégé. Il s’est même marié avec la fille du chef.


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Mais qui est ce fameux Gaucho Gil?

Si vous avez voyagé un peu sur les routes argentines, vous avez sûrement rencontré des sanctuaires composés de bandelettes de tissu rouge, de petites statues ou même de petites bougies. Vous ne vous-êtes jamais demandé ce que cela pouvait représenter? Ils sont à l’éfigie d’un certain Gaucho Gil et seraient-là pour vous protéger sur la route. Présentation de cette figure religieuse argentine.

Le Gaucho Gil

Gaucho Gil plus connu sous le nom d’Antonio Mamerto Gil Núñez est une célèbre figure religieuse argentine. Objet de dévotion surtout dans le Nord-Est du pays, il est né en 1840 à Pay Ubre (non loin de la ville de Mercedes dans la région de Corrientes). Chaque année, le 8 janvier (date de sa mort lors de l’année 1878) des milliers de pèlerins se rendent sur sa tombe située à 8 kms de Mercedes et apportent de nombreuses offrandes en tout genre (cigarettes, alcools, photos, bonbons…).

Sanctuaire Gauchito Gil au bord de route – Wikimedia Commons

La légende

Réputé pour sa générosité et son aide envers les pauvres Gaucho Gil a été surnommé le « Robin des bois Argentin ». Nombreuses histoires populaires se racontent à propos du fabuleux destin de cet homme. Voici la plus répandue, mais on ne vous en garantis pas sa véracité…

La légende raconte que ce gaucho travailleur rural tomba éperdument amoureux d’une veuve. Cette dernière était même prête à tout quitter pour lui. Ceci valut au Gaucho Gil la haine des frères de la veuve et du chef de la police locale, qui avait courtisé cette même femme. À la vue des nombreuses menaces qui planaient sur lui, Gil préféra laisser le champ libre. Il partit donc combattre dans la Guerre de la Triple Alliance (1864-1870)  contre le Paraguay. Dès son retour, il s’engagea dans le Parti libéral de Corrientes afin de combattre dans la guerre civile contre le parti d’opposition. Il finit par déserter.

Finalement capturé, il fut pendu par le pied à un arbre et tué la gorge tranchée. La légende raconte alors qu’au moment de sa mise à mort, le gaucho Antonio Gil a déclaré à son bourreau que si il le tuait, son fils tomberait très malade. Il devrait donc prier au nom de Gil pour lui sauver la vie. Après l’exécution du Gauchito Gil, le bourreau apprend la maladie de son fils. Il se sent donc dans l’obligation d’invoquer Gil dans ses prières, puis quelques mois plus tard son fils condamné guérit miraculeusement. Depuis, Antonio Gil est considéré comme une figure religieuse. Tout le village construisit donc un sanctuaire qui n’a pas cessé de grandir jusqu’à ce jour…

Offrandes sur la tombe du Gaucho Gil – Viajeros

Les traditions

Le culte du Gaucho Gil a dépassé les frontières de la province de Corrientes. Les provinces del Chaco, de Santa Fe, de Córdoba, de Mendoza et de Buenos Aires le vénèrent également. On observe des sanctuaires le long des routes caractérisés par  des bandes de tissus rouges. Il est le protecteur des voyageurs et automobilistes.

Si vous vous trouvez dans la région de Corrientes durant le mois de janvier rendez vous sur sa tombe. Les milliers de fidèles présents vous feront vivre un moment intense ! En effet, le sanctuaire du  Gauchito Gil est l’un des plus populaires et vénéré du pays. La tradition fait qu’il faut déposer près de sa tombe une bougie rouge et écrire un voeux sur un ruban de la même couleur. En espérant que le Gauchito Gil le réalise!  Le Gauchito Gil n’est pas reconnu par l’église, car  il s’agit d’un « saint profane », mais il reste adoré pour un grand nombre d’Argentins car il est à la fois un ami, un frère, un être de justice, un sauveur et un intermédiaire devant Dieu.

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Buenos Horror Story : légendes horrorifiques …

Buenos Aires, capitale d’Argentine, est pleine de résidences à l’architecture impressionnante. Mais parfois derrière une belle architecture se cache aussi des légendes urbaines qui vont vous faire frissonner… Ce sont des lieux qui existent réellement, vous allez pouvoir vous y promener et vous laissez submerger par ces légendes… Bienvenue dans le Buenos Horror Story

PalacioBichos

Palacio de los Bichos – Photo : Wikipédia

El Palacio de los Bichos

Commençons notre petit tour avec le Palacio de los Bichos, historiquement riche en amour, tragédie et mystère. Tout commence fin XIXème lorsque Rafael Giordano et sa famille, de riches italiens, décidèrent de partir pour le rêve américain.

Bien installé dans Buenos Aires, les échanges commerciaux fleurissent et la richesse de Giordano grandit également. Leur fille débute des études de médecine comme le souhaitait son père, mais finit par se diriger vers le Conservatoire, car le piano l’intéressait beaucoup plus. Elle y rencontra l’amour de sa vie, Angel Lemos, violoniste. En 1911, ils décidèrent de se marier. Giordano, très enthousiaste, leur fit construire un château de 5 étages pour qu’ils puissent y vivre.

Le 1er avril 1911 le mariage eut lieu, ce fut l’évènement le plus important de l’année. Mais vers 5h du matin, le drame arriva… La voiture les attendait de l’autre côté des rails car la route ordinaire était inondée, il était donc plus simple pour eux de traverser les rails. Les parents, ainsi que tous les invités se placèrent aux balcons pour les voir partir. La lumière de la lune était faible. Alors qu’ils traversèrent, un train les faucha à grande vitesse sous le regard de tous. Pour Giordano, le rêve se transforma en cauchemar. Ne voulant que personne séjourne dans le château, ils le clôturèrent à jamais.

1920, un fait étrange survint. Un voisin accusa un autre d’avoir de la musique trop forte mais ce n’était pas lui. Un an plus tard, ils se rendirent compte qu’elle venait du château. Quand le train passa comme il le fit des années auparavant, la musique s’arrêta directement. Aujourd’hui, l’édifice est devenu un spa. De par son histoire, le château est sur l’écusson de Villa del Parque …
Où ? Campana 3220/3234

Ushuaia

Torre del fantasma – Photo : Wikipédia

La Torre del Fantasma

Dirigeons-nous maintenant vers le quartier de la Boca. Dans l’avenue principale, vous verrez une maison avec une tour qui fait l’objet d’une légende étrange… Tout commence en 1910 avec la richissime Madame Auvert originaire de Catalogne. Elle décida de construire une maison avec l’architecte Guillermo Álvarez où elle vécut par la suite. Après un an sur place, Mme Aubert et ses servants déménagèrent mystérieusement à la campagne.

L’édifice fut divisé ensuite en plusieurs appartements où des immigrants et des artistes s’installèrent. Parmi eux, Clementina, une peintre, habitait au dernier étage. Elenora, une de ses amies journaliste, souhaitait faire un reportage sur sa carrière et elle prit des photos des peintures pour compléter son interview. Quelques jours plus tard, des cris se firent entendre et Clementina se jeta du balcon du dernier étage. Les mystères continuèrent … Sur les photos des peintures prise par Elenora, apparurent des lutins qui n’étaient pas sur le tableau d’origine, elle commença donc à enquêter sur la mort de son amie. Elenora rencontra Madame Auvert qui lui expliqua qu’elle vivait à l’époque avec des lutins mais qu’un jour ils devinrent incontrôlables et que la maison devint un enfer au quotidien. Elenora ne raconta pas sa rencontre au public car elle savait que personne n’allait la croire.

Aujourd’hui, on raconte que les habitants entendraient des pas venant de la tour. Des choses disparaissent à jamais ou sont retrouvées à des endroits différents … Le tableau non terminé de Clementina reste disparu, et selon la légende, les pas que l’on entend seraient son fantôme recréant sa carrière en vain. On dit que pour en finir avec ce maléfice, il faudrait retrouver le tableau caché et lui donner un coup de pinceau final.
Où ? Avenue Almirante Brown et la rue Wenceslao Villafañe 

Tigre

Lion – Photo : Flickr – Tambako The Jaguar

La Casa de los Leones

Terminons par la demeure qui se situe dans le quartier de Barracas au sud de Buenos Aires, quartier caractérisé par le travail de la viande et du cuir au XIXème siècle. Le quartier était un passage obligé pour les commerçants, notamment l’avenue Montes de Oca, qui est au cœur de nombreuses histoires et légendes mais aujourd’hui nous allons n’en voir qu’une.

La Casa de los Leones est de style français et son propriétaire Eustaquio Díaz Vélez était un fanatique des lions. A tel point qu’il en possédait en cage pour assurer la protection de sa maison car choisir des chiens étaient trop “basique” selon lui. Sa fille se maria avec un jeune homme d’une famille aisée, le mariage se passa dans la demeure. Pendant la cérémonie, l’un des lions n’était pas bien enfermé et lors du moment tant attendu de l’échange des anneaux … Le lion se rua sur le marié, ce qui le tua. La mariée, ne pouvant supporter la situation, se suicida.

Après cet incident, Díaz Vélez se débarrassa des lions et plaça des statues en mémoire de son gendre et de sa fille. Sur le parvis de la demeure vous pouvez voir une reconstitution de la scène avec les statues. Aujourd’hui, les habitants entendrait la nuit des cris et des pleurs. Les cris venant du marié et les pleurs de la mariée …
Où ? Av. Montes de Oca 110


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Juan Manuel Fangio : la légende du sport automobile

Il n’a peut-être pas l’aura d’un Maradona ou d’un Messi mais Juan Manuel Fangio est un personnage incontournable de la société argentine. Et simplement l’un des meilleurs pilotes automobiles de tout les temps. Fort de ses cinq championnats du monde de Formule 1, la discipline reine, “El Chueco” est une légende en Argentine. Il est notamment le seul pilote à avoir été sacré champion du monde dans 4 écuries différentes.

Juan Manuel Fangio

Statue de Juan Manuel Fangio – Photo : Wikipédia

L’enfance de Juan Manuel Fangio et ses premiers pas sur la route

Fils d’une modeste famille d’immigrés italiens, Juan Manuel Fangio se passionne toute de suite pour la mécanique puisqu’il fréquente un atelier de réparation mécanique automobile lors de ses temps libres. Il est tellement passioné qu’à 11 ans il devient apprenti mécanicien dans un atelier qui prépare des voitures de courses. À 16 ans, il est engagé par Ford et notamment il essaye les nouvelles voitures, et s’initient aux joies de la conduite. Et à seulement 18 ans il effectue même ses débuts en compétition en tant que co-pilote.

Mais c’est à 25 ans qu’il se lance dans la course automobile en participant à sa première course au volant d’une Ford A qu’il a lui même préparé. De là, il se dirige vers les « Turismo carrera » (courses routières) réputées être les plus difficiles au monde. Il gagne le Gran Premio del Norte en 1940, soit une course de deux semaines reliant Lima à Buenos Aires sur une distance de 9 445 kilomètres.

Son départ en Europe et l’apogée de ses succès

Face à ces incroyables performances, il est envoyé en 1948 en Europe afin de se familiariser avec les courses. C’est à l’occasion de ce voyage que Fangio effectue de manière totalement improvisée ses débuts en Formule 1. Il est appelé pour remplacer au pied levé pour remplacer un pilote victime d’un grave accidents quelques jours plus tôt. Après avoir fait ses preuves lors de nombreuses courses de moindre importance, il décroche un volant de pilote au sein de l’écurie Alfa Roméo pour la saison 1950.

Il ne lui en fallait pas plus pour montrer l’étendue de son talent. Pour sa première saison il finit vice-champion du monde. Mais il n’attendra pas longtemps pour décrocher le graal. En effet à la fin de la saison 1951 il est sacré champion du monde.

Malgré deux saisons 1952 et 1953 à oublier, Fangio est un champion qui sait rebondir. S’en suit alors une domination sans partage. 4 titres de champion du monde d’affilée. Cet exploit est d’autant plus remarquable qu’il a connu trois écuries différentes en 4 ans : Mercedes, Ferrari et Maserati. Pendant 4 ans, la domination de Fangio a été sans partage !

Juan Manuel Fangio

Juan Manuel Fangio – Photo : Wikipédia

Retraite et héritage

À 47 ans Fangio décide de ne pas défendre son titre et de prendre sa retraite. Ainsi, il se retire en 1958 de la compétition affirmant qu »‘il est temps de laisser sa place, j’ai atteint mes objectifs, je dois maintenant passer mon permis de conduire ». Eh oui ! On peut être champion du monde de formule 1 et l’un des plus grands pilotes de tous les temps et ne pas avoir le permis ! Finalement il l’obtiendra en 1961.

De retour en Argentine, il se consacre à sa famille et à ses affaires. Cependant il restera un observateur avisé de l’évolution de la Formule 1. D’ailleurs il fut le mentor du brésilien Ayrton Senna, lui-même légende de la F1 !

Il s’éteint le 17 juillet 1995 à Buenos Aires à l’âge de 84 ans. Le pays déclare 3 jours de deuil national en hommage à ce grand homme. Cependant son héritage demeure. Par exemple « faire le Fangio » signifie « rouler comme un chauffard ».


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Doit-on réellement craindre le mythe de la Santa Rosa ?

Vous devez sûrement vous demander à quoi correspond la Santa Rosa. Non, ce n’est ni un quartier chic de Buenos Aires, ni une fête traditionnelle argentine. Comme vous avez pu le constater ce samedi, elle correspond à un évènement moins joyeux. Un dernier cadeau offert par l’hiver porteño, une tempête censée laisser définitivement place au printemps.

Tormenta Santa Rosa - Tormenta Santa Rosa

Tormenta Santa Rosa – Photo : Public Domaim Pictures

La Santa Rosa : qu’est-ce que c’est ?

Vous l’aurez compris, la Santa Rosa est le nom que l’on donne à une tempête qui vient frapper l’Argentine tous les ans aux environs du 30 août. Elle est considérée comme une des tempêtes les plus violentes de l’année. Elle arrive à cette période de l’année car elle nécessite des conditions climatiques printannières, à savoir un air chaud et humide et des radiations solaires, conditions climatiques que l’hiver ne permet pas de réunir.

Une légende vieille de 400 ans

En 1615 dans la “Ciudad de Los Reyes” à Lima, une religieuse nommée Rosa pria pour que des pirates hollandais n’attaquent pas la ville, eux qui avaient déjà assailli le port voisin de Callao. Ainsi, ses prières fûrent-elles écoutées. Un orage empêcha les pirates de s’approcher de la terre, la ville de Lima restant sauve. De surcroît, les croyants ont commencé à attribuer la présence de l’orage et la fuite des ennemis aux pouvoirs de Rosa.

Mais c’est bien en Argentine que la légende a été popularisée, surtout dans les régions du Rio de la Plata, autour de villes comme Buenos Aires ou Cordoba.

La Santa Rosa : mythe ou réalité ?

Tous les ans la Santa Rosa suscite une attente quasi religieuse. Aux alentours du 30 août, les plus croyants l’invoquent à la moindre goutte de pluie. Cependant en réalité, rares ont été les fois où l’orage a réellement frappé. En effet, sur les 142 derniers hivers porteños, seulement 16 ont connu la véritable Santa Rosa. De plus, certains scientifiques affirment qu’il n’y a aucun élément météorologique prouvant la récurrence du phénomène.

Finalement, comme pour tout mythe, il permet de structurer la société par la croyance.  Peu importe qu’il soit vrai.


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Contes et légendes d’Argentine : la naissance des Chutes d’Iguazú

De tous temps, l’amour a été considéré comme le sentiment le plus fort et le plus pur. Élément fondateur de nombreux contes et légendes, ce sentiment est aussi à l’origine de la très belle histoire guarani de la création des Chutes d’Iguazu. L’amour contrarié de Tarobá et Naipí, qui reflète bien le respect des indiens pour ce site hors du commun, est à l’origine de la création de ce qui est aujourd’hui l’une des sept merveilles naturelles du monde.

Source – Photo : mamojo

Tarobá et Naipí : la naissance des Chutes d’Iguazú

Il y a longtemps, les tribus garanies vivaient en paix au bord de l’eau. Ils étaient heureux sur ces terres fertiles baignées par les eaux du fleuve Iguazú, habitées par le dieu M’Boi, fils de Tupá. Ce dernier avait la forme d’un monstrueux et gigantesque serpent, qui exigeait le sacrifice annuel de la plus belle jeune fille de la tribu en échange de sa protection. Donc, tous les ans, la plus belle des filles était noyée dans le fleuve. Cette cérémonie était très importante pour tous, et elle était marquée de nombreuses festivités auxquelles étaient conviées les tribus voisines.

Une année, ce fut Naipí, fille du grand chef Igobi, qui fût choisie pour être donnée en offrande à M’Boi, très heureux de recevoir ce sacrifice. Mais les choses ne sont pas si simples… Des tribus voisines vint un valeureux guerrier nommé Tarobá; il tomba instantanément amoureux de Naipí, à tel point qu’il décida d’aller parler à son père et aux anciens afin de la sauver d’une mort certaine. Ces derniers ne se laissèrent pas convaincre. Le sort de la jeune fille était scellé.

Tourmenté et désespéré, le jeune guerrier décida de l’enlever afin de la sauver. Il s’enfuiraient ensuite ensemble. Il attendit que la fête batte son plein, et au moment où le chef Igobi et le chaman buvaient la traditionnelle boisson appelée “cauim” et où les guerriers dansaient sans discontinuer, il prit Naipí par la main et la conduisit jusqu’à un canoë. Personne ne se rendit compte de la disparition de la jeune fille, à l’exception du terrible M’Boi qui observait la fête depuis le fleuve. Ce dernier, furieux, les poursuivit et sa colère fut si grande qu’il donna un grand coup de queue qui fit rompre le lit du fleuve en deux parties : l’une s’élevant très haut et l’autre s’effondrant dans les profondeurs de la terre. Il créa ainsi les Chutes d’Iguazú telles que nous les connaissons aujourd’hui. Les deux amoureux tombèrent dans les chutes et moururent.

Mais cela ne suffit pas à calmer la fureur du dieu M’Boi. Il décida alors d’un châtiment qui durerait toute l’éternité : il transforma Tarobá en un palmier qui s’incline sur la Garganta del Diablo comme s’il voulait toucher Naipí, transformée en roche, située au centre du fleuve, à l’endroit où le courant est le plus fort. Ainsi les amants pourraient se contempler pour l’éternité sans jamais se toucher. Ensuite, le dieu, content de lui, creusa une grotte derrière les chutes (La Garganta del Diablo) afin de veiller à ce que les amants ne s’unissent plus jamais. Mais la force de l’amour qui lie les deux jeunes amoureux essaye toujours de les faire se rencontrer. C’est pour cela que les jours de grand soleil apparaît un arc-en-ciel qui relie l’arbre à la pierre, permettant ainsi aux deux amants de s’unir, malgré le châtiment de M’Boi.

On raconte même que M’Boi, caché dans sa grotte, rit du sort des deux amants, mais que le bruit sourd des chutes masque son rire. C’est ainsi que les Guaranís auraient appris à écouter les rires et les pleurs de la nature.

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Origine du mot “Patagonie”

Magellan aurait dit: « Ah ! Patagon ! » c’est-à-dire « Grand-Pied » à cause de la taille des mocassins de l’Indien. Cette origine du mot « patagonie » est généralement acceptée sans autre interrogation.

La terre de la Patagonie a été décrite pour la toute première fois par Antonio Pigafetta, l’un des 18 survivants de l’expédition de Fernand de Magellan, en 1525.

Patagonie, alentours d’El Calafate – Source – Pablo Nivon

Etymologie

L’origine du nom de la région a été l’objet de plusieurs débats et recherches. En effet, dans le récit publié par Antonio Pugafetta fait référence à une rencontre avec un géant tout en signalant le fait que le capitaine, Fernand Magellan, appela les habitants de cette région Patagons. Des interprétations se sont développées autour de l’idée de grands pieds d’où la Terre des Grands Pieds (Tierra de Patagonies ou Patagonia) construite avec Pata (pied en espagnol). D’autres ont affirmé que ce nom a été donné à ces peuples indigènes car considérés comme incultes et rustres et, donc patán en espagnol, pataud en français, signifiant quelqu’un dont la personne et les manières sont lourdes.

On dit que Magellan, le navigateur portugais qui dirigea la première expédition dans cette région, leur donna ce nom parce que l’apparence des Tehuelche lui rappela Patagon, le monstre à tête de chien d’un roman espagnol du 16e siècle.

Région des Géants

À cette époque, la croyance général des européens était que la Patagonie était peuplée par des géants. Les cartes marines du Nouveau Monde ajoutaient parfois la légende regio gigantum (région des géants en latin) pour cette région. C’est à la fin du 18e siècle que le mythe des Géants Patagons prendra fin lorsque John Hawkesworth publia en 1773 un article qui, en se basant sur les récits des explorateurs, confirme que la population ne dépasse pas 2 mètres de hauteur, certainement pas de géants !


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Contes et légendes d’Argentine : Kospi, la naissance des fleurs

Originaires du sud de la Patagonie, le peuple indigène des tehuelches ont laissé des traditions, des mythes et des légendes dans ces endroits du sud de notre pays. Parmi eux, il y a une qui raconte la naissance des fleurs, la légende de Kospi.

Perito Moreno – Source : Pablo Nivon

Légende de Kospi, la naissance des fleurs

Il y a des milliers d’années, les plantes n’avaient pas de fleurs. À cette époque, vivait dans le sud de la Patagonie une belle jeune fille tehuelche nommée Kospi.

Un après-midi orageux, Karut (le tonnerre) la contempla à l’entrée du Kau (tente) de ses parents. Il l’a trouva tellement belle, que bien qu’il était rustique, sombre et brut, il tomba amoureux d’elle. Craignant que la jolie fille le rejette, il l’enleva et s’enfuit, grondant dans le ciel, jusqu’à se retrouver hors de la vue des parents terrifiée de la jeune fille. Il la cacha dans le fond d’un glacier.

Enfermée, la douleur était tellement grande que petit à petit elle se transforma en glace et se confondit avec le reste du glaicer. Plus tard, Karut vint la voir mais il ne put la retrouver, furieux il se mit à rugir de désespoir.

Son rugissement fut tellement fort qu’il atteignit l’océan et attira de nombreux nuages. Il se mit à pleuvoir et pleuvoir sur le glacier, jusqu’à le faire fondre complètement. Kospi se transforma en eau, descendit rapidement la montagne tel un torrent, pénétrant dans les vallées et imbibant les terres.

Au printemps, Kospi sentit le désir ardent de voir la lumière, de sentir la chaude caresse du vent et de contempler le ciel étoilé de la nuit. Elle gravit lentement les racine et la tige des plantes et sa jolie petite tête sauta sur les bouts des branches, sous la forme de pétales colorés … fleurs sont nés. Kospi réapparu sous la forme d’une belle fleur

Depuis ce jour, tout fut plus joyeux et plus beau dans le monde et, les pétales des fleurs furent appelées Kospi par les tehuelches.

Tehuelches

Aujourd’hui éteints, ils s’étendaient autrefois du Rio Negro à la Terre de Feu, soit l’intégralité de la Patagonie. Éternels rivaux des Mapuches, ils se sont livrés des guerres sanglantes, exacerbées par leur nature sauvage et tenace. Peuple festif et solidaire, les Telhueches se démarquent par leur grande taille, qui a d’ailleurs donné son nom à la Patagonie.


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D’où viennent les étoiles sur l’écusson du club de La Boca?

Ici, tout le monde connaît le mythique club Boca Juniors, ainsi que son stade tout aussi connu. Mais ce que l’on sait moins en général, ce sont les petites anecdotes du club. Vous savez que chaque étoile du drapeau américain correspond à un Etat du pays, mais savez-vous à quoi correspondent les étoiles sur l’écusson du club porteño? 

Source: wikipedia

Aux origines des étoiles de l’écusson 

Non, ce n’est pas juste pour faire joli que l’écusson du club Boca Juniors arbore tant de petites étoiles dorées! Cette décision a en effet été mûrement réfléchie par les dirigeants du club, qui, à cette époque déjà, devaient avoir pressenti un bel avenir pour le club. Et la nouvelle fut publiée un certain 20 octobre 1932, dans le quotidien “La República”, qui expliqua donc ce choix. Cette initiative reprend en fait une vieille coutume, que conservent traditionnellement certains villages, d’afficher fièrement des étoiles en souvenir de leurs victoires historiques.

On connaît en effet bien cette pratique, puisque aujourd’hui, les maillots des équipes nationales portent également le nombre d’étoiles correspondant au nombre de leurs victoires en Coupe du Monde.

Et toujours plus de victoires! 

Ainsi, l’écusson arbora d’abord 9 étoiles. En 1954, elles étaient déjà au nombre de 15, grâce à une victoire tant attendue en championnat cette année-là! Les étoiles se sont ensuite ajoutées au fur et à mesure, avec de plus en plus de victoires, notamment à l’échelle internationale, jusqu’à en avoir 52 aujourd’hui.

Ce nombre fait bien sur toujours sujet à débat, notamment parce qu’il n’inclut pas certaines vieilles victoires du club.  En tous les cas, le palmarès du club a de quoi en fait pâlir plus d’un, mais n’effraye cependant toujours pas son mythique adversaire, le club River Plate!

Un fan du club s’est même fait tatouer sur le torse le fameux écusson! La question est donc de savoir si le jeune homme compte faire ajouter une nouvelle étoile à chaque grande victoire de son équipe favorite…


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